‹ Cours de physique de l'École polytechniqueChapitre 243 sur 260 · ËLECTROLTSE PAR LA DÉCHARGE · texte numérisé non relu

ËLECTROLTSE PAR LA DÉCHARGE

assez grand nombre de composés organiques qu'on ne sait pas préparer d'une autre façon. La manière dont l'étincelle agit dahs ce cas est absolument inconnue.

III. Quand une déciiarge électrique traverse un liquide conducteur, elle en provoque Vélectrolxse, On désigne sous ce nom un mode spécial de décomposition produit par les courants et qui sera étudié en son lieu avec tous les développements qu'il comporte. Il suffit pour le moment de savoir que le métal d'un sel électrolysé se porte seul à l'électrode négative, les autres éléments à l'électrode positive.

Pour montrer l'électrolyse produite par la décharge, on peut, par exemple» disposer sur une lame de verre deux feuilles de papier humide B et D (Jig, 91 )» l'une imprégnée de sulfate de

rig. 9î.

potasse et de teinture de tournesol rouge, l'autre du même sel et de teinture de tournesol bleue; on fait communiquer le conducteur de la machine électrique avec B et on relie B à D par un fil métallique C, ou simplement on taille les deux feuilles B et D en pointe du coté où elles se regardent; enfin on fait communiquer D avec le sol. Le papier B bleuit à l'extrémité voisine de D, D rougit à l'extrémité voisine de B; le potassium s'est donc porté au pôle négatif, où il a décomposé l'eau pour former de la potasse ; l'acide s'est porté au pôle positif avec l'oxygène.

On peut aussi employer un papier imprégné d'iodure de potassium et d'amidon. Ce papier bleuit au pôle positif et l'iode

J. et B., Électricité statique, — 1. 3* faic. i8

est mis en liberté. Cette disposition des expériences est due

à Faraday (<].

La chaleur nécessaire à la décomposition électrolytique dbs sels est empruntée à l'énergie de la décharge ; comme cette chaleur est en général très grande et l'énergie d'une décharge unique très minime, il en faut un nombre extrêmement grand pour mettre en liberté une quantité de métal appréciable.

Enns ■ÉcuioDEs ou déghuku tLEcniaun. — i» Cas des

solides. — Quand une décharge électrique traverse un corps Isolant, elle le brise ou le déchire. Par exemple, séparons l'un de l'autre deux conducteurs aigus par une lame de verre bien sèche [fig- 93), en ayan\ soin de déposer une goutte d'huile

Fig. 9Î-

sur les pointes, ou mieux de les mastiquer dans deux cjiindre^ de résine collés sur les deux faces du verre, afin d'empêcher la décharge latérale; faisons communiquer les deux conducteurs avec les armatures d'une batterie ou même ayec les deuK pAles d'une machine de IIollz munie de son condensateur; il

(') Experimenialrfiean:he!,\. I, p. IJ7. — Longtempi aiiat Faraday, P«IJ Tan TrODilwjck el Deiman avaient coiiBlati: que l'eau %e dêcompoM quan.} on 7 fait pBiier dei étincelles entra deui lili d'or ou de plaline, distant* de quelque! millimèlrea, et Pearion (^PhU. Tram., 179;} atfit reconnu qu'il w de(^

Woltaiton {Phit. Trtuu., 1801), el après lui Faradar, imaginèrent da metut eu relation deui points TOisins du liquide, l'an a*ee la macbine alectriqBc, l'autre aiac le sol, comme naus l'avons indiqué.

EFFETS MÉCANIQUES DES DÉCHARGES. a?»

se produit dans le verre un trou extrêmement mince que l'on distingue cependant très bien, grftce i la réflexion irrégulière de la lumière sur ses bords ( < ).

De mdme une carte placée entre deux pointes peu éloignées est percée et le trou a les bords relevés sur les deux Taces, comme si la matière de la carte avait été soulevée et repoussée dans les deux sens k la Tois. Le trou est toujours plus rapproché de la pointe négative que de la pointe positive, mais il est au milieu de leur intervalle dans l'air raréfié.

