‹ Cours de physique de l'École polytechnique (volume 5)Chapitre 67 sur 185 · BAROMÈTRE DE FORTIN · texte numérisé non relu

BAROMÈTRE DE FORTIN

Tel qu'il vient d'être décrit, le baromètre de Fortin nous oflfre un premier avantage : c'est que, le niveau extérieur y étant ramené à une hauteur constante, avec une erreur négligeable, il n'y a qu'une observation à faire et qu'une erreur de lecture à craindre ; mais c'est surtout au moment où l'on veut le transporter que sa supériorité se révèle. Si Ton incline brusquement un baromètre ordinaire, on voit le mercure se précipiter vers le sommet du tube et le frapper violemment en faisant l'effet du marteau d'eau, et, comme dans les voyages ces chocs se répéteraient à chaque instant, les dangers de rupture seraient continuels. Outre cela, si l'on retourne le tube ou si l'on agite vivement la cuvette, on y fait pénétrer de l'air, et l'on doit toujours craindre que des bulles gazeuses, arrivées jusqu'à la chambre barométrique sans être aperçues, n'aient faussé l'instrument. Le baromètre de Fortin rend tous ces accidents à peu près impossibles. Quand on veut le transporter, on soulève peu à peu la vis Q ; alors le mercure monte dans la cuvette qu'il remplit d'abord en chassant à travers la peau de chamois l'air qu'elle contenait, puis il s'élève dans le tube jusqu'au sommet, et aussitôt qu'il arrive l'opérateur en est averti par une résistance subite que la vis lui oppose. Il est alors assuré que le mercure ne peut plus éprouver de ballottements, que l'introduction de l'air est devenue impossible, et il peut sans aucun danger incliner, renverser ou agiter l'instrument sans avoir aucune altération ni aucune rupture à redouter. On enferme ordinairement le baromètre dans un étui muni d'une bandoulière, ou dans une canne creuse {fig. 94) qui se divise en trois parties articulées, lesquelles ont aussi leur utilité, car elles forment un support pour accrocher l'instrument au moyen d'une suspension à la Cardan. Si enfm, malgré toutes ces précautions, le baromètre vient à se briser, ji est toujours possible à un voyageur de le reconstruire, et, comme on y est quelquefois obligé, nous devons entrer dans quelques détails sur cette opération.

Après avoir fait bouillir te mercure dans le tube comme nous l'avons indiqué, il faut réunir ce tube à la cuvette. A cet effet, on perce dans un morceau de peau de chamois un trou étroit à travers lequel passe l'extrémité ouverte du tube jusqu'au

J. et B. — I. (4« édit., 1888), i« fasc. 13

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