USAGE DES BAROMÈTRES
el 4** du matin, n*étant que de o"'",84. Les mêmes phénomènes se constatent dans toute l'étendue de la zone torride; mais, quand on arrivé dans les climats tempérés, ils diminuent d'intensité et se compliquent de variations accidentelles qui les masquent. On a pu cependant, en comparant les moyennes d'un grand nombre d'observations longtemps continuées^ reconnaître qu'ils existent encore et à peu près aux mêmes heures; on a même constaté que leur amplitude, toujours plus faible qu'à l'Equateur, est variable aux diverses saisons et plus grande en été qu'en hiver.
Outre ces oscillations régulières, le baromètre éprouve des perturbations continuelles dans les climats tempérés; elles ont un remarquable rapport avec l'état du ciel, et Ton peut dire d'une manière générale que le beau temps est accompagné par une grande hauteur barométrique, tandis que la pluie tombe le plus souvent au moment d'une dépression considérable. De là un des plus fréquents usages de l'instrument, auquel on adapte une graduation spéciale qui, sans mesurer la hauteur barométrique, indique l'état de l'atmosphère {fig* 102). Tous ceux qui ont suivi ces indications savent qu'elles sont généralement exactes, bien qu'elles se trouvent aussi quelquefois en défaut ( * ) ; on ne doit donc leur attribuer qu'une valeur de probabilité. Pour expliquer ce fait, Deluc admettait que la vapeur, qui est moins dense que l'air, diminue le poids de l'atmosphère d'autant plus qu'elle est plus abondante; mais la meilleure raison pour prouver que cette explication n'est pas fondée, c'est que la pluie ou le beau temps n'affectent pas le baromètre entre les tropiques, bien que la même explication n'y soit pas devenue fausse. La seule chose qu'il y ait à remarquer est une relation habituelle entre la hauteur barométrique et la direction des vents qui amènent la pluie ou le beau temps.
(*) Torricelli avait déjà observé cette concordance, et Otto de Guericke prédisait les tempêtes au moyen d'un baromètre à eau dans lequel il avait fait le vide par le haut à Taide de sa machine pneumatique. Un petit personnage flotteur indiquait du doigt le temps probable sur une échelle divisée (PoGG., Geschichte der Physih^ p. 4^9 )•
igo HYDROSTATIQUE.
Depuis quelques années, on étudie régulièremenl la marche du baromèire dans les principales villes de TEurope, et, en comparant les observations faites à une même époque, on peut se représenter Tétat général de Tatmosphère à un moment donné ; on a été conduit ainsi à la découverte d'un grand phénomène météorologique.
En général, à un moment donné, il y a sur la surface de TEurope un point où la pression est minimum; elle augmente à mesure qu'on s'en éloigne par courbes concentriques, etroo trouve sur ces courbes des vents tournant dans un sens opposé à celui des aiguilles d'une montre. Ces points de pression minimum se déplacent progressivement; ils viennentde TAtlantique, abordent l'Europe par l'Angleterre ou la Suède, et la parcourent en quelques jours en s'abaissant soit vers l'Italie, soit vers la mer Noire. Au sud de la route suivie par ces vents tournants, le temps est pluvieux et le vent est d'ouest; il est beau au nord, avec un vent d'est.
Ces phénomènes, suivis avec persévérance par M. Filz-Roy et M. Marié-Davy, s'exagèrent quelquefois et produisent les ouragans ou cyclones. Dans notre hémisphère, les cyclones naissent sur les bords du Gulf-Stream par des causes peu connues. Ce sont des tourbillons qui, d'abord peu étendus, croissent jusqu'à mesurer un diamètre de 5oo ou 600 lieues. lisse dirigent de l'équateurvers les Antilles avec une vitesse de propagation qui ne dépasse pas 10 ou i5 lieues; ils décrivent une courbe très régulière. D'abord dirigés vers l'ouest, ils se retournent vers le nord et peu à peu s'infléchissent vers l'est. Au centre, la pression est très faible; le baromètre peut descendre jusqu'à 66*="», et l'air y est calme. Tout autour le vent tourne en sens inverse du mouvement des montres et peut atteindre une vitesse de 5o lieues à l'heure, ce qui équivaut i une pression de 3oo^« par mètre carré. Rien ne résiste à de si puissantes actions. Toutefois, comme le cyclone se meut du sud vers le nord, la vitesse de sa translation se combine avec celle du mouvement tournant; toutes deux sont concordantes sur la rive droite, qui est le bord dangereux; elles sont contraires à gauche, où est le bord maniable. On comprend la possibilité de constater l'arrivée de ces météores et d'avertir