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et nous désignerons le coefficient K sous le nom de pom^oir inducteur spécifique. C'est le rapport de la charge de l'une des armatures du condensateur à celle d'un condensateur à lame d'air de même épaisseur. Le pouvoir inducteur spécifique de l'air est, par défniition, égal à i.
Nous voilà donc en possession d'une théorie mathématique qui non seulement fournit une interprétation satisfaisante de> phénomènes précédemment décrits, mais qui nous en fait encore prévoir de nouveaux, dont elle nous indique d'avance les lois. II faut la soumettre au contrôle de l'expérience, et pour cela nous devons comparer la charge que prend un même condensateur quand on y remplace la lame d'air séparant les armatures par une autre lame isolante de même épaisseur. Avant de procéder à cette mesure, nous ne pouvons nousdis-
( * ) Clausids, Die mecanitche Behandlung âer Elertrtcitêt,
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penser d^étudier expérimentalement les diverses particularités qui caractérisent les condensateurs à lame de verre. Ce n*est que par une analyse attentive de ces phénomènes que nous parviendrons à éliminer les principales causes d'erreur dont pourraient être affectées les mesures difficiles qu'il s'agit d*entreprendre.
UUBE U LAME ItOLAITB DA18 LB8 COIDEirSATSnES. — SmST BE LA NLABUATIOl ET DE LA PÉRÉTBATIOl. — L importance du rôle de la lame isolante du condensateur n'avait pas échappé aux anciens expérimentateurs. Elle se manifeste, en particulier, quand on opère de la manière suivante.
Fig. 4i*
Plaçons un plateau métallique BB' horizontalement et en communication avec le sol (Jig- 4 0 > déposons sur lui une lame de verre bien sèche, et superposons à ces deux objets un deuxième plateau conducteur AA' muni d'un manche isolant et que nous réunirons avec la machine électrique : nous aurons ainsi disposé un condensateur à lame de verre, et, si l'on vient a réunir B' avec A' par un arc conducteur, il se produira une étincelle très-bruyante avec des effets de décharge énergiques. Mais, au lieu de décharger le condensateur, éloignons
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d*abord la source électrique et séparons le plateau B' d'avecle sol ; ensuite nous enlèverons le plateau A' par son manche isolant, et enfin le verre en le tenant par ses bords. Si nous ne tenions pas compte de Tinfluence exercée sur la lame Isolante, il semblerait que les deux plateaux doivent retenir tous deux les électricités dont ils sont pourvus et qu'elles doivent seulement se distribuer librement sur leurs surfaces quand on les éloigne; cependant Texpérience prouve que les plateaux ne conservent que des quantités d'électricité à peine appréciables. Mais si l'on remet» après avoir déchargé ces conducteurs, le verre sur BB', et AA' sur le verre, et qu'on réunisse ensuite BB' et AA' par un arc métallique, on obtiendra une décharge presque aussi vive que si Ton n'avait pas d'abord séparé les appareils. II faut donc admettre que les charges des armatures avaient quitté les plateaux pour se disposer sur le verre.
Une contre-épreuve de celte expérience est facile à faire : on n'a qu'à enlever le verre, à placer les deux mains sur ses deux surfaces, et les deux électricités réunies par l'intermédiaire des bras font éprouver une forte commotion. Si au contraire l'expérimentateur ne touche les deux surfaces de ce verre que par les extrémités des doigts, il n'éprouve qu'un effet très-léger; mais, en promenant les doigts sur les deui surfaces, il sent de petites étincelles successives et décharge successivement chacune des parties qu'il touche l'une après l'autre. Le rôle des conducteurs AA' et BB' devient dès lors évident : ils amènent les électricités opposées sur les deui surfaces du verre et les y laissent, puis ils les ramènent quand on décharge l'appareil.
