‹ Cours de physique de l'École polytechnique (volume 5)Chapitre 37 sur 185 · MACHINE A DIVISER · texte numérisé non relu

MACHINE A DIVISER

suivants; puis viennent quatre divisions courtes et une dixième qui e'st égale à la première- Or, dans l'ancienne machine, c'était à la main de l'opérateur qu'on laissait le soin d'aligner convenablement les traits: cela exigeait de l'habileté et une attention continuelle, sans produire toute la régularité désirable pour la commodité des lectures. La disposition actuelle du burin, représentée en perspective dans la Jig. 3o et en profil fig. 3i,

Fie. 3»>

charge un mécanisme spécial de ce soin. On tient à la main le petit crochet U, on le tire d'abord vers soi en le soulevant ; ensuite on le pousse en appuyant légèrement, et le tracelet II pénètre dans la plaque à diviser où il marque le trait : pour donner à ce trait la longueur convenable, il sulTil donc de limiter par des butoirs la course des pièces qui portent le burin.

Il y a au-dessus du burin une roue IVX qui peut tourner autour d'un axe fixe ; cette roue est composée de deux plaques circulaires, l'une I qui est dentée sur son contour, l'autre VX qui est entaillée d'échancrures alternativement profondes et peu creuses, séparées par des espaces qui forment le contour circulaire de la roue. A chaque échancrure correspond une dent de la roue dentée, et quatre dénis à chaque partie pleine. Au moment où l'on lire le crochet U, une pièce sail-

Ho INSTRUMENTS DE MESURE.

lante X avance vers ]a roue, pénètre dans une échancrure et, arrivée au fond, termine le mouvement du burin. Quand après ceia on pousse le tracelet, il marche jusqu'à ce que l'on ren* contre un butoir T qui ne permet pas d'aller plus loin.

Fîg. 3i.

Mais, pendant que ce mouvement se fait, un crochet R, qui engrène dans la roue extérieure, la fait tourner d'une dent, déplace les échancrures de la roue voisine V, et, quand ensuite on tire de nouveau lé burin, la pièce X rencontre, non Téchancrure qui s'est abaissée, mais le contour extérieur qui a pris sa place ; la course est donc moins longue et le trait plus court que précédemment. A chaque mouvement la même rotation des roues directrices se produit, et, quand arrive la cinquième division, la saillie X pénètre dans une seconde échancrure qui allonge le trait, mais qui, étant moins profonde que la première, le fait moins long. En résumé, l'opérateur n'aura pas à s'occuper de la longueur de ces traits ; ils seront bien alignés, et toutes les divisions multiples de 5 ou de lo se reconnaîtront par des longueurs spéciales.

Le deuxième mécanisme que nous allons étudier est légitimé par le même besoin de simplifier la manœuvre en la confiant tout entière* à l'appareil. Quand on opérait avec l'ancienne machine, il fallait entre le tracé de chaque division

MACHINE A DIVISER. Si

faire tourner la vis du même angle ; cela exigeait à chaque Tois une petite opération d'Arilhmétique. On tournait, par exemple, de la division o à la division i'^, ensuite de 13 à z^, puis de 34 à 36 ; tout cela exigeait du travail d'esprit, et il fallait à chaque fois se préoccuper d'arrêter la roue divisée à la division voulue, sans la dépasser tout en l'atteignant. C'est toute celte peine ei toutes ces causes d'inexactitude que nous allons éviter.

La vis micrométrique M {Jig- 32) s'appuie sur le collet NN,

Fig. 3a.

que l'on a ligure démonté ; c'est là qu'elle tourne sans déplacement. Elle se prolonge ensuite par une roue à rochet R ei se termine par un axe rodé AA.

Autour de cet axe AA est une pièce CCDE que la figure montre en coupe; elle reçoit le mouvement de la manivelle par les roues d'angle B, B'; elle porte un plateau circulaire E large et épais, sur le contour extérieur duquel est taillée une vis dont nous verrons bientôt l'usage. Cette pièce, étant folle sur l'axe AA, peut tourner autour de lui sans faire mouvoir la vis.

Mais il y a un ressort VF, fixé. d'une part sur le contour du

cercle E et venant appuyer de l'autre sur les dents de la roue

à rochet. Si par la manivelle on fait tourner le cercle de F

vers U, le ressort ghsse sur les dents sans entraîner la roue, et

J. el B. — I (4- édit., 1888), i*' fa«c. 6

la vis demeure immobile ; mais, quand le mouvement se fait de U vers F, le ressort s'engage dans les dents, les chasse devant lui et imprime à la vis une rotation égale à celle qu'il à reçue. Par ce mécanisme, la vis micrométrique cesse de pouvoir marcher dans les deux sens;'tout mouvement qui va de U vers F lui est transmis ; tout mouvement qui est dirigé de F vers U la laisse en repos. On peut tourner la manivelle dans un sens saris produire aucune action ; mais dans le sens inverse elle communique sa rotation à la vis M.

Gela posé, nous ferons remarquer un pignon denté K placé près du cercle E et qui engrène avec la vis tracée sur ce cercle. Quand celui-ci fait un tour, le pignon marche d'une dent, dans un sens ou dans l'autre. Or il y a sur le cercle un butoir 1 et sur le pignon un arrêt Z, et le mouvement des deux pièces que nous examinons s'arrête quand le butoir I et cet arrêt Z se rencontrent ; c'est là un point de départ fixe, et, arrivés à ce moment, nous traçons une division. Nous faisons alors mouvoir le cercle E de U vers F ; la vis marche, le pignon denté se déplace angulairemenl de X vers Z, et il arrive bientôt qu'un second arrêt X du pignon rencontre un deuxième butoir D du cercle ; alors le mouvement s'arrête^ et la vis a marché d'une quantité déterminée par les positions respectives des deux systèmes d'arrêt : on marque un deuxième trait. Ensuite on tourne la manivelle en sens contraire, ce qui ne déplace pas la vis, mais ramène en contact les deux butoirs I et Z, comme ils y étaient au point de départ, et l'on peut recommencer indéfiniment, sans avoir à se préoccuper de mesurer la rotation. Disons, pour terminer, que les arrêts I et Z sont fixes et les deux autres X et D mobiles ; c'est en plaçant convenablement ceux-ci, au moyen d'une graduation faite sur le contour CC du cercle, qu'on règle la fraction de tour que Ton fait d'un arrêt à l'autre.

Sans insister sur les nombreux usages de la machine à diviser, revenons à la question qui nous a amenés à la décrire. Nous avons une règle de métal qui a la longueur du mètre, et nous voulons la diviser en millimètres. Si la machine à diviser que nous possédons était parfaite, cette opération serait bien simple : on réglerait la course des butoirs , de manière à faire

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