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DIFFUSION A TRAVERS LES MEMBRANES

20*^*= d'alcool ordinaire et 32«,9 d'eau donne à 20*» un groupement moléculaire très instable, que le moindre abaissement de température divise en deux couches presque égales; si Ton a additionné le liquide d'un peu de carmin, la matière colorante, d'abord uniformément répartie, se concentrera dans la couche inférieure, laissant la couche supérieure presque incolore.

Quand on agite ensemble deux liquides susceptibles de se mêler complètement par diffusion, on ne fait que hâter la production de l'équilibre final, en augmentant dans un rapport énorme la surface à travers laquelle se produit la diffusion. Dans aucun cas le mélange n'est instantané, et le liquide agité demeure trouble pendant quelques instants, par suite des réfractions irrégulières qu'éprouve un rayon lumineux en traversant ce milieu hétérogène.

DIFFUSION A TRAVERS LES CORPS POREUX. — Graham {^), auquel on doit le plus bel ensemble de recherches sur la diffusion des liquides, a observé qu'elle s'accomplit à travers la plupart des corps poreux solides, à peu près comme si les liquides étaient directement en contact. Il a employé la plombagine, le plâtre, etc., et a constaté qu'on peut établir entre les deux faces du corps poreux une différence de pression assez considérable, sans modifier beaucoup la vitesse de la diffusion.

DIFFUSIOH A TRAVERS LES HEMRRAHES. — Il n'en est pas de même si les deux liquides sont séparés par une membrane animale ou végétale, telle que peau de vessie, péricarde de veau, caoutchouc, etc. Alors la diffusion est soumise à des lois en apparence toutes différentes, et qu'on ne peut interpréter qu'en admettant une dissolution passagère ou combinaison instable du solide avec les liquides qui le traversent: ceux-ci sont absorbés par l'une des faces de la membrane et résorbés par la face opposée, grâce à un mécanisme analogue à celui du passage d'un gaz soluble à travers une couche d'eau.

Si les membranes sont bien continues, la diffusion d'un liquide ne pourra donc se produire que s'il est susceptible de

(*) Graham, Philosophical Transactions; i85o.

se dissoudre dans la membrane. C'est ce qui arrive avec une peau de vessie pour Teau pure, la plupart des sels et, en général, les corps susceptibles de cristalliser; au contraire, la gélatine et la plupart des liquides d'origine organique refusent de traverser ia membrane. Pour rappeler celte manière d'êire des deux sortes de substances, Graham désigne les premières sous le nom de cristalloïdes et les autres sous le nom de co/loïdes.

DIALTSE. — On peut employer la dififérence de diffusibililé de deux substances pour les séparer plus ou moins complètement; maison réussit mieux en mettant à profit la différence de vitesse du passage des diverses substances à travers les membranes. La première expérience de ce genre fut tentée avec un plein succès par Dubrunfaut (*), antérieurement aai recherches de Graham. On sait que les mélasses, qui constituent le résidu de la fabrication du sucre de betteraves, contiennent, outre du sucre cristallisable et du sucre amorphe. une quantité considérable de sels, tels que le chlorure de potassium, etc., que ceux-ci leur communiquent une saveur désagréable et les rendent impropres à servir même à l'alimeDtation des animaux. Dubrunfaut imagina de mettre lesmélasses en contact avec de l'eau incessamment renouvelée à travers des diaphragmes de toile : dans ces conditions, la mélasse augmente beaucoup de volume en absorbant de l'eau être sorbant une forte proportion de sels avec une certaine quantité de sucre cristallisable moins diffusible qu'eux. Si la mélasse contenait d'abord 4 de sels pour i de sucre, par exemple,ellp pourra, après l'opération, renfermer 4 de sucre pour i de sels; elle sera devenu comestible, et pourra être soumise au raffinage.

Graham a généralisé le résultat de l'observation de Dubrunfaut et fait de nombreuses applications de la diffusion à l'analyse chimique. Pour séparer une substance cristalloïde des colloïdes qui l'accompagnent, il suffit de placer le mélange

(') Dubrunfaut, Brevets d'invention, 1 858.— Graham, Liquid dijfuàs» applied to analysis {Proceedings of the Royal Society, t. XI, p- ^V'-" On liquid transpiration in relation to chemical composition {ProctfdingSj t. XI, p. 38i; i86i).

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