‹ Cours de physique de l'École polytechniqueChapitre 3 sur 260 · PRINCIPE DE L'INERTIE · texte numérisé non relu

PRINCIPE DE L'INERTIE

a est l'ange des vitesses v et v', égal à celui des tangentes, et par suite des normales en A et B. En désignant par p le rayon de courbure de la trajectoire en A, on a

limAB = limite — limpa.

doù

La limite de j est souvent désignée sous le nom de vitesse

angulaire; la composante normale N de l'accélération (due au changement de direction de la vitesse) s'appelle accélération centripète; on nomme enOn accélération tangentielle la composante S dirigée suivant la tangente et provenant de la variation de grandeur de la vitesse.

En particulier, dans le cas d'un mouvement circulaire et uniforme de période égale à T et s'exéculani sur une circonférence de rayon R, Taccélération tangentielle S est nulle; la

vitesse angulaire ^ est constante et égale à „, ; enfin raccêlé-

ration centripète a pour valeur constante

-- acïR im 4^^R

DE ymBTIE ( ' )* — FORGES. — On sait de temps immémorial que si un corps est au repos il y reste et qu'il faut un effort pour le déplacer; il faut aussi pour Tarrêter, s'il se meut.

(') Le principe de l'inertie a été énoncé pour la première fois par Kepler, nuis d'une manière incomplète, car il indique seulement qu'un corps en repos œ peut de lui-môme se mettre en mouvement; c'est Galilée qui a complété la notion de l'inertie de la matière on établissant qu'un corps ne peut de luimême chanf^er la grandeur ni la direction de sa vitesse ( Pocgendorff, Ge^ sckichte der Physik, p. i65 et a34; Leipzig, 1879).

exercer un effort de sens contraire à la direction de son mouvement. Ce fait d'observation vulgaire a été interprété en disant que la matière est inerte et que son état de repos ou de mouvement rectiligne et uniforme ne peut être modiGé que par l'effet de forces extérieures. Toutefois, nous ignorons en quoi consistent ces forces, dont l'idée nous vient d'une sensation, celle de Yefforiy que nous ne pouvons raisonnablement transporter chez les êtres inanimés. L'expérience nous révële pourtant chaque jour que les corps entrent en mouvement sans l'intervention des êtres vivants, par exemple que les corps pesants tombent sur le sol, que les corps électrisés s'attirent ou se repoussent, etc. Il faut donc voir, dans le principe de l'inertie et dans la conception des forces inanimées en tant que distinctes de la matière en mouvement} , plutôt une fiction analvtique commode que l'expression d'une réalité absolue. Aussi quelques mathématiciens ont-ils essayé, non sans succès, de se passer de la notion de force dans l'exposition des lois de la Mécanique rationnelle (*). Nous la conserverons pour nous conformer à. l'usage le plus répandu et aussi pour laisser à l'énoncé des lois physiques une simplicité qui leur fait souvent défaut dans le système opposé.

Nous dirons qu'un point matériel est soumis à une force chaque foi.s qu'il sera animé d'un mouvement autre que le mouvement reclili;rne et uniforme; nous verrons plus tard comment on peut déduire la grandeur et la direclion de cette force de la considération de son mouvement : c'est ce qu'on est obligé de faire pour calculer l'attraction du Soleil sur les planètes par exemple; mais il est en général plus commode de mesurer les forces dont on dispose en ayant recours à un phénomène d'équilibre.

MESURE DES FORGES PAR L'ÉaUDiIBRE. — On dit que deux forces sont égales quand, appliquées en sens contraires à un même point matériel, elles ne modifient pas son état de repos ou de

(*) Pnr exemple, G. KirchbofT, dans ses For^csungen ûber mathematische Physik. a» édition; Leipzig, iS;;.

Page 1