ETATS DES CORPS
Nous allons maintenant entrer véritablement en matière, et examiner les propriétés des corps. Dans cette séance même , nous allons définir les divers états sous lesquels les corps se présentent à nous.
Les corps se présentent à nous sous trois états différens dont nous avons tous une idée, je ne dirai pas exacte, mais au moins confuse. L’un de ces états est l’état solide , le second est l’état liquide , et le troisième est l’état qu’on a désigné par le nom d 'aériforme ou même de fluide élastique.
L’état solide est connu de tout le monde. Ce qui nous frappe immédiatement dans un solide , c’est la difficulté avec laquelle les molécules des corps peuvent être séparées. De ce que les particules d’un corps résistent à la séparation, il
faut conclure que ces particules sont liées par une force. C aidés que je yeux les séparer, c’est une force que j’emploie, et si cette force ne peut produire son effet, il faut qu’il y ait une force opposée qui détruise son action. Nous parlerons plus tard de la mesure de cette force.
Puisque les molécules sont liées entre elles, vous concevez facilement qu’elles ne peuvent glisser les unes sur les autres ; vous concevez encore que les corps ayant une forme déterminée, doivent la conserver, et qu’ils conserveront la forme propre que vous leur donnerez.
Si je place un corps solide sur ma main, et que je le presse de haut en bas, la pression sera transmise à ma main, sans que le corps soit sensiblemement défiguré ; c’est pour cela qu’on dit que les solides transmettent la pression dans le sens qu’ils la reçoivent.
Cependant, si nous pouvions pénétrer dans l’intérieur des corps, et observer ce qui se passe entre leurs molécules, nous verrions que lorsque le corps éprouve une pression du haut en bas , cette pression se transmet réellement dans tous les sens. M ais les pressions latérales se trouvent détruites par la résistance des molécules qui, comme je l’ai dit, sont liées entre elles par une certaine force.
Prenons pour exemple une substance qui ne soit pas trop rigide, c’est-à-dire, dont la force de cohésion ne soit pas très grande, comme du sucre, et supposons qu’on en fasse une colonne d’une hauteur un peu considérable, la force résultante de la pression étant alors plus grande que la force qui s’oppose à la séparation des molécules , cette colonne se brisera.