MACHINES A COMPRIMER L'AIR
assez considérable, u. La pression n'augmente donc pas îndéBnimenl, mais pour cette seule cause tend vers une limite
En même temps la loi de variation de la force élastique est modifiée. On verra facilement qu'au «' coup
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Expériences avec la pompe à main. — Clésibius {i5o av. J.-C), à qui paraît être due la pompe de compression, t'aurait, dit-on, appliquée au fusil à vent, également de son invention ('). Dans l'appareil tel qu'on le construit actuellement, la crosse du fusil est creuse, et constitue un réservoir à l'inlérieur duquel de l'air est injecté à haute pression. Devant la soupape d'écoulement se fixe le canoD, dans lequel on introduit le projectile à la manière ordinaire. Si alors, au moyen d'une détente que le chien fait partir, on ouvre brusquement la soupape, un jet violent de gaz s'échappe du réservoir et lance au loin la balle. La soupape se referme aussitôt, et le fusil est prêt à servir de nouveau.
Un autre appareil, également très ancien, est la> /bntoi«firfet'om;»'(îsjion,que l'on trouve décrite en détail dans les Pneumatiques Ae Héron d'Alexandrie, le disciple célèbre de Ctésibius. L'expérience s'en répète habituellement dans les cours. p, 3^3 On comprime de l'air à l'intérieur d'un réservoir métallique, au fond duquel on a préalablement versé un peu
(<} La partie de la physique ancienne se rapportant aux gaz serait due à Ctésibius, si l'on en juge parce que rapporte Philon de Byzancc, l'un de ses élèves, dans son Traité sur la construction det macitùief à jet. C'est égalenient Clésibius qui inventa la pompe à incendie, emplovée plus tard par les Romains sous le nom de siplton qu'on a donné depuis à un tout autre appareil. (Voir De Rochas, Lm origines de la science. Paris, Hosson ; 18^4).
d'eau; on eDlève la pompe; el à sa place, sur la tubulure à robinet, prolongée inlérieurementpar un tube plongeur, on visse un ajutage étroit. Si alors ou ouvre le robinet, on voit l'eau jaillir à une grande hauteur.
Pompe Golaz. — De nos jours, les expériences sur la compressibilité et la liquéfaction des gaz ont réclamé des appareils plus puissants et plus parTails.
La 6gure SaS représente un excellent modèle de la pompe de com-
pression, dû à Golaz, et avec laquelle il put essayer à ao atmosphères tous les réservoirs el appareils construits jadis pour Regnault. La supériorité de cette pompe, d'une manœuvre facile, tient à la disposition des soupapes. Sous le disque métallique de chacune des sou-
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papes s et s' est placé un cuir S, solidement attaché par les bords, et entaillé de deux fentes en croissant, d'un rayon double de celui de l'orifice {marqué en ponctué sur le dessin du cuir S) ; on évite ainsi complètement les fuites qui ont toujours lieu par les soupapes entièrement en métal. L'air est aspiré suivant CD et refoulé en EFT. Pompe Cailletet. — M. Caîlletel (') a construit récemment une
pompe permettant de comprimer des masses de gaz considérab les sous des pressions de plusieurs centaines d'atmosphères.
(') Caillbtkt, AtMi. de akim. et de phyt., (5), XXIX, 153; 1883.
Reprenant ridée mise autrefois en avant par Regnault et réalisée par Kravogl dans sa machine pneumatique, M. Cailletet place sur le piston renversé A une couche de mercure qui, à chaque coup de piston, vient soulever la soupape conique d'ébonite S, en s'adaptant exactement sur le fond du corps de pompe. La soupape d'aspiration est supprimée, et remplacée par un robinet R qu'un système de cames ouvre et ferme en temps voulu. Le piston est mis en mouvement par un balancier, actionné lui-même, à Taide d'une bielle et d'une manivelle, par un volant auquel on imprime une rotation continue.
807. Applications de Fair comprimé. — Les applications de l'air comprimé sont nombreuses et importantes.
C'est l'air comprimé qui lance les dépêches dans les tubes pneumatiques formant le réseau télégraphique intérieur des grandes villes (*). A Paris, un système de tubes, de o",o65 de diamètre, relie entre eux les différents bureaux, à la manière d'un chemin de fer souterrain dans lequel les véhicules sont les boites à dépêches et le moteur l'air comprimé. Les dépêches sont empilées par groupes de 3o ou 4o dans des bottes en tôle recouvertes de cuir : dix boites et un piston forment un train pesant environ 4 kilogrammes. L'air à la pression voulue est préparé dans les stations, soit à l'aide d'une sorte de fontaine de Héron (311) alimentée parles eaux de la Ville, soit par l'action d'une machine foulante et aspirante avec moteur à vapeur. Les trains sont poussés ou aspirés par une différence de pression de trois quarts d'atmosphère, qui leur imprime une vitesse moyenne de i kilomètre par minute.
L'air comprimé permet de donner simultanément une heure sensiblement identique aux différentes horloges d'une même ville. Celte application intéressante, tentée en France par M. CoUin dès 1867, réalisée à Vienne en 1876, fonctionne à Paris depuis quatre ans.Unehorloge centrale, recevant directement l'heure de l'Observatoire, règle les émissions d'air comprimé dans la canalisation sur laquelle sont branchés les cadrans récepteurs. Toutes les minutes,
de l'air à un excès de pression de — d'atmosphère est lancé pendant
(*) Ce système, inauguré à Londres en 1854, est employé à Paris et à Berlin depuis 1865. Voir Rontemfs, La Nature , I; 1873.