‹ Cours de physique, purement expérimentale, à l'usage des gens du mondeChapitre 147 sur 196 · VISION · texte numérisé non relu

VISION

de très-près. Ils arrivent encore à voir plus distinctement en contractant les paupières ou en regardant à travers un petit trou percé dans une carte, parce qu^alors le diamètre du faisceau lumineux qui pénètre dans l'œil étant très-diminué, les rayons ne traversent le cristallin que tout à fait en sa partie centrale, et, par suite, étant moins affectés de son excès de convexité, ils vont former leur foyer plus loin. La myopie se rencontre surtout chez les jeunes gens; à mesure qu'on vieillit, la convexité de l'œil décroît, en sorte que la vue des myopes s'améliore, en général , à l'âge où les autres vues s'affaiblissent.

Le presbytisme, qui est le contraire de la myopie, a pour cause l'aplatissement du cristallin. L*œil n'étant plus alors assez convergent, les rayons, au lieu d'aller former leur foyer sur la rétine, tendent à le former au delà, ce qui fait que la rétine ne perçoit encore qu'une image confuse. Mais si les objets qu'on regarde s'éloignent, l'image se rapproche du cristallin et vient se former exactement sur la rétine dès que ces objets sont assez éloignés, ce qui explique comment les presbytes ne peuvent voir que de loin.

On remédie à la myopie, en plaçant devant les yeux des lentilles divergentes; par l'effet de ces verres, le faisceau s'épanouissant davantage avant son entrée dans l'œil, le foyer du cristallin se trouve reculé jusqu'à la rétine, à condition toutefois que le degré de divergence des verres soit convenablement approprié à l'excès de convexité de l'œil. Pour les presbytes, au contraire, on doit faire usage de verres convergents, afin de corriger le manque de convexité de l'œil. Les rayons devenant ainsi plus convergents avant leur entrée dans l'œil, l'image qui tendait à aller se former au delà de la rétine s'en rapproche et vient se produire exactement sur cette membrane.

On a longtemps fait usage exclusivement de verres biconcaves pour les myopes, et de verres biconvexes pour les presbytes. Mais nous ne pouvons trop recommander aux personnes qui portent des lunettes de ne faire usage que des lentilles concaves-convexes représentées en 0 dans la figure i86, si elles sont presbytes; et de celles représentées en R (fig. 187), si elles sont myopes. Ces verres, dont l'usage a été importé d'Angleterre en France par M. Biot, sont connus sous le nom de verres périscopiques ^ de deux mots

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grecs qui signifient voir autour, parce que leur forme môme leur permettant de mieux embrasser le globe de Tœil , ils Cacilitent la vision dans toutes les directions, et, par suite, déforment moins les objets et fatiguent beaucoup moins la vue que les autres verres.

326. Visîon avec les deux yeux. — Quoique nous ayons deux yeux, et que lorsque nous les fixons sur un même objet, il se forme sur chaque rétine une image, cependant nous ne voyons qu'un objet, de même qu'avec les deux oreilles nous n'entendons qu'un son. On a fait différentes hypothèses pour expliquer la vue simple avec les deux yeux. Les uns l'ont regardée comme un effet de l'habitude; d'autres, l'attribuant à une cause physiologique, ont émis l'opinion que deux points semblablement placés sur les deux rétines correspondent à un même filet nerveux qui, venant du cerveau , se bifurque vers chaque œil ; d'où il résulte que des deux impressions simultanées qui se produisent sur les deux rétines naît finalement une sensation unique.

La vision simultanée avec les deux yeux n'a pas seulement pour effet de nous faire voir les corps avec plus d'éclat, mais de nous donner la perception nette de leur relief, ainsi que le démontre la charmante expérience du stéréoscope.

327. Stéréotoope. — Le Stéréoscope^ ainsi nommé de deux mots grecs qui signifient voir solide, voir avec les trois dimensions, est un ingénieux appareil imaginé, à Londres, par M. Wheatstone, en i838, et modifié tel qu'il est aujourd'hui par M. Brewster. Ce dernier l'importa en France en 1850, où il fut bientôt popularisé par M. Duboