DIFFUSION. — APPLICATIONS
Diaiyseur de Graham. — C'est d'abord la dialyse, ou analyse par diffusion, imaginée par Graham, et fondée sur la rapide difTusibilité des cristalloïdes, qui permet de les séparer des colloïdes à peine difTusibles. Le diaiyseur de Graham est un vase peu élevé A, dont le fond est formé par une feuille de papier-parchemin (papier modifié par immersion dans l'acide sulfurique) : la substance à dialyser
est mise dans ce vase A, et le vase lui-même plongé dans l'eau B. La surface du diaiyseur étant de i centimètre carré, une couche liquide de I centimètre de hauteur contenant en dissolution 2 grammes de matière sèche perd en a4 heures les quantités de matière suivantes :
Chlorure de sodium i",637 ou i
Ammoniaque i ,4o4 0,8^
Théine i ,i66 0.70
Salyciline o ,835 o.5o
Sucre de canne 0 ,783 0,47
Cachou o ,a65 0,16
Caramel o ,009 o,oo5
Si donc on place dans le diaiyseur un mélange de chlorure de sodium et de caramel, par exemple^ le chlorure de sodium passera presque tout entier dans l'eau extérieure, le caramel restant dans le diaiyseur. C'est ainsi que Graham a pu préparer divers colloïdes (siUce soluble, alumine soluble, etc.], en dissociant par
liO PRINCIPALES PROPRIÉTÉS DES LIQUIDES.
diffusion (^) certains sels peu stables, dont Télément colloïdal était retenu par la membrane.
La dialyse constitue une méthode précieuse en toxicologie; car elle permet de séparer les poisons cristalloides (acide arsénieux, strychnine, etc.) des colloïdes (albumine, mucus, etc.), dont la présence entrave ordinairement les recherches (Graham).
Un bel exemple de dialyse a été donné par M. Péligot dans son étude de l'eau de la Seine, près d'Asnières, en 1864 : après avoir séparé plusieurs principes par les méthodes ordinaires, il obtint un résidu noirâtre qu'il eut Theureuse idée de dialyser : il put ainsi en retirer un cristalloïde, Turée, qui était précisément la cause de l'altération de Teau.
Osmogène de Dubrunfaut. — Dès i853, Dubrunfaul (*) avait fait une application importante de l'osmose au traitement des jus de betteraves. Lorsque ces jus, qui contiennent à la fois du sucre et des sels minéraux (chlorure de potassium, azotate de potasse, etc.), sont soumis à la cristallisation, le sucre cristallise seul, et les sels restent dans les eaux-mères. Celles-ci, convenablement traitées, abandonnent encore du sucre par cristallisation, et ce traitement peut être plusieurs fois répété. Mais à chaque opération nouvelle la richesse en sels augmente, et comme ceux-ci sont un obstacle à la cristallisation du sucre, il arrive un moment où les eaux-mères, bien que contenant encore du sucre, ne peuvent plus le déposer. C'est alors que Dubrunfaut les soumet à l'osmose dans un appareil qu'il appelle Vosmogène^ et qui consiste en une série de cadres BB, recouverts de papier-parchemin (') : le jus sucré circule d'un côté du papier, tandis que de l'autre côté circule de l'eau pure. Or les sels minéraux traversent facilement le papier-parchemin qui est beaucoup moins perméable au sucre. On conçoit donc qu'en réglant convenablement la longueur de l'appareil et la vitesse du courant, on puisse enlever au jus sucré la majeure partie des sels qu'il renferme. Dans l'osmogène de Dubrunfaut l'effet est tel
(') H. Sainte-Claire Deville, leçons profetsées devant la Société chimique de Paris en 1804 et 1865 ; p. 270.
(^) DuBRUNPAOT, brevet de 1854.
(*) Ce fut le papier-parchemin qui rendit l'appareil réellement pratique (1864).