EXPÉRIENCES DE DULONG ET ARAGO
n fallait, pour compléter Tapparei], placer verticalement le manomètre pq\h cAté delà longue colonne de tubes AG et réunir ces deuK parties par un canal de communication ; mais on ne pouvait songer à se contenter de la disposition qui suffisait à Mariette et à verser par les tubes ouverts/ d'une hauteur de aS", le mercure qui devait comprimer Tair. Voici ce à quoi Dulong et Arago se sont arrêtés. Ils ont scellé sur le sol de Tédifice» en face du mât, un réservoir de fonte épaisse [PL /, fig, i); il se composait d'un cylindre central E et de deux tubes latéraux opposés qui se recourbaient verticalement et se terminaient par deux tubulures F et G. Le manomètre était engage dans Tune d'elles F; les tubes plongeaient dans Tautrc G, et ils y étaient scellés et mastiqués avec toute la solidité que Ton put obtenir. C'est cet appareil qui établissait la communication, et il avait encore un autre but: c'était par son intermédiaire que Ton faisait varier les pressions, comme nous allons Texpliquer. On y versa du mercure, on acheva de le remplir avec (le Teau, et Ton surmonta la tubulure centrale d\ine petite pompe foulante I; celle-ci puisait de l'eau dans un vase voisin V, Tinjectait dans le réservoir E, et le mercure, comprimé par Tintroductiou de cette eau, s'élevait à la fois dans le manomètre, où il réduisait le volume de Tair, et dans la colonne lies tubes, où il montait librement. Il n'y avait donc qu'à mesurer la différence des niveaux et le volume occupé par l'air, â faire varier progressivement l'un et l'autre, et à chercher ensuite si le produit du volume par la pression demeure constant.
Pour mesurer la hauteur du mercure dans la branche libre, on se servait de règles divisées HP munies de verniers 0 que Ton transportait de bas en haut, et qu'on appliquait coiUre chaque tube sur des repères fixés aux tubulures de jonction, comme on le voit en H [PI. I^fig- ■">). D'autre part, on observait dans le manomètre, au moyen du vernier K, la division de la règle vis-à-vis de laquelle s'arrêtait le niveau; on connaissait de cette façon et le volume de l'air et les hauteurs des deux colonnes de mercure. Enfin, on voit dans la figure que ce manomètre était entouré d'un large tube de verre NN où coulait constamment un filet d'eau venu des fontaines publiques et
qui le maintenait à une température toujours égale. On avait d'ailleurs desséché avec soin Tair dont ce manomètre était rempli, par un procédé assez complexe que nous nous dispenserons de rapporter.
II ne nous reste plus qu'à faire connaître les résultats de ces expériences. Dulong et Arago ont exécuté trois séries différentes d*obser\'ations; dans chacune d'elles, ils prenaient le gaz à la pression initiale de Tatmosphère, ils le comprimaient ensuite progressivement, et après chaque augmentation de pression ils mesuraient le volume et la différence de niveau. Dans chaque série, les expériences ont été poussées jusqu'à «2^atm Pendant Tune déciles, la température s*est maintenue constante et égale k i3**: c'est la meilleure de toutes, et nous la transcrivons dans le Tableau suivant. La première colonne contient les pressions mesurées ; dans la deuxième sont inscrits les volumes que le gaz occupait, exprimés en divisions du tube ; on verra dans la troisième les mêmes volumes calculés par la loi de Mariotte supposée exacte, et Ton peut comparer les résultats de Tobservation et du calcul en lisant la dernière colonne, qui contient leurs différences.
I'RF.SSION. 1