‹ Cours de physique (volume 4)Chapitre 51 sur 402 · IL — STATIQUE · texte numérisé non relu

IL — STATIQUE

31. Force. — On appelle force tout ce qui est capable de modifier l'état de repos ou de mouvement d'un corps.

La notion de la force est une des plus simples et des plus certaines : elle nous vient de l'expérience de chaque instant. Nous ne pouvons changer un corps de place, le déformer, le briser sans avoir conscience de l'efTort que nous produisons. Nous voyons aussi immédiatement que dans toute force il y a trois choses à distinguer : le point d'application, la direction et l'intensité ; et ces choses sont

('; Lagrange, Mécanique analytique; Paris, 1788.

(') Parmi ces manières, il en est une qui redonne le mouvement hélicoîde. On retrouve donc ainsi l'axe central et en même temps un moyen facile de le déterminer.

si simples qu'il suffit de les nommer sans avoir autrement besoin de les définir.

Lorsque plusieurs forces agissant simultanément sur un corps en repos le laissent en repos, on dit qu'elles se font équilibre, La science de l'équilibre des forces est la statique (rraTtxri), branche purement rationnelle de la mécanique, comme la cinématique ; mais ici l'idée nouvelle qui vient s'ajouter à l'idée d'espace, unique base de la géométrie, est l'idée de force. Cette idée une fois introduite, la statique procède géométriquement. L'étude de la statique précédera donc logiquement celle de la dynamique, comme la formation de la statique a précédé celle de la dynamique des dix-huit siècles qui séparent Archimède de Galilée (*).

32. Mesure des forces : dynamomètres. — On appelle forces égales deux forces qui appliquées au même point en sens contraire se font équilibre. Une force est dite double d'une autre quand elle fait équilibre à deux forces égales à cette autre, sollicitant le même point dans la même direction. Une force est triple d'une autre quand elle fait équilibre à trois forces égales à celte autre, et ainsi de suite. Les intensités des forces peuvent donc être exprimées en fonction de l'une quelconque d'entre elles prise comme unité, c'est-à-dire mesurées.

Une force étant évaluée en nombre, on pourra la représenter par une longueur proportionnelle à ce nombre, portée dans la direction de la force à partir du point d'application : la force se trouvera ainsi représentée géométriquement.

L'unité ordinairement adoptée en mécanique est le kilogramme, c'est-à-dire la force avec laquelle la pesanteur sollicite un litre d'eau mesuré à 4^.

La comparaison des forces avec l'unité se fait au moyen des dynamomètres (8yva|jLi;, force ; ixixpov, mesure).

Ces appareils se composent tous essentiellement d'un ressort dont on peut noter la flexion : une force quelconque appliquée à l'instrument et produisant la même flexion qu'un poids de n kilogram-

(») Voir Duhamel, Cours de mécanique; Paris, 1853: Préface et Statique,

Page 1