II. — DIFFI'SION A TRAVERS L'N SEPTL'M, OL' OSMOSE
249. Expérience de Nollet ('}. — La découverte de la dilTusion à travers un eeptum est due à l'abbé Nollet, qui l'observa au cours de « recherches sur les causes du bouillonnement des liquides ». Voulant conserver de l'esprit de vin h l'abri de l'air, îl « en avait rempli une liole cylindrique, longue de cinq pouces et large d'un pouce environ, et l'ayant couverte d'un morceau de vessie mouillée et ficelée a» col du vaisseau, il l'avait plongée dans un grand vase plein d'eau (fig, 'i()'i). Au bout de cinq ou six
heures, il fut tout surpris de voir que. la fiole était plus pleine qu'au moment de son immersion, quoiqu'elle le fût alors autant que ses bords pouvaient le permettre; la vessie qui lui servait de bouchon était devenue convexe, et si tendue qu'en la piquant avec une épingle, il en fit sortir un jet de liqueur qui s'éleva à plus d'un pied de hauteur ».
Pensant que le soulèvement de la vessie ne pouvait être attribué qu'à l'introduction de Venu dans la fiole, Nollet » s'en assura par une autre expérience, qu'on peut regarder comme l'inverse de la première : il remplit d'eau une pareille fiole qu'il boucha aussi avec un morceau de vessie mouillée, et l'ayant plongée dans l'esprit de vin il vil cette espèce de bouchon s'enfoncer peu à peu et l'eau qui était dessous diminuer de même ».
L'attention du physicien ne fut point frappée, comme elle aurait
(') NoLi.ET, Hislo'u-e de l'Acadtfmie des sciences; année 1748-
:02 PRINCIPALES PUOPRlBTËS DES LIQUIDES.
dû l'èlre, par la découverte de ce phénomèoe curieux, dont l'élude ne fut entreprise que quatre-vingts ans plus tard par Dulrochel.
SSO. Expériences de Dutrochet {*}. — Vendosmomètre de Dutrochet consistait essentielle me ni en une liole, dont le fond était formé parle septum, et dont le col portait un tube gradué. Prenons pour septum un morceau de vessie de porc, mettons dans la fiole de l'alcool, et plongeons l'appareil dans l'eau : nous voyons bientôt le liquide monter dans le tube gradué et s'y élever progressivement à une grande hauteur. Si alors on introduit un
Fig. 3;>i
aréomètre dans la fiole, on reconnaît que l'alcool est étendu d'eau ; le même aréomètre plongé dans l'eau extérieure nous montre que cette eau contient maintenant de l'alcool. Il y a donc eu double courant à travers la membrane : courant d'eau dirigé vers l'intérieur et courant d'alcool marchant de l'intérieur à l'extérieur; et la dénivellation observée est la résultante des deux phénomènes inverses et concomitants que Dutrochet distingue sous les noms