ÉQUILIBRE DES GAZ. ^ PRINCIPE D'ARCHIMÉDE
grosse boule creuse, de Tautre une petite boule pleine, attachée à un écrou mobile le long de l'extrémité finement filetée du fléau ; en donnant à cet écrou une position convenable, on amène les deux boules à se faire exactement équilibre dans Tair. Plaçant alors l'appareil sous la cloche de la machine pneumatique, on fait le vide : le fléau bascule du côté de la grosse boule. L'effort exercé en ce sens par la pesanteur est donc réellement plus grand, et l'équilibre
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n'existait dans l'air que parce que la boule la plus volumineuse subissait de la part du fluide environnant une poussée plus forte.
Influence de fair sur les pesées. — Cette expérience montre en même temps la nécessité de faire subir à toutes les pesées effectuées dans l'air, des corrections, dont le détail trouvera sa place après l'étude de la densité de l'air.
Aérostats, — Les aérostats sont une application immédiate du principe d'Archimède.
De tous temps, l'homme a rêvé de s'élever dans les airs (*). Depuis Dédale et Icare, que la fable nous montre s'envolant de File de Crête, au moyen d'ailes collées à leurs épaules avec de la cire, plus d'un malheureux paya de sa vie la tentative de s'aventurer à son tour dans l'espace, soutenu par des ailes. Telle était pourtant la confiance de ces audacieux, que le savant bénédictin Olivier de Malmesbury, après s'être rompu les jambes dans une chute terrible, ne regrettait que d'avoir omis de se mettre une queue! Quand la
(^) Voir Figuier. Exposition et Histoire des principales découvertes scientifiques modernes» III. Paris, Masson ; 1855.
VioLLB, Cours de physique. — I. 53
pesanteur de Tair fut établie, à côté de ces désirs irréfléchis se fit jour ridée plus raisonnable de se tenir en équilibre dans Tatmosphère par Temploi de corps moins lourds que Tair lui-même. En 1670, le P. Lana (^) publiait le projet d'une barque volante, enlevée dans les airs par quatre sphères creuses en cuivre mince, àTintérieur desquelles on aurait fait le vide. Un siècle plus tard, le P. Gallien (') s'amusait à décrire un immense navire aérien soutenu par Fair raréfié. Il paraîtrait même qu'en 1736, à Lisbonne, un certain Gusman aurait réussi à s'élever de quelques mètres au moyen d'une sorte de machine aérostatique (')•
De tous ces projets, de toutes ces tentatives, rien ne subsistait quand les frères Montgolfier firent leur belle découverte. Voici, d'après Joseph Montgolfier lui-même, comment l'idée lui en vint (*). « Il se trouvait alors à Avignon. C'était en 1782, à Tépoque où les armées alliées faisaient le siège de Gibraltar. Seul, au coin d'une cheminée d'auberge, rêvant selon sa coutume, il songeait au moyen d'atteindre au corps de cette place, inaccessible par terre et par mer. Ne pourrait-on pas y arriver à travers les airs? La fumée s'élève dans la cheminée, pourquoi n'emmagasinerait-on pas cette fumée de manière à en composer une force disponible ? » 11 combine aussitôt son projet, construit un vaste parallélipipède de taffetas, le leste par en bas^ le remplit de fumée, et le voit monter vers le plafond au grand étonnement de son hôtesse. De retour près de son frère Etienne, que de semblables pensées avaient déjà préoccupé plus d'une fois, il se met à l'œuvre avec lui ; et, quelques mois plus tard, le 5 juin 1783, les deux frères présentaient aux Etats particuliers du Yivarais, réunis à Annonay, un vaste sac en toile d'emballage, doublé de papier, et cousu sur un réseau de ficelles s'atlachant en bas à un châssis qui maintenait l'ouverture libre et en même temps lestait l'appareil. Au-dessous de ce sac, pesant environ 5oo livres, ils allumèrent de la paille mouillée, mêlée de laine hachée, et bientôt
(*) P. Lana, Prodromo aU'arte maestra. Brescia; 1670. (*) P. Gallien, Traité sur Vart de naviguer dans les airs. Avignon; 1755. (3) Voir Blehzy, Revue des Deux-Mondes ; 1863, p. 269. {*) Voir DupuY DE LOME, Discours prononcé au centenaire des frères Montgollier, à Ânnonay, le 13 août 1883.