‹ Cours de physique de l'École polytechnique (volume 5)Chapitre 18 sur 185 · LOIS DE LA CHUTE DES CORPS · texte numérisé non relu

LOIS DE LA CHUTE DES CORPS

Citons encore deux expériences sur le même sujet. On prend d'abord une pièce de monnaie y et l'on taille dans une feuille de papier mince une rondelle égale en diamètre {fig, 16). Quand on les fait tomber séparément, on voit la rondelle marcher plus lentement que la monnaie ; quand on pose le papier sur le métal et qu'on les abandonne ensemble, l'air n'agit plus sur la rondelle, qui suit le métal et prend le même mouvement que lui.

La deuxième expérience exige un appareil spécial : c'est un tube de verre {fig» 17) arrondi et fermé par un bout, pointu et ouvert à l'autre. On remplit la moitié de sa capacité avec de l'eau qu'on fait bouillir ; il se forme des vapeurs qui balayent le tube, et, quand elles ont expulsé l'air qu'il contenait, on le ferme au chalumeau. On a préparé ainsi un vase contenant de l'eau et vide d'air, et, quand on le retourne brusquement, l'eau tombe en une seule masse, au lieu de se diviser en gouttelettes comme dans l'air, et frappe le fond avec un bruit sec, qui fait donner à l'appareil le nom de marteau d^eau.

Ainsi, tous les corps tombent également dans le vide. C'est dans le vide qu'il conviendrait d'étudier leur chute, mais on rencontrerait des difficultés que l'on n'a pas cherché à surmonter. On s'est contenté, en opérant dans l'air, de choisir ceux des corps qu'il relarde le moin^ : ce sont les métaux les plus denses. Nous allons dès lors employer l'appareil suivant.

APPAREIL DE HOBIH (<). — Trois madriers de bois {fig. 18) réunis à leur sommet et à leur base, et qui ont 2" à 3™ de hauteur, soutiennent toutes les pièces de l'instrument. La principale est le mobile que l'on voit en C; c'est un poids cylindroconique de fer qui glisse en tombant le long de fils métalliques

* ( * ) Décrit pour la première fois par Morin ( Comptes rendus des séances de l* Académie des Sciences ^ t. XXX, p. 2 ; i85o).

tendus verlîcalemenl, afin de le diriger dans sa chute : pour le soutenir avant l'expérience, on l'accroche à la pointe recourbée d'un levier F; pour le faire tomber, on relève le crochet en tirant le Til G- Alors il parcourt toute la hauteur de

Fig. i8.

l'appareil et s'enronce à ta (in de sa course dans un tube D où il reste; c'est ce mouvement qu'il fautéludler.

A cet effet, on a disposé vis-à-vis et tout près du poids un cylindre de sapin AB, qui doit recevoir un mouvement rapide de rotation; pour le lui communiquer, on a fixé sur l'axe,

Page 1