EXPÉRIENCES DE M. ROWLAND
gnait 125 tours par seconde : il s'ensuivait des trépidations et des courants d*air auxquels il est assez difficile de soustraire complètement le système suspendu; il en résulte aussi dans les masses métalliques en mouvement des courants induits sous Tinfluence du magnétisme terrestre dont l'effet (réversible avec le sens de la rotation, mais non avec le sens de réleclrisation), se superpose à celui que Ton veut observer.
Un isolement absolu est indispensable. S'il y a des fuites, elles constituent des courants proprement dits dont l'effet électromagnétique se renverse avec le sens de l'électrisation, non avec celui de la rotation. On parvient, avec des soins minutieux, à supprimer à peu près les fuites par les supports. Est-il possible dans le cas de potentiels élevés et de grandes vitesses de rotation d'écarter complètement la perte par l'air?
Enfin on doit se mettre en garde contre les actions mécaniques d'ordre électrostatique. Celles-ci produiraient des déviations indépendantes à la fois du sens de l'éleclrisation et de la rotation. Toutes les déviations, réversibles ou non, s'ajoutent et l'on est exposé à confondre leur résultante avec le phénomène simple qu'il s'agit de démêler.
Aussi bien dans les expériences primitives de M. Rowland qu'avec le dispositif perfectionné employé par MM. Rowland et Hutchinson, on a observé une déviation du système asiatique remplissant les conditions de réversibilité exigées, sans que toutefois les déviations contraires observées en renversant le sens de la rotation aient pu être amenées à présenter une égalité rigoureuse. II est donc certain que les causes perturbatrices signalées ci-dessus n'ont pu être éliminées entièrement.
On a mesuré en unités électrostatiques la quantité d'électricité qui, dans ces expériences, traverse une surface normale à la direction du mouvement pendant une durée égale à une seconde. On a évalué d'autre part, en unités électromagnétiques, l'intensité du champ qui agissait sur l'aiguille aimantée mobile : cette double mesure doit suffire pour déterminer ç.
Les expériences de MM. Rowland et Hulchinson donnent en moyenne pour la rotation dans un certain sens i^= 2,918. io*<»
i98« THËORIBS GÉNÉRALES.
et pour la rotalion en sens contraire 3,468. lo'*; la moyenne générale est
i' m 3, 19. lo*»,
les valeurs extrêmes étant 2,26. 10^^ et 3,78. lo*^
En somme, et si Ton tient compte de l'eltréme difBeolté des expériences, les conclusions de M. Rowland paraissait justifiées. Nous admettons donc que le transport mécanique d'une charge électrostatique, alors même qu'il niestpàsaceouh pagné du transport en sens inverse d'une charge opposée^ éqtiivaut à un courant dirigé dans le sens du moaTemeiit Cette conclusion, incompatible avec la formule de Weber^esi au contraire en accord avec celle de Clausitis.
mEBFBÉTAnOll SES nDteOMÈnB MAftIÉTIAUES. — Nous avons constaté Téquivalence d'un élément magnétique de momentiN et d'un courant circulaire dont l'axe coïncide avec celui de Télément, dont l'intensité est i et qui embrasse une surface is telle que ids = m. On peut dés lors, comme le fit Ampère, expliquer les phénomènes magnétiques en admettant qu'un aimant est le siège d^une série de courants moléculaires permanents, dont la distribution est identique à celle des éléments magnétiques. Pour concevoir que ces courants conservent une intensité constante sans consommer d'énergie, il faut admettre qu'ils ne dégagent pas de chaleur dans leurs circuits, par conséquent qu'ils n'éprouvent pas de résistance : une telle hypothèse n'est compalible avec les faits connus qu'à la condition de limiter ces courants aux espaces moléculaires, car, s'ils embrassaient un espace fini comprenant une certaine quantité de matière, ils devraient éprouver une résistance comme les courants ordinaires.
On peut, avec Weber (*), imaginer que chacun de ces courants moléculaires résulte du mouvement de rotation d'une particule électrisée positivement autour d'une molécule électriséc négativement et faisant, pour ainsi dire, corps avec une molécule matérielle. L'action réciproque de deux molécules
(') Weber, Pogg. Ann., l. LXXXVII, p. i'|5; i853.