‹ Cours de physiqueChapitre 34 sur 173 · ÉTAT LIQUIDE · texte numérisé non relu

ÉTAT LIQUIDE

Le second état des corps est l’état liquide. Dans les liquides une chose nous frappe au premier abord, c’est une extrême mobilité dans toutes leurs particules. Promenez la main dans un liquide, vous n’éprouvez aucune résistance, une molécule se substitue à l’autre avec la plus grande facilité; de sorte que les positions des molécules, les unes par rapport aux autres, sont tout-à-fait indifférentes; tandis que dans les corps solides, la position des molécules est nécessaire, invariable.

Nous supposons ici des propriétés extrêmes; mais dans la réalité, les propriétés des corps ne sont pas telles. Ainsi les corps peuvent être plus ou moins solides, le fer est plus solide que le plomb. De même dans les liquides, dont je suppose la mobilité parfaite, cette mobilité est très variable. Les molé-

cules de l’eau sont très mobiles, mais celles de l’esprit-de- Vin le sont davantage; les huiles, les sirops sont visqueux, et leurs molécules adhèrent beaucoup plus que celles de l’eau.

Tel est donc le véritable caractère des liquides, une grande mobilité : toutes les autres propriétés qu’on peut observer dans les liquides dérivent de cette propriété principale.

Je vois d’abord qu’en vertu de cette grande mobilité les liquides doivent avoir leur surface de niveau. En effet, les liquides sont des corps soumis, comme la balance nous le montrera, A l’action de la pesanteur qui s’exerce suivant la verticale. Si leur surface n’était pas de niveau, ou, en d’autres termes, si elle n’était pas perpendiculaire à la direction de la pesanteur, alors l’équilibre dans ces liquides n’aurait pas lieu. Les molécules qui se trouveraient plus élevées glisseraient vers la partie inférieure , absolument comme un corps placé au haut d’un plan incliné descend le long de ce plan ; et ce serait le cas de faire ici l’application du principe de la décomposition des forces, dont nous avons parlé dans l’une des séances précédentes. Le liquide arriverait ainsi à l’état d’équilibre , et il faudra , si l’on admet l’équilibre, que la surface du liquide soit parfaitement de niveau.

On conçoit très bien comment les liquides remplissent parfaitement les vases dans lesquels on les met : c’est une conséquence de leur mobilité.

En vertu de cette mobilité parfaite, la pression exercée à la surface d’un liquide , je dirai même en un point quelconque de son contour extérieur, se transmet également dans tous les sens. Si donc l’on suppose un vase rempli d’un liquide, et que l’on fasse une ouverture en un point quelconque de ce vase, et qu’on mette sur cette ouverture un piston chargé d’un poids, on exerce sur la partie du liquide qui correspond à l’ouverture une pression qui se transmet dans toutes les parties de la masse, de manière que si l’on conçoit en un point quelconque du vase une ouverture dont le diamètre soit égal à la première, il faudra, pour empêcher le liquide de s’échapper par cette ouverture, une force qui sera parfaitement égale à la pression exercée. Cette opération n’est pas susceptible d’être faite dans un cours, j’indique seulement le fait, et vous pouvez le croire : c’est même un résultat que l’on accorde tout de suite lorsqu’on est familier avec les phénomènes de la nature.

IMPRIMERIE DE E. DUVERGER

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