‹ Cours de physique, purement expérimentale, à l'usage des gens du mondeChapitre 11 sur 196 · CENTRES DE GRAVITÉ · texte numérisé non relu

CENTRES DE GRAVITÉ

son centre de gravilé est situé vers le milieu de la partie inférieure du bassin, c'est-à-dire entre les deux os des hanches. La verticale abaissée du centre de gravité passe alors entre les deux pieds. Mais il n'en est plus ainsi pour un homme qui porte un fardeau, car son

propre poids se réuuissaut à celui qu'il porte, il en résulte un centre de gravité commun qui n'est ni celui du corps de l'homme ni celui du fardeau.

Dans ce caa, pour conserver sa stabilité, l'homme doit prendre une attitude qui maintienne son centre de gravité au-dessus de la base formée par ses deux pieds. C'est pour celle raison qu'un colporteurqui porte un lourd fardeau sur le dos est obligé de se pen-

46 pebantedh.

cher en avant ( Rg. !9 ]. Au contraire, un homme incommodé d'un gros ventre est contraint de se pencher en arrière. Celui qui porte un Tardeau d'une main, éprouve ia nécesstlé d'incliner son corps du c6té opposé (Sg.30).

Dans l'art du danseur de corde, la difficulté consiste à maintenir exactement le centre de gravité au-dessus de la corde. Pour obtenir plus facilement ce résultat, on voit ceux qui se livrent a cet exercice tenir à la main un long balancier de bois. Aussitôt qu'ils

se sentent incliner dans une direction , ils avancent le balancier dans la direction opposée, et comme le centre de gravité commun au balancier et aux danseurs se déplace en même temps, ceux-ci parviennent â maintenir ce point au-dessus de la corde, et, par suite, à conserver leur équilibre.

45. Balanoef. — On nomme balancei des appareils destinés à faire connaître le poids des corps. Ces appareils, qui sont d'un usage continuel dans les relations commerciales, dans les manufactures, dans les laboratoires des physiciens et des chimistes , ont reçu des formes variées. Nous ne décrirons ici que la balance ordinaire qu'on rencontre sur les comptoirs des marchands.

Celle balance se compose d'une barre métallique AB, nommée

fléau (fig. 31), qui n'est autre chose qu'un levier du premier genre. Ce fléau est traversé, en son milieu, par un axe triangulaire n, en acier trempé, qu'on appelle le couteau; celui-ci, faisant

Fig. 31. — Balance du

saillie des deux côtés du fléau, s'appuie, à ses extrémités, sur deux supports portés eux-mêmes sur une longue colonne de cuivre. Ces supports sont en acier trempé et poli, afin de rendre le frottement plus doux lorsque la balance oscille. Aux deux bouU du fléau sont

suspendus, à l'aide de crochets et de cordeaux, deux plateaux ou bassins C et D, destinés à recevoir, l'un les objets que l'on veut peser, l'autre les grammes et multiples du gramme dont on se sert comme unités de poids. Enûn, à la partie supérieure du fléau est fixée une longue aiguille métallique, qui oscille avec lui devant un petit cadran a, au milieu duquel elle doit correspondre quand le fléau est bien horizontal.

Cela posé, pour déterminer avec la balance le poids d'un corps, on place ce dernier dans l'un des plateaux, dans le plateau D, par exemple , et dans l'autre on met des poids jusqu'à ce que l'équilibre s'établisse, c'est-à-dire jusqu'à ce que le fléau soit parfaitement horizontal. Le nombre de grammes qui se trouvent alors dans le plateau G indique le poids du corps, autant, toutefois, que la balance satisfait aux conditions suivantes.

46. Gondîtîont auxquelles doit satisfaire une bonne balance. —

Pour obtenir des pesées exactes avec une balance, il faut que celle-ci remplisse les conditions que nous allons faire connaître.

\ " Les bras de levier An et Bw du fléau doivent être rigoureusement égaux. En effet, on a vu, dans la théorie du levier (33), que, pour qu'il y ait équilibre lorsque la puissance et la résistance sont égales entre elles, il faut que les bras de levier sur lesquels agissent ces forces soient eux-mêmes égaux. Par conséquent, les grammes placés dans l'un des plateaux ne peuvent représenter exactement le poids du corps placé dans l'autre, qu'à la condition que les bras de levier An et Bn soient parfaitement égaux entre eux,

2* II faut que la balance soit sensible, c'est-à-dire qu'elle oscille même pour une très-petite différence de poids dans les deux plateaux. C'est pour obtenir ce résultat que le couteau et ses supports doivent être en acier poli et trempé, afin de rendre le frottement de ces deux pièces l'une sur l'autre le plus doux possible. On ajoute encore à la sensibilité de la balance, en donnant à l'aiguille na une plus grande longueur, car alors une légère inclinaison du fléau est plus apparente.

3* Enfin, il est nécessaire que le centre de gravité du fléau soitun peu au-dessous du couteau. S'il coïncidait avec l'arête de celui-ci , et , par suite , avec le point d'appui , le centre de gravité .

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