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ÉTENDUE

Personne ne doute de l’étendue; c’est-à-dire, tout le monde sait qu’un corps que l’on considère n’est point concentré en un seul point, mais qu’il a des dimensions. Cependant, si l’on veut définir ce que c’est que l’étendue en général, on ne peut y parvenir. Seulement nous pourrions dire que l’étendue est l’espace immense dans lequel les corps sont plongés, et dont l’imagination chercherait en vain les limites.

L’étendue considérée dans les corps , est la portion de l’espace qu’ils occupent. On donne aussi, à la portion d’espace qui est occupé par le corps, le nom de volume. Ce volume est régulier ou irrégulier; s’il est régulier, si c’est un cube, par exemple, la géométrie apprend à le mesurer. En un mot, si c’est un corps régulier, et qui dit régulier veut dire géométrique, on peut le mesurer exactement. Si le corps est irrégulier, s’il a une forme telle que la géométrie ne pourrait donner de moyen pour le mesurer exactement; dans ce cas , la physique donne le moyen de déterminer, avec une précision qu’on pourrait appeler mathématique, le véritable vo-

lume de ce corps. C’est ce que nous verrons en faisant l’application de ce qu’on appelle le principe d’Archimède.

Le volume d’un corps est distingué en ce qu’on appelle le volume réel et le volume apparent. Par volume réel, on entend la portion de l’espace que le corps occupe réellement; et par volume apparent, la portion de l’espace qu’il semble occuper, mais qu’il n’occupe pas en réalité. Vous aurez une idée bien simple cîu volume apparent en jetant les yeux sur une éponge. Un morceau de métal nous fournit un exemple du volume réel; il occupe réellement la portion de l’espace qu’il paraît occuper. C’est en général par l’existence des vides que nous parviendrons à démontrer qu’un corps n’occupe pas tout l’espace qu’il paraît occuper. Mais les vides ne seront pas toujours aussi grands que ceux qui existent dans une éponge ; et l’usage immédiat de nos sens ne nous suffira pas toujours pour constater cette existence; il nous faudra avoir recours à des moyens plus précis. Nous avons des corps très subtils, tels que l’eau, par exemple, qui pénètrent dans les corps qui piésentent le tissu le plus serré. Si nous plongeons dans ce liquide un morceau de bois, dont l’oeil peut à peine distinguer les vaisseaux, le gonflement de ce morceau de bois nous annoncera qu’il s’est laissé pénétrer par l’eau, et nous conclurons de cette expérience qu’il n’avait qu’un volume apparent. En général, nous constaterons qu’un corps n’occupe point tout le volume qu’il semble occuper, en cherchant à introduire dans ce corps un corps étranger, de l’eau , de l’air, un fluide élastique quelconque.

Telle est la manière simple de découvrir quand un corps a des vides entre ses particules; ces vides sont appelés des po res. Ces pores sont grossiers dans une éponge: dans d’autres corps, comme les métaux, ils sont imperceptibles; mais l’expérience démontre qu’ils existent. Si l’on fait passer une lame de métal entre deux cylindres, le métal s’écrouit et diminue de volume ; par conséquent sa matière s’est rapprochée. De ce fait qui est général, nous devons conclure que les corps, même les plus compactes, n’occupent pas réellement tout l’espace qu’ils paraissent occuper. On doit faire une distinction extrêmement grande entre les premiers vides, qui sont des solutions de continuité, et les vides dont nous acquérons seulement la certitude par la compression. Tous les corps de la nature offrent des vides de la dernière espèce ; il n’en est pas un seul qui, étant soumis à une pression convenable, ne puisse diminuer plus ou moins de volume. Nous concevons, par conséquent, que les particules matérielles

'les corps ne se touchent pas immédiatement. Si elles se touchaient immédiatement, qu’il n’y eût aucun vide entre elles, nous ne pourrions concevoir le rapprochement de ces particules. Mais, je le répète, il faut bien distinguer entre

cette espece de porosité, et celle qui constitue une véritable solution de continuité.

Les corps diminuent aussi de volume quand la chaleur les abandonne, ils augmentent par l’accumulation de la chaleur.

e p îenomene démontré que les particules des corps ne sont pas en contact. 1

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