INFLAMMATION DES CORPS COMBUSTIBLES
De celte loi résulte un procédé commode pour la comparaison npproximalivp et rapiiip fies ilt'fhnrRPS ('■lcclriqu*is.
mrLUOUTIOIl des COBPS COHBUSTIBLES et des HÉLAlieZS DÉTO- UIT8. — Quand l'éiiiirnlle jaillit j travers un corps solide ou' liquide, combustible ou détonani, elle peut en déterminer l'intlammalion. Ainsi l'on enflamme de l'élher, de l'essence de térébenthine, on fait détoner de la poudre de guerre, de la dynamite, etc. Cette propriété de rêtincelle parait être une simple conséquence de l'élévaiion de température qu'elle produit sur son trajet : on sait les nombreuses applications qu'elle a reçues en pyrotechnie.
L'étincelle produit encore l'indammalion îles mélanges gazeux détonants qu'elle traverse. On le montre dans les Cours a l'aide du pistolet de Voila. C'est un vase ^.^
métallique dans lequel pénètre une tige isolée BC [ftg. f)i) qu'on électrise de manière à faire jaillir une étincelle entre cette tige el la paroi métallique en communication avec le sol par la main de l'expérimentateur. On a introduit dans le vase une certaine quantité d'hydrogène, de façon à chasser une partie de l'air dont il était primiiivemenl rempli et à former avec l'autre un mélange détonant. C'est rinflammalion de ce mélange gazeux qui projette au loin le bouchon A nu moment de la décharge.
Gay-Lussac utilisa cette expérience pour l'analyse des mélanges gazeux : son eudiomèlre à eau n'est en eiïei qu'un pistolet de Volta modifié, de manière à permettre de recueillir ei de mesurer le résidu gazeux de la décharge.
a;^ ÉLECTRICITÉ STATIQUE.
DÉGOMPOSinOHS GHOnaUES PRODUITES PAR Li DÉCHARIIE. — 1 . Certains corps composés, rammoniaque par exemple, sont détruits par une élévation de température atteignant le rouge; mais, comme ces corps sont formés avec dégagement de chaleur, ils ne peuvent être détruits qu'en absorbant une quantité de chaleur égale : il en résulte qu'une étincelle électrique unique ne poura détruire qu'un poids de gaz extrêmement minime. Pour décomposer quelques centimètres cubes de gaz, il faudra un nombre d*étincelles considérable.
Quelques composés gazeux éprouvent par Taction d'une série d'étincelles une décomposition partielle, qu jon peut ne pas observer quand on se borne à les faire passer dans un tube chauffé au rouge. Mais si, dans l'axe du tube chaud, on établit un tube métallique traversé par un rapide courant d'eau froide, on constate la dissociation du composé gazeux. M. Sainte-Claire Deville, auquel on doit cette disposition ingénieuse, a voulu imiter ainsi les alternatives de chaud et de froid auxquelles doivent se trouver soumises les molécules gazeuses portées à Tincandescence par le passage de l'étincelle, puis subitement refroidies au contact des parois du vase et du gaz froid ambiant. Dans les deux expériences, les gaz dissociés à très haute température échappent à la recombinaison par la rapidité de leur refroidissement.
2. On ne saurait affirmer toutefois que l'action de l'étincelle dans les cas qui précèdent se réduise absolument à l'élévation de température qu'elle provoque. Certains corps détruits par la chaleur se produisent sous l'influence de la décharge, principalement quand elle est diffuse et qu'elle ne donne lieu qu'à de faibles échauffements. Ainsi la décharge électrique obscure transforme l'oxygène en ozone : elle produit les acides persulfurique (* ) et perazotique (^j, engendre les divers composés oxygénés de l'iode (3), enfin elle permet d'obtenir un
(*) Berthelot, Comptes rendus des séances de l'Académie des Sciemces, t. LXXXVI, p. 23.
(') Chappuis et HAUTsrBOiLLB, Comptes rendus des séances de l'Académie des Sciences, t. XCII, p. 8i.
( ' ) Ogibb, Comptes rendus des séances de l'Académie des Sdenees, t. LXXXT, p. 167.