On peut admettre que la décharge est précédée d'une polarl-

(■] MM. Tarqoam M Trmpnin {'Journal im Pt^yti^ut, I. IV, p. iio) tarmlDaDt Im dmu tigei GoodaetricM du pgro-Terre par dei polnli aiigigi* dani dé»

Umn de tm-r« L, L', entre leiquellei on dïapoM \* lame ■ perMr, Tcconierle d'huile d'olire lur Ml deux facui. Les ligei elle>-mÏDie« gant ealouréea de tubei de Terre remplU d'un niéliiiiQe de cire el de réain? fondue qui adhère m verre, de *orle que l'appareil te moDle cl te démonte tini difficulté et peut tervir go nombre de faU indéflai (Jig. 94V

276 ÉLBGTRICITÉ STATIQUE.

stlion du corps diélectrique el ne se produit que lorsque k tension à la surface des corpuscules conducteurs [voir p. 177) est suffisante pour vaincre la résistance de Tesp^ce mauiaii conducteur intermoléculaire : aussi la décharge ne trafenet-elle pas une lame de verre trop épaisse. Quand elle passe, oa peut attribuer la déchirure produite soit à la pression électrique exercée sur le milieu interposé par Félectricité inverse de deoi corpuscules conducteurs en regard, et alors l'action de la décharge serait purement mécanique; ou bien encore on peut admettre que le milieu, étant très résistant, s'échauffe beaucoup aux points traversés par la décharge, et alors la rupture sendl une conséquence de la mauvaise conductibilité calorifique du corps isolant.

s^' Cas des liquides. — Quand la décharge traverse un liquide mauvais conducteur, Tétincelle ne se produit parfois qu'ta bout de quelque temps; la secousse imprimée au liquide peat être assez forte pour le projeter de tous côtés et briser le vase. On obtient également cette rupture en faisant passer h décharge au sein du liquide à travers un ûl cQurt et assez fin pour être volatilisé.

Une expérience curieuse, et qui montre bien la grande résistance opposée par les liquides au passage de l'électricité, consiste à faire passer Tétincelle entre deux boules, dont Tune A est placée dans l'air, et l'autre B immergée à une très faible profondeur dans un liquide mauvais conducteur. L'étincelle fait la presque totalité de son trajet dans l'air : elle part de A presque horizontalement, de B presque verticalement. Ce phénomène curieux a. été désigné, par suite d'une analogie assez vague, sous le non de réfraction de l^étincelie.

On peut immerger les deux boules A et B à une très faible profondeur, et alors Tétincelle part normalement des deux boules vers la surface du liquide, la traverse et effectue son trajet dans Tair au voisinage immédiat de la surface.

EFFET PHTSIOLOUaUE DES DÉGHABftES. — Les décharges électriques produisent sur l'organisme des effets plus ou moins intenses suivant leur nature et la différence de potentiel qui les produit. Un corps électrisé que Ton approche de la joue donne

EFFETS PHYSIOLOGIQUES DES DÉCHARGES. 477 la sensation du Trôlemenl d'une toile d'araignée, t-es petites étincelles produisent l'effet d'une piqûre, celles qui sont plus fortes produisent une commotion plus ou moins violente, mais dont il est impossible de donner une idée précise; il faut l'avoir sentie. Si elle est faible, ce n'est qu'un clioc instantané; plus forle, elle laisse des douleurset un engourdissement prolongé; ei,|quand elle provient de larges batteries chargées par de puissantes machines, elle foiidroie les animaux de la plus grande taille. Ce qui est remarquable, c'est qu'elle contracte les muscles, quoi qu'on fasse pour l'empêcher, et cela donne lieu à une expérience curieuse. On place une pièce de monnaie sur lune des armatures d'un condensateur à plateau chargé, et l'on se met en communication avec l'autre armature; quand on approche les doigts pour saisir la pièce, ils reçoivent l'étincelle avant de la toucher et se contractent sans pouvoir la prendre.

Quand un grand nombre de personnes se tiennent par les mains pour former une chaîne et que la première et la dernière touchent les armatures d'un condensateur, la décharge traverse toute la série, et chacune reçoit la commoUon. Toulefois cette commotion est plus faible au milieu qu'aux extrémités, et cela lient à ce que toutes les personnes communiquant au sol, une partie des lluides se réunit par la terre en passant par les pieds. Si tout le monde était isolé, chacun éprouverait un effet égal.

Dès le moment où l'on a connu ces effets, on a cherché dans l'électricité un remède contre les paralysies; ces tentatives n'ont point été stériles, mais aujourd'hui c'est l'électricité des piles et non celle des batteries que l'on applique à ce iraitemenl : nous aurons l'occasion d'y revenir.

Quant il la manière dont se produisent les actions physiologiques de l'électricité, on peut dire que leur mécanisme intime est aussi complètement inconnu que celui des contractions musculaires développées par l'action de la volonté.

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