‹ Cours de physique de l'École polytechnique (volume 5)Chapitre 36 sur 185 · MACHINE A DIVISER · texte numérisé non relu

MACHINE A DIVISER

fondu, long de 5 à 8"", el le constructeur, par des procédés mécaniques que nous n'avons pas à décrire, s'attache à obtenir, dans toute l'étendue du cj'lindre, un pas de vis constant el égal à 1""". Cela veut dire, premièrement, que la dislance entre deux filets consécutifs de la vis doit toujours être la même, secondement toujours égale à i""", d'où il résulte que le nombre des filets compris le long d'une génératrice doit être égal au nombre de millimètres qui mesure sa longueur. Demander qu'une machine réalise absolument ces deux conditions serait exiger une impossibilité : mais ïl faut qu'elle y satisfasse très sensiblement el qu'on puisse mesurer les inexactitudes qu'elle comporte. En attendant que nous disions comment on peut vérifier l'instrumenl, nous admettrons que la vis esl parfaite.

A ses deux extrémités, le cylindre de la vis est saisi entre deux colliers P et B (fig. 29), dans lesquels il peut tourner à

Fi g. ïg.

frottement doux, sans avancer ni reculer, et une manivelle A que l'on lient à la main produit ce mouvement. La vis passe dans un écrou Q qui l'embrasse et qui ne peut tourner avec elle; dès lors il avance ou recule quand elle tourne dans un sens ou dans le sens opposé; en même temps il communique son mouvement à une règle d'acier F qui est flxée sur lui, et aussi à un burin H qui est attaché à cette règle ; le burin prend donc exactement le mouvement de l'écrou.

II est clair que si la manivelle fait un tour entier, le burin avancera d'un pas de vis, c'esl-à-dire de 1""" ; si elle décrit un dixième, un centième, un millième de tour, il marchera d'un dixième, d'un centième ou d'un millième de millimètre : il suffit

78 INSTRUxMENTS DE MESURE.

donc de mesurer la fraction de tour parcourue par la manivelle pour avoir la fraction de millimètre franchie longîtudlnalement par le burin. A cet effet, la partie antérieure de la vis est munie d'un cercle D qui tourne avec elle et qui est divisé en loo parties égales, puis un index immobile C, fixé à la base de Tappareil, indique le déplacement du cercle.

Veut-on maintenant tracer des divisions équidistantes sur un tube de verre, par exemple, on le dispose, comme la figure le montre, dans des coussinets, où il est appuyé par deux cordes à boyau L, K, et dans lesquels il peut tourner sans avancer ou reculer; on prend un burin de diamant, et on l'amène à l'un des bouts du tube où l'on trace la division initiale en tournant le tube d'une main et appuyant' sur le burin de l'autre. Ensuite on décrit avec la manivelle un arc de n divisions, ce qui fait marcher le burin de — de millimètre, et

* lOO

l'on trace un second trait ; on répète ensuite la même opéralion jusqu'à la fin du tube.

Telle était la machine à diviser dans sa simplicité primitive, complète théoriquement, mais laissant beaucoup à désirer sous le rapport de la commodité dans l'emploi qu'on en faisait. On verra dans la Jig, 3o un appareil plus perfectionné. La base M est en fonte et constitue un chemin de fer dont les rails supérieurs sont bien rabotés; la vis se voit en F, et l'écrou qu'elle met en mouvement est lié à la plaque G, qui avance avec lui en glissant sur les rails. Sur cette plaque on fixe l'objet LL' que l'on veut diviser. Quant au burin, il est placé en H et demeure fixe ; c'est l'objet qui se déplace et présente successivement ses divers points à l'action du traçoir. Pour plus de commodité, la manivelle placée en A imprime le mouvement à la vis par l'intermédiaire de deux roues dentées qui se rencontrent à angle droit. Telle que nous la décrivons, la nouvelle machine se comprend aisément; mais il y a deux points particuliers sur lesquels nous allons insister : c'est la disposition du burin d'abord, et la mesure de la rotation de la vis ensuite.

On ne trace pas, sur une règle que l'on divise, de traits également allongés : le premier est long, les quatre suivants sont courts, le cinquième est intermédiaire entre le premier et les

Page 1