ÉTENDUE DE L’ÉCHELLE THERMOMÉTRIQUE
Le thermomètre à mercure peut indiquer 5o degrés audessous de zéro, et il peut aller à 56o et même jusqu’à 4o°
degrés au-dessus. Ainsi nous pouvons mesurer avec le thermomètre à mercure une quantité de chaleur qui serait à peu près quatre fois plus grande que celle qui est nécessaire pour porter l’eau de la glace fondante à l’eau bouillante ; mais nous ne pouvons aller plus loin, parce qu’au-delà le mercure se réduit en vapeur, en fluide élastique ; le verre se ramollit, et alors les capacités de l’instrument changent entièrement.
Je dois vous faire remarquer que ce que nous entendons par zéro n’est qu’un point de départ, et que cette expression que le thermomètre est à zéro ne veut nullement dire qu’il n’y a point de chaleur dans le corps. Tout le monde sait en effet que la chaleur peut être plus bas qu’au moment où la glace se fond; on a dans nos climats des froids de i5 degrés, de 20 degrés ; on a des froids bien plus grands encore dans le nord.
THEftMOSCOPE.
Pour apprécier des quantités de chaleur qui sont très petites, nous nous servirons d’un instrument appelé thermoscope, qui est un thermomètre qu’on ne se donne pas la peine de graduer, parce qu’il n’est destiné qu’à constater la présence de la chaleur dans les corps. Voici en quoi consiste cet instrument, fig. 6. C’est une boule plus ou moins grosse que l’on a soufflée à l’extrémité d’un tube. L’air dont cette boule est remplie est beaucoup plus dilatable que le mercure et a très peu de masse, de manière que la plus légère chaleur que l’on peut produire f par exemple, en touchant la boule avec la main, fait aussitôt monter la colonne d’air que nous pouvons concevoir dans le tube.
Afin de rendre sensible la dilatation de l’air, on introduit dans le tube une petite colonne de liquide coloré. Pour cela, on échauffe légèrement la boule avec la main ; en dilatant l’air, on en chasse une partie du tube ; on plonge ensuite l’extrémité du tube dans le liquide. Lorsque la boule est refroidie , les molécules d’air se rapprochent; il se fait par conséquent un vide, et le liquide entre dans le tube en vertu de la pression extérieure.
On fait de ces instrumens qui sont tellement sensibles qu’ils peuvent donner des millièmes de degrés, quantités que l’on ne peut apprécier avec le thermomètre ordinaire. J’ai dit qu’on ne graduait point ces instrumens parce qu’ils étaient destinés uniquement à faire connaître quand il y . avait variation de chaleur, et non à mesurer cette variation; on pourrait cependant les graduer.