ÉQUILIBRE DES GAZ. — PRINCIPE D'ARGHIMËDE. B
on le yit s'enfler rapidement et s'arrondir en un beau globe de douze mètres de diamètre, que vingt bras vigoureux avaient grand peine à retenir. Puis, à un signal donné, ce globe s'élança rapidement dans les airs À plus de mille mètres, il y plana pendant dix minutes, après quoi il redescendit lentement jusqu'à terre.
Le retentissement de cette expérience fut immense. Le professeur Charles voulut la répéter au plus vite à Paris. Pour remplir son appareil, il décida immédiatement d'employer l'hydrogène^ que Cavendish avait découvert depuis peu d'années. Malgré les difficultés sans nombre d'une entreprise si nouvelle, en quelques semaines, avec le concours des frères Robert, habiles constructeurs d'instruments de physique, il fabriqua un ballon de taffetas gommé, de 4 mètres de diamètre, et il parvint à le remplir du gaz dégagé par l'action de l'acide sulfurique sur le fer. Le 27 août 1783, devant trois cent mille personnes, le premier ballon à hydrogène s'éleva du Champ-de-Mars, se soutint trois quarts d'heure dans les airs, et alla tomber auprès d'Ecouen, à cinq lieues de Paris.
Le 21 octobre de la même année, Pilastre du Rozier et le marquis d'Arlandes font en montgolfière le premier voyage aérien. Un mois plus tard, Charles entreprend à son tour une ascension pour laquelle il crée, en quelque sorte tout d'une pièce, l'art de l'aérostation.
C'est ainsi qu'il établit :
I** L'appendice inférieur, laissé ouvert pendant l'ascension pour éviter toute rupture par excès de pression du gaz trop dilaté.
2^ La soupape supérieure, au moyen de laquelle, en donnant issue au gaz intérieur, on détermine la descente lente et graduelle de l'aérostat.
3** Le lest, qui permet de régler l'ascension et de modérer la vitesse de chute, ou de se relever à propos.
4** Le fllet, enveloppant le ballon sans y être fixé, se prêtant à ses contractions ou dilatations, et répartissant également sur toute la surface la charge de la nacelle où s'embarquent les voyageurs.
5*" Enfin le baromètre, qui indique à chaque instant la hauteur à laquelle on se trouve dans l'atmosphère (*).
(*) A la môme époque, le physicien Lenormand inventa, à Montpellier, le parachute, qui n*a d'ailleurs jamais servi qu'à donner le spectacle émouvant d'un homme se précipitant d*une grande hauteur dans l'espace.
C'est avec un aérostat ainsi organisé et rempli seulement en partie {'), que Charles et Robert partirent du jardin des Tuileries,
Fig. 4C'l
le i" décembre 1783, et après deux beures d'une beureuse traversée, atterrirent dans la prairie de Nesles, à neuf lieues de Paris. Robert quitta la nacelle; mais Cbarles, voulant faire quelques expériences, s'élança de nouveau seul dans les airs, et en moins de dix minutes, il monta à plus de trois mille mètres. Là, il se livra à de rapides observations de physique, et au bout d'une demi-heure il
(') Charles avait lenu, non sans raison, à celte précaution omise parles frères Robert pour te ballon perdu du 37 aoAt ; malgré l'opposilion de Charles, ils avaient