DES FORCES NATURELLES
développe rapidement une grande quantité de gaz dans Tintérieur du canon; le bouiet est chassé d'un côté : c'est Faction; Farme est repoussée de l'autre, elle' recule : c'est la réaction.
Si nous considérons ce qui se passe dans le cylindre d'une machine à feu, nous retrouvons les mêmes faits, avec cette différence que la vapeur y a remplacé le gaz. Pendant qu'elle chasse le piston d'un côté, elle presse la base du cylindre de rautre;si le piston était fixe et le cylindre mobile,c'est celui-ci qui se mouvrait.
Au lieu d'un gaz, nous pouvons enfermer dans le cylindre creux un liquide quelconque; le piston s'y enfonce encore quand on le pousse ; le liquide s'y comprime, puis il exerce une action et une réaction sur la base du cylindre et le piston. La preuve que ce liquide est comprimé, c'est qu'en ouvrant subitement un robinet on voit s'échapper un jet rapide et toute action cesser sur le piston et le cylindre.
Prenons maintenant une table chargée de poids; les pieds de la table interposés entre le sol et les poids se raccourcissent d'une quantité que l'on peut mesurer; en ce moment, ils passent à l'état de tension, et leur élasticité, comme celle d'un ressort, produit deux forces égales et opposées, l'une appuyant sur le sol. Faction, Faulre soutenant le poids, la réaction.
La ni<*me chose a lieu si Fon soutient un poids à un crochet, par Finlermédiairc d'une corde ou d'un fil de métal; ce soutien s'allonge, ses molécules s'écartent, et alors une force attractive, qui se développe entre elles, agit aux deux extrémités, d'une part pour soutenir et équilibrer le poids, de l'autre pour peser sur le crochet, comme si le corps suspendu y était directement appliqué.
Nous pouvons encore citer les actions développées par les animaux. Qu'un homme soulève un fardeau placé sur le sol, il développe une force verticale appliquée de bas en haut contre le poids qu'il soulève, mais aussi une réaction égale et dirigée en sens opposé sur le sol qui lui sert d'appui. Nous savons tous que pour déplacer un obstacle pesant, ou vaincre des résistances, ou soutenir môme le poids de notre corps, il faut, comme on le dit vulgairement, prendre un point cVappiu\
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DBS FORCES NATURELLES. 4.j
La loi admise va nous conduire imniédialement à des conséquences imiiortanies. Prenons deux corps sphériques A et B [Jig, 11), dont nous désignerons les masses par m ei m'. Supposons qu'ils soient lous les deux libres ^'B- "■
et sollicilés par deux ^ c r*'
forces constantes , * ^ >' g
traies et opposées,
appliquées à leur cenire el dirigées l'une suivant AR, Taulre suivunt UA: lous deux vont prendre un mouvemeni uniforraéinent accéléré, et les accélérations seront
c'esl-à-dire (jue /es vitesses c — Gï et v' -- G't, acquises au bout de temps égaux, seront en raison inverse des masses.
Ce résultat nous explique comment il se fait que le boulet son du canon avec une vitesse très-grande, pendant que la pièce en a pris une autre beaucoup moindre : c'est qu'elle a iirip mass(> bien ])lus considérable. Cela nous montre aussi comment la Terre, dont la masse est infmie, comparée à celle des corps qui sont mis en mouvement à sa surface, ne se déplace pas par l'efTel des réactions qu'elle subit.
Des équations précédentes on tiremf = mV; c'est ce que l'on exprime en disant que ies quantités de mouvement sont égaies pour /es deux corps.
Soit C [fig. Il) le cenire de gravité du système des deux
masses A et B à l'origine du mouvement; après un temps /,
elles sont venues se placer l'une en A', l'autre en B', et l'on peut
voir que le centre de gravité est resté immobile : en elTet, on a
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