USAGE DES BAROMÈTRES
et la direction des vents qui amènent la pluie ou le beau temps.
Depuis quelques années, on étudie régulièrement la marche du baromètre dans les principales villes de l'Europe, et, en comparant les observations faites à une même époque, on peut se représenter Tétat général de Tatmosphère à un moment donné ; on a été conduit ainsi à la découverte d'un grand phénomène météorologique.
En général, à un moment donné, il y a sur la surface de l*Europe un point où la pression est minimum ; elle augmente à mesure qu'on s'en éloigne par courbes concentriques, et l'on trouve sur ces courbes des vents tournant dans un sens opposé à celui des aiguilles d'une montre. Ces points de pression minimum se déplacent progressivement ; ils viennent de l'Atlantique, abordent l'Europe par l'Angleterre ou la Suède, et la parcourent en quelques jours en s'abaissant soit vers l'Italie, soit vers la mer Noire. Au sud de la route suivie par ces vents tournants, le temps est pluvieux et le vent est d*ouest; il est beau au nord, avec un vent d'est.
Ces phénomènes, suivis avec persévérance par M. Fitz-Roy et M- Marié-Davy, s'exagèrent quelquefois et produisent les ouragans ou cyclones. Dans notre hémisphère, les cyclones naissent sur les bords du Gulf-Stream par des causes peu connues. Ce sont des tourbillons qui, d'abord peu étendus, croissent jusqu'à mesurer un diamètre de ^oo ou 600 lieues. Ils se dirigent de Téqualeur vers les Antilles avec une vitesse de propagation qui ne dépasse pas 10 ou i5 lieues; ils décrivent une courbe Irès-régulicre. D'abord dirigés vers l'ouest, ils se retournent vers le nord et peu à peu s'infléchissent vers Test. Au centre la pression est très-faible ; elle peut desrendre jusqu'à ()()o"'" et Fair y est calme. Tout autour lèvent tourne en sens inverse du mouvement des montres et peut atteindre une vitesse de 5o lieues à Theurc, ce qui équivaut à une pression de 3oo^« par mètre carré. Rien ne résiste à de si puissantes actions. Toutefois, comme le cyclone se meut du sud vers le nord, la vitesse de sa translation se combine avec celle du mouvement tournant; toutes deux sont concordantes sur la rive droite, qui est le bord dange-
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reux; elles sont contraires à gauche, où est le bord maniable. On comprend la possibilité de constater Tarrivée de ces phénomènes et d'avertir à temps les contrées qu'ils doivent traverser. C'est la seule prévision du temps qui soit aujourd'hui admissible.
Ce que nous venons de dire suffit pour montrer Tintérêt qui s'attache aux observations barométriques en Météorologie; mais nous laissons à cette science le soin de poursuivre et de décrire ces études avec plus de détail, et nous revenons à Tusage que la Physique fait du baromètre. Il n'est guère de phénomènes dans lesquels la pression atmosphérique n'intervienne ou comme cause déterminante ou comme influence perturbatrice; dès lors il est peu d'expériences où l'on puisse se passer de consulter le baromètre. Nous en verrons un exemple prochain dans l'étude delà loi de compressibilité des gaz, et nous reconnaîtrons dans la suite que pour l'étude des dilatations des gaz, de l'ébullition des liquides, des propriétés des vapeurs et des densités, il sera nécessaire d'avoir l'indication barométrique; pour le moment, nous allons insister sur la manière dont on se sert du baromètre pour mesurer la différence d'élévation de deux lieux.
FORMULE BAROMÉTRiaUE ('). — La question que nous voulons traiter esl celle-ci : comment décroissent les pressions quand on s'élève dans ralmosphère, et comment peut-on déduire de deux observations faites à des hauteurs différentes la différence des niveaux des deux stations?
(*) Dons le but de dêlorminer la hauteur de l'atmosphère, Houke effectua le premier un calcul qui, légèrement modifié, conduirait à la formule barométrique. Un peu plus tard (Essai sur in nature de l'air, 1676), Mariotte calcula la hauteur d'air nécessaire pour faire baisser le mercure de i ligne. Enfin Halley, en 1G8G, publia, dans les Transactions philosophiques, la pre-
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mière formule barométrique exacte ( X = A log - 1; mais son Mémoire fut oublié, et ce n'est qu*en I7'|9 que Bouguer en fit l'applicalion au Pérou.
La formule barométrique complète ;i été donnée par Laplace {Mécanique céleste, liv. X, chap. IV). Babinct {Comptes rendus, t. IX, p. 3i'j; t. XXX. p. 809: t. LU, p. 22 1 et 567) a donné une formule simplifiée pour le cas où les hauteurs à mesurer ne sont pas très-grandes.