POIDS DES CORPS
La pesanteur, en agissant sur les corps, anime toutes les
particules matérielles que l’on peut concevoir clans ces corps. En d’autres termes, elle est proportionnelle aux masses. En vertu de cette action clc la pesanteur, le corps tombe s’il est abandonné à lui-même. S’il ne tombe pas, il faut qu’il soit soutenu par un obstacle, et alors il exerce contre l’obstacle un effort que l’on désigne sous le nom de pression.
On peut concevoir toutes les actions particulières de la pesanteur, sur les molécules des corps, réunies en une seule et même force. On a donné le nom de résultante à la somme de toutes ces forces. Cette résultante prend aussi un nom particulier, on l’appelle poids ; ainsi le poids d’un corps est la somnje ou, pour mieux dire, la résultante de toutes les forces de la pesanteur qui agissent sur le corps : comme ce sont toujours des forces parallèles, cette résultante est égale à leur somme.
Il est évident que le nombre de ces actions particulières de la pesanteur est d’autant plus grand , qu’il y a plus de matière dans le corps. D’après cela, il est clair que le poids est proportionnel à la masse des corps.
Un corps composé de molécules matérielles soumises à l’action (le la pesanteur, a une seule et même résultante. Cette résultante ne passe pas indifféremment par tel ou tel point du corps; elle passe toujours par un point fixe. C’est ce point que l’on désigne par le nom de centre de gravité, ou centre de forces parallèles. Ce point est unique dans les corps, et si on met un obstacle dans la direction de ce point, cet obstacle détruira l’action de la pesanteur et empêchera le corps de tomber. C’est ainsi qu’une règle peut rester en équilibre sur la pointe d’une aiguille, si la résultante de toutes les actions clc la pesanteur passe par l’extrémité de cette aiguille.
Si on prend une ligne composée de points matériels, mais supposée sans épaisseur sensible , le centre de gravité passera justement parle milieu de cette ligne , parce que nous aurons autant de points d’un côté que de l’autre.
Si l’on prend une surface, un rectangle, par exemple, oif trouvera facilement le centre de gravité en cherchant un point symétrique dans ce rectangle. Ce point est celui d’intersection de deux lignes, dont l’une divise le rectangle en deux dans le sens de sa longueur, et l’autre le divise' également en deux dans le sens de sa hauteur.
Si c’était un rectangle ayant de l’épaisseur, le centre de gravité devrait se trouver sur un plan qui couperait le rectangle en deux dans un sens, en deux dans l’autre, et enfin
perpendiculairement 4 sa longueur. Il en résulterait trois lignes qui se couperaient en un point qui est la position du centre de gravité.
Nous n’avons besoin de parler du centre de gravité, dont la détermination repose sur des considérations tout-à-fait géométriques, que pour faire sentir ce qui se passe dans la balance. Par conséquent, il est inutile de nous appesantir d’avance sur cet objet.