La pesanteur agit également sur tous les corps
Le premier fait constaté est celui-ci : tous les corps, quelles qu'en
soient la masse et la nature, tombent avec la même
vitesse. Des faits d'observation courante ne paraissent
point vérifier celte proposition ; lorsque les corps tombent
dans l'aîr, ils tombent avec des vitesses différentes ; mais
ce phénomène est dû à la résistance variable que l'air leur
oppose selon leur différent volume. Galilée, du temps
(1589-1592) où il était professeur de mathématiques
à Pise (^), démontra par des expériences répétées, faites
du haut de la Tour penchée, que des corps de poids
différents tombent avec la même vitesse, contrairement
k Topinion alors universellement admise d'Aristote qui
soutenait que les corps tombent d'autant plus vile qu'ils
sont plus pesants (^).
Frenicle, puis Mariette, refirent en France ces expériences; en Angleterre, Desaguliers les reproduisit du haut du dôme de Saint-Paul, en présence de Newton qui imagina alors de donner une preuve plus concluante en opérant dans le vide. C'est à Newton que l'on doit en effet l'expérience du tube au moyen duquel on montre facilement que des corps de nature très différente [plomb, papier, plume, etc.), tombent également vite dans le vide. Si on laisse peu à peu rentrer l'air dans le tube de Newton^ les corps légers éprouvent des retards qui vont en augmentant graduellement.
La résistance de l'air au mouvement d'un corps qui tombe se fait différemment sentir suivant la surface par laquelle le corps agit
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(^) Galilée, né à Pise en 1364, mort à Arcetri, près Florence, en i642; (Eur^m complètes, édilion Alberi, i6 vol.; Florence, 1842-1856. ('] Voir Thdrot, Journal de Physique ^ III, 160; 1874. (') Stévin, contemporain de Galilée, avait de son côté réfuté Terreur des
lui-même sur l'air. Une feuille de papier tombe lenteineat : froissons-la de manière à en réduire la surface, elle tombera beaucoup plus vite. Deux feuilles de papier tombant, l'une à plat, l'autre de champ, auront des vitesses très différentes. On réalise un efTet tout semblable avec le double moulinet figuré ci-contre. Les ailes de l'une des roues B sont orientées dans des plans passant par Taxe do rotation ; celles de l'autre A sont toutes dans un même plan perpendiculaire à l'axe. On communique une' même vitesse initiale aux
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deux moulinets en laissant tomber un poids adapte à l'appareil. Ce poids entraine deux crémaillères qui engrènent sur des pignons fixés aux moulinets. Quand le poids arrive en bas, les deux crémaillères quittent les pignons qui peuvent tourner librement dans les échancrures CC. Les deux petits moulins eut ainsi reçu même im-
pËripatéliciens en laissanl tomber en môme temps sur une planctie de bois deux boules de plomb dont l'une était dix Tois aussi pesante que l'autre et en montrant qu'il n'7 avait pas de dilTérence appréciable dans les temps de chute.