‹ Cours de physique, purement expérimentale, à l'usage des gens du mondeChapitre 118 sur 196 · RÉFLEXION DE LA LUMIÈRE · texte numérisé non relu

RÉFLEXION DE LA LUMIÈRE

une image de l'ouverture C. Or, si avec un instrument propre à mesurer les angles, on compare l'angle d'incidence CDA avec celui de réflexion ADB, on trouve qu'ils sont rigoureusement égaux; ce qui prouve la première loi énoncée ci -dessus.

On vérifie la seconde en constatant que les deux rayons CD, DB et la normale AD sont dans un môme plan vertical.

Dans le dessin ci -dessus, on a représenté par des flèches le sens dans lequel la lumière se propage ; il en sera de même dans toutes les constructions d'optique qui nous restent à faire connaître.

S!59. La réflexion de la lumière n'est jamais complète. — La

lumière incidente sur un corps poli n'est jamais complètement réfléchie : toujours une certaine portion en est éteinte, absorbée par la surface réfléchissante. Par exemple, si l'on représente par ^00 la quantité de lumière incidente, la portion réfléchie le sera par SO, 90, 95, suivant la nature et le degré de poli du corps réfléchissant, mais jamais elle ne s'élèvera jusqu'à 100.

Les meilleurs réflecteurs sont les métaux polis , surtout quand ils sont blancs, comme le mercure, l'argent. Les corps noirs ne réfléchissent pas la lumière. Les corps translucides en renvoient une petite quantité, en absorbent plus ou moins suivant leur épaisseur, et laissent passer le reste; c'est ce qui arrive pour l'air, l'eau, le verre et tous les milieux transparents.

Pour une même substance, la quantité de lumière réfléchie augmente non-seulement avec le degré de poli, mais encore avec l'obliquité des rayons incidents. Par exemple, si l'on regarde très-obliquement une feuille de papier blanc, placée devant une bougie, la quantité de lumière réfléchie est alors assez considérable pour donner une image pâle de la flamme, efiet qui ne se produit pas avec des rayons moins obliques.

260. Réflexion irrégulière, lumière diffuse. — La réflexion qui

s'opère à la surface des corps polis, suivant les deux lois énoncées précédemment (258), se désigne sous le nom de réflexion régvr- Hère , et aussi sous le nom de réflexion spéctUaire, d'un mot latin qui veut dire miroir^ parce que ce n'est que sur les corps présentant une surface parfaitement lisse et polie, que la lumière se réfléchit régulièrement. Sur les corps à surface rugueuse, la réflexion est irrégulière, c'est-à-dire qu'elle n'est plus soumise aux deux

lois connues. En effet, si dans Texpérience représentée dans la figure 457, on reçoit le faisceau CD, non plus sur un miroir, mais sur un corps mat et dépoli, non -seulement celui-ci est visible dans la direction DB qui correspond à la réflexion régulière, mais on l'aperçoit encore de tous les points où l'on se place dans la chambre obscure, et à toutes les hauteurs; d'où l'on conclut qu'il y a de la lumière réfléchie dans toutes les directions et sous toutes les obliquités, ce qui est contraire aux lois de la réflexion.

Ce phénomène que présente la réflexion de la lumière sur les corps rugueux, est connu sous le nom de diffusion, et on l'explique par la structure même de ces corps, qui présentent une infinité de petites aspérités dont les facettes, plus ou moins inclinées, les unes dans un sens, les autres dans un autre, réfléchissent la lumière dans toutes les directions.

La lumière diffuse joue un rôle important dans le phénomène de la vision. En effet, tandis que les corps lumineux sont visibles par eux-mêmes, les corps opaques ne le sont que par la lumière diffuse qu'ils renvoient en tous sens. Ainsi, lorsque nous contemplons un meuble, un tableau, une fleur, c'est la lumière diffuse réfléchie de tous côtés par ces objets qui nous les fait voir dans quelque direction que nous nous placions par rapport à la lumière qui les éclaire. Si les corps opaques ne réfléchissaient la lumière que régulièrement, ce ne sont pas eux que nous verrions, mais, faisant l'office de miroirs, ils ne nous donneraient que l'image des corps lumineux dont ils nous renverraient la lumière ; s'ils ne réfléchissaient pas du tout, ils nous paraîtraient tous également noirs et se confondraient les uns avec les autres. Par exemple, deux corps, l'un blanc et l'autre noir, placés dans les ténèbres sont également invisibles, parce que celui qui est blanc ne recevant pas de lumière ne peut pas en réfléchir. Enfin, c'est la lumière diffuse réfléchie par l'air, par les nues, par le sol, qui éclaire nos appartements et tous les corps qui ne sont pas directement exposés aux rayons solaires; et plus un corps nous envoie de lumière diffuse, plus nous le distinguons nettement. Par exemple, de l'intérieur de nos maisons, nous voyons bien les objets extérieurs, parce que ceux-ci sont fortement éclairés; mais de dehors noua n'apercevons que confusément, dans l'intérieur d'un appartement,

Page 1