Au lieu de prendre, comme dans l'épreuve précédente, un ca^ reau de verre plan, on se sert parfois d'un bocal M (Jig./ii) qui n'est autre qu'un grand verre à bière. On plonge dans l'Intérieur un cylindre de fer-blanc A qui remplit le verre, et l'on fait entrer celui-ci dans un bocal B également en fer-blanc. A et B sont donc les deux armatures du condensateur. Quand l'appareil est chargé, on le dépose sur une surface isolante; puis, enlevant d'abord A avec un crochet de verre, ensuite le bocal M, on ne trouve que très-peu d'électricité sur les armatures métalliques,
LAME ISOLANTE DANS LES CONDENSATEURS. t83 tandis qu'en saisissant l'exiérieur du verre avec une main et plongeant l'autre dans son Intérieur, on entend une série d'étincelles et on reçoit une série de commotions.
Franklin, à qui l'on doit cette disposition, faisait l'expérience d'une manière encore plus frappante : il versait dans le vase H ou dans Sn (lacon qui le remplaçait une certaine quantité d*e«u; cette eau formait l'armure Intérieure A, et il plongeait le tout dans un baquet contenant encore de l'eau qui constituait
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le conducteur extérieur B. Quand l'appareil avait été chargé i la manière ordinaire, Il l'enlevait, vidait le liquide intérieur et replaçait le Hacoii dans les mêmes condiUons en remettant à l'intérieur et à l'extérieur de l'eau nouvelle qui n'avait point été électrisée; la charge de l'appareil n'avait pas sensiblement diminué.
La polarisation de l'isolant suffit à rendre compte de ce qui précède. Les éiectriciics amenées par les armatures sont matnlenues à la surface de la lame isolante par l'effet de la polarisation de celle-ci et la maintiennent à leur tour; mais, si cette polarisation est seule en jeu, elle disparaîtra dès qu'on aura replacé les armatures et qu'on les réunira l'une à l'autre de manière à annuler les charges extérieures à l'Isolant.
Toutefois, dans la réalité, l'expérience est plus complexe que nous ne l'avons indiqué jusqu'ici. Les isolants n'opposent pas un obstacle absolu au mouvementde l'électricité, et les charges en regard sur les deux armatures cheminent lentement à travers la lame de verre du condensateur. Cela résulte des ex-
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périences que nous avons déjà citées et de la suivante, due à Faraday (*]. On forme un condensateur avec une plaque de gomme laque comprise entre deux armatures métalliques mobiles; on le charge et on le maintient chargé pendant longtemps. Ensuite on réunit les armatures par un arc métallique qui les ramène à Tétat naturel; on les enlève rapidement et on examine le plateau de gomme laque. On trouve d'abord, par un pendule qu'on approche du plateau, qu'il ne manifeste pas de signes électriques sensibles; mais peu à peu ses deux faces accusent chacune l'électricité du plateau qui les touchait pendant que l'appareil était chargé. Cela ne peut s'expliquer qu'en admettant une pénétration lente de réleclricité de l'extérieur à l'intérieur de la gomme laque pendant la première phase de l'expériejice et un retour de cette même électricité vers la surface pendant la seconde : c'est ce que de précédentes expériences de Matteucci avaient déjà démontré.
C'est en admettant cette conductibilité lente des corps isolants que l'on peut rendre raison d'un phénomène connu depuis bien longtemps. On a remarqué que, si l'on décharge un condensateur de grande dimension en touchant ses armatures avec un arc métallique, il conserve un résidu électrique qui devient sensible quelque temps après et que 1 on peut enlever par un deuxième contact. Après cela, on retrouve un deuxième résidu et il y en a d'autres encore, mais qui cessent bientôt d'être appréciables, parce qu'ils décroissent rapidement.
Ces phénomènes n'ont rien qui doive nous surprendre ; mais dans toutes les mesures qui vont suivre nous devons nous tenir en garde contre rcfîel de la pénétration. Il convient pour cela de diminuer autant que possible la grandeur des différences de potentiel employées et surtout la durée des expériences.
(*) Faraday, Expérimental rcsearchcs, t. I, p. 390.
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