EXTRA-COURANTS
Fig. 119.
précèdent sont encore insuffisantes pour calculera un instant quelconque l'intensité du courant qui circule dans un conducteur soumis à Tinduction. En effet, Texpérience apprend que la variation d'intensité d'un courant, alors môme qu'il n'esl soumis à l'action d'aucun champ magnétique extérieur, est encore accompagnée de phénomènes d'induction dans le circuit du courant. Voici, par exemple, une expérience de Faraday :
Le courant d'une pile AF {fig- 1 19) se dérive entre un galvanomètre G et une bobine Cl). Quand le régime permaneni est établi, l'aiguille du galvanomètre dévie dans une certaine direction en ni' n' ; ramenons l'aiguille au zéro en mn par un obstacle qui s'oppose à sa dévialion vers m'/i'. Quand le courant passe, elle est pressée contre cet obstacle; mais, quand on vient à l'interrompre, l'aiguille reçoit une impulsion en sens contraire de m! n! et revient ensuite à sa position d'équilibre.
Après la suppression de la force électromotrice de la pile, le circuit fermé CDG a donc été
animé par un courant qui traverse le galvanomètre en sens contraire de celui de la pile. Il suffit de se reportera la figure pour reconnaître qu'il parcourt la bobine CD dans le même sens que le courant de la pile. Ce courant, qui persiste après la suppression de la pile, est désigné sous le nom 6.' extracourant de rupture. Son exislence prouve que la variation d'intensité du courant de i à o dans la bobine CD entraîne lu production d'une force électromotricc d'induction agissant dans le sens direct. Tout se passe comme si la bobine CD était entourée d'une bobine inductrice dans laciuelle le courant éprouverait la même variation de i à o.
On peut diriger l'expérience d'une autre manière. Quand le circuit de la pile est fermé et que Taiguille du galvanomètre se trouve déviée en ni n\ on peut empêcher l'aiguille
174 l'KS AIMANTS.
<Je revenir en arrière par une cale convenablement placée, el interrompre le courant. Quand on le rétablît ensuite, on observe que Taiguille est chassée au delà de m' n' pour revenir bientôt à sa position d'équilibre primitive. Au premier instant, le courant a donc, dans le galvanomètre, une intensité supérieure à celle qui correspond au régime permanent. Ilya donc dans le circuit, en dehors de la pile, une force électromotrice supplémentaire due à Tinduction. Le courant dû à celte force électromolrice s'appelle extra-courant d'ouverture: il a le môme sens que celui de la pile dans la branche ËGB; il a donc un sens opposé au courant de la pile dans la bobine (]l). Puisque le courant passe dans celte bobine d'une intensité nulle à Tintensité permanente /, l'induction est inverse. On observe le même phénomène que si CD était entouré d'une bobine inductrice dans laquelle la variation d'intensité aurait lieu.
Ainsi la bobine Cl) s'induit elle-même. On remarquera, en effet, que cha(iue spire de la bobine se trouve dans un champ magnétique produit par le passage du courant, non dans les spires d'une autre bobine, mais dans toutes les autres spires de la bobine considérée.
Des expériences analogues à la précédente pourraient être réalisées pour des variations quelconques d'intensité du courant. D'une manière générale, la force électromotrice d'induction du courant sur lui-même, ou force électromotrice de self-induction, est de signe contraire à la variation d'intensité. Nous la représenterons par
et nous appellerons L le coejjlcient de self-induction.
Rappelons que la force électromolrice d'induction dans un circuit, correspondant à une variation d'intensité C dans un circuit voisin, avait pour expression
^' Tt'
On peut identifier entre elles ces deux expressions, en admet-