PROPAGATION DU SON. — RÉFLEXION DU SON
un même plan normal à la surface réfléchissante, et l'angle de réflexion est égal à Tangle d'incidence.
Pour montrer dans les cours que la réflexion du son suit les
mêmes règles que celle de la lumière, on se sert ordinaire-
jcnent des miroirs conjugués. Ce sont deux miroirs sphériques, M
el M', que Ton dispose à 5 ou 6 mètres de distance, Tun en face
de Taulre, de façon que leurs axes coïncident suivant AA'. On
palace une bougie à Tun des foyers F ; Timage de cette bougie se
ferme à l'autre foyer F', où Ton peut la recevoir sur un écran.
i Ion substitue à la bougie en F une montre dont le tic4ac est
Fig. 38
perceptible directement à une distance de i ou a mètres, on
Dstate que Toreille placée en F' l'entend très bien (*).
ÉchoSj résonnances. — De la grandeur des ondes sonores, énor-
es par rapport aux ondes lumineuses, il résulte d'ailleurs, ainsi
^je nous le verrons plus loin, que telles aspérités, qui rendraient le
iroir absolument mauvais au point de vue optique, seront sans
fluence appréciable sur la réflexion du son. C'est ainsi qu'une
tiraille, une montagne, un groupe d'arbres constitueront de bons
îroirs pour le son (^j.
Certaines formes de voûtes donnent lieu à des phénomènes
:%ji lieux par suite de la réflexion du son à leur surface, suivant les
\ois géométriques rappelées plus haut. Au musée des antiques,
«ne voûte elliptique, aux deux foyers de laquelle on a placé deux
^•*) K l'oreille on peut d'ailleurs substituer une flamme sensible, ainsi que nous le verrons bientôt.
(') La surface de l'eau réfléchit parfaitement le son : tous les bateliers savent ^^e la Toix porte beaucoup plus loin sur l'eau que sur la terre.
larges vases, permet ù deu\ interlocuteurs parlant altenialivc menl el écoutant dans ces vases, d'entretenir à voix basse un
Fig. 39
conversation, sans être entendus des personnes voisines. En certain endroit des caveaux du Panthéon, il suffit d'un coup canne contre le pan d'une redingote pour faire éclater un br"" assourdissant.
Dans tout espace fermé, il doit y avoir et il y a de fait flexion du son. Mais, d'une part, à cause de la persistance •■ impressions, l'oreille ne distinguera, en général, le son répété son direct que s'il y a entre ces deux sons successifs un interva^ d'au moins i/io de seconde; par conséquent, pour qu'il y ait efTa^ tivcmenl répétition du son ou écho, il faut que l'obstacle ron ' leqaol s'effectue la réQexion soit au moins à 17 mètres, de faç3 que pour le trajet total, aller el retour, le son doive employer moins 1/10 de seconde; sinon, il y aura simplement réinunav^ D'autre part, la nature même des parois a une grande influence des tapisseries épaisses étouffent le son; des boiseries élastiq» le renvoient au contraire, eu y ajoutant l'elTct de leurs prop vibrations. Le sou se trouve alors prolongé el renforcé. Dans 1= salle de réunion ce double effet peut aider la voix de l'oralei^ mais une rcsonnunce trop forle nuit à la ]>erception distincte d^ parole ('). On cite telle église où la voix du prédicateur n"
('; La disposilioii qu'il convient de donner à une salle scivanl ses dim^ sioNs el suifant l'usuge auquel on la deslinc esl une des questions les p'^ déiicules de l'urcliiteclure. Voir à ce sujet Lâchez, AQunUtqxtt el ojitiqut ^ lullef de ràinion. Paris; 18TU.
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lelligible qu'une fois par an, à la fêle de Noël, les voûtes étant îjour-là couvertes d'ornements qui en diminuent la sonorité habilelle.
Un obstacle situé à 17 mètres ne fait écho que pour un son bsolument bref. Quand il s'agit de la parole, comme on ne pro- }nce guère que 5 syllabes par seconde, et que, par conséquent, émission d'une syllabe dure i/5 de seconde, pour donner la pétition nette d'un son articulé, sans empiétement sur le son rect, l'obstacle devra être éloigné d'au moins 34 mètres en ligne cite. A cette distance, l'écho sera monosyllabique ; à une distance mble, il sera dissyllabique ; et ainsi de suite. Deux obstacles disposés vis-à-vis l'un de Tautre, comme deux iroirs opposés, pourront se renvoyer le son un très grand nombre fois, sans qu'il cesse d'être perceptible. Ces échos multiples ne )t pas rares; l'un des plus remarquables est celui de la villa nonetta, près de Milan : un coup de pistolet tiré de l'une des lêtres de la cour intérieure y est répété quarante à cinquante fois. Échos aériefis; opacité acoustique de r atmosphère, — Un fait rieux d'écho est celui que M. Tyndall (*) a eu l'occasion d'ob- Ter au cours d'expériences entreprises à South Foreland, près •uvres, pour étudier l'efficacité des signaux sonores sur les côtes iritimes, en cas de brouillard. Ces expériences, comme celles M. Henry (*) en Amérique, donnèrent des résultats singulièresot variables : une atmosphère parfaitement transparente au int de vue optique peut être d'une opacité acoustique presque pénétrable. On conçoit, en effet, que si des masses considérables, iïi qu'invisibles, de vapeur s'élèvent de la mer, elles feront obs- :1e à la transmission du son en créant dans l'atmosphère des uches hétérogènes, aux surfaces limites desquelles le son sera irtiellement réfléchi. Pour vérifier cette manière de voir, M. Tyn- M s'installa au pied du rocher en haut duquel étaient placés « appareils sonores, et il reconnut qu'effectivement l'écho se roduisait au large avec une force considérable. Il institua ensuite ^^^ son laboratoire des expériences décisives, parmi lesquelles
[) Ttndall, PhiL Ti-ans.; 1874 ; et Ou Soimd, 284 ; 4*'» éd. London, Longmans ; ' ''ï.XRT, Report ofthe Lighthouse Board of V, S. for the year 1874.
ACOUSTIQUB-
nous rapporterons la suivante, que l'on peut facilement reproduire. Une grille rectangulaire à gaz est disposée horizootalement ; à l'une des extrémilcs est placé un petit tuyau à anche; une flamme sensible est à l'autre bout. On fait parler le lujau. Le gaz n'est pas allumé, la flamme sensible s'agite; on allume le gaz, la flamme revient au repos; mais une deuxième flamme, située derrière le tuyau, en un point où, l'onde directe ne pouvant l'atteindre, elle restait immobile quand le gaz n'était ^^
Fie. S»
allumé, vibre maintenant avec énergie. La couche d'air chau s'élevant au-dessus de la grille allumée arrête donc le son et renvoie en arrière, exactement comme dans les expériences à Vîm libre.
Il est intéressant de rapprocher ces faits de l'observation ^ même savant relative à la transmission parfaite du son à f vers une tourmente de neige, sur la nier de glace, pendant l't' ver de iSâg. Le son passe avec une facilité extraordinaire J> les interstices des corps solides; il traverse aisément douze foula k" de soie superposés, tandis qu'un seul l'arrête complètement si, av^ été préalablement trempé dans l'eau, il forme un écran continu-