TEMPS
Dans Pobservation des phénomènes de la nature, le temps est un élément de la plus haute importance. Je n’entrerai pas dans le détail des instruirons qui servent à le mesurer : ces instrumens reposent tous sur l’habileté des artistes. Je rappellerai seulement à ceux qui veulent faire des expériences, ce mot de Franklin : « Il faut qu’un physicien qui veut faire de la physique, sache percer avec une scie et scier avec une vrille. » Cela est vrai jusqu’à certain point; il faut qu’un physicien sache tirer parti de tout ce qu’il a sous la main. J’ai besoin de mesurer la durée d’un phénomène, je prends une balle de plomb, une pierre, une clé, ce qui me tombera sous la main, je le suspends par un fil que je fais plus ou moins long. Après cela je n’ai qu’à écarter ce fil de la verticale, aussitôt j’ai des oscillations qui sont isochrones, c’està-dire qui se font dans le même temps; et comme dans les phénomènes de la nature ce sont des rapports que l’on cherche et non le temps absolu, en comptant le nombre des oscillations qui ont eu lieu pendant deux phénomènes, le rapport entre ces oscillations donnera le rapport entre la durée des phénomènes.
Si vous trouvez que les oscillations sont un peu trop lentes, vous augmentez le fil et vous avez des oscillations plus rapides; vous trouvez que les oscillations ne se font pas assez vite , vous raccourcissez le fil , et leur nombre augmente dans le même temps. Enfin, vous pouvez proportionner votre fil de telle sorte que vous pourrez mesurer en nombre rond la durée d’un phénomène.
On divise aussi le temps par l’écoulement des liquides. On a un vase qui a dans le bas une ouverture fermée par un robinet : en ouvrant ce robinet, l’eau coule, et l’on compte combien il faut de secondes pour vider ce vase, et l’on se fait ainsi une unité qui sert ensuite à mçsurer la durée des phénomènes.