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ÉLASTICITÉ. — RETARD DANS L'EFFET DE TORSION

circonférences entières, ce qui amena Taiguille presque à 90"" du méridien magnétique. Mais Taiguille ne se se tint pas dans cette position, elle se rapprocha graduellement du pian du méridien magnétique. On tourna le tambour supérieur de façon à conserver, malgré ce déplacement, une torsion d'exactement trois circonférences, et Ton nota aux époques successives t les valeurs du sinus de l'angle a formé par TaiguiDe et le méridien magnétique, sinus qui peut être pris pour mesure du moment du couple de torsion ; on trouva ainsi :

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Le moment du couple de torsion pour un angle déterminé n'atteint donc que progressivement sa valeur définitive.

Réciproquement, un fil tordu ne revient pas à sa position d'équilibre immédiatement après la suppression de l'effort extérieur. Un fil d'argent ayant été tordu de 180*" pendant 2, 5, ou 10 minutes, on observa, par la méthode de Poggendorff, la quantité x dont le fil était encore distant de sa position d'équilibre t minutes après la suppression de Feffort; les valeurs de x rapportées ci-dessous sont exprimées en divisions de l'échelle (pour les convertir en minutes d'arc il faudrait les multiplier par 0,706).

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Ainsi, même après une torsion de courte durée, le retard est appréciable. 11 augmente rapidement avec la durée et avec Timportance de la torsion. Mais le fait le plus curieux observé par M. Kohlrausch est la superposition des retards correspondant à des torsions successives. Tandis que le fil, après une torsion énergique et prolongée dans un certain sens, se rapproche progressivement de sa position d'équilibre, faisons-lui subir pendant quelques instants une nouvelle torsion en sens contraire, et nous le verrons, débarrassé de cette deuxième torsion, se rapprocher de la position où on Tavait saisi pour le tordre la deuxième fois, Tatteindre, s'y arrêter un instant, puis repartir en sens contraire pour se rapprocher de la position d'équilibre initial, comme si la deuxième torsion n'avait pas eu lieu .

Tous ces effets de retard ont beaucoup occupé les physiciens allemands (^). De tels phénomènes sont sans doute intéressants comme indiquant à l'intérieur des corps une sorte de frottement d'une nature spéciale. Il n'en existe toutefois jusqu'à ce jour aucune explication satisfaisante.

159. Torsion permanente; recherches de M. G. Wiedemann. — Outre l'effet temporaire, affecté d'un retard plus ou moins marqué, il y a toujours un effet permanent que l'on constate aisément dès que l'effort a été un peu considérable (156). M. G. Wiedemann (^) a particulièrement étudié la torsion permanente ('). Un fil de laiton, de o",5o environ de longueur et de 2^^^ de diamètre, tendu par un poids de lo kilogr., pouvait être tordu sans secousse au moyen d'une poulie actionnée par un poids p : une disposition convenable permettait d'observer la torsion soit temporaire soit permanente. Dans le tableau suivant, T désigne la torsion observée au premier instant : cette torsion croit peu à peu jusqu'à une valeur T^. Quand elle a cessé d'aug-

(*)0.-E. Meybr, Po^i/. Ann., CLI, 108; 1874; Neesen, Pogg, Ann., CLVIII, 579; 1876; BoLTziiÂNN, Pogg. Ann,, Erg. band Vif, G24; 1876; Schmidt, Wied. Ann., \\y 48 et 241 ; 1877; Warburg. Wied. Ann., IV, 232; 1878; et X, 13; 1880.

(*) G. Wiedemann, Wied. Ann.., VI, 485; 1879; et Journal de physique (Bouty), VIII, 349.

(') Voir aussi Boltzmann, SUzungsber. d, Akad. d. Wissensch., in Wien; 1874; et Warburg, Wied. Ann.y X, 13; 1880.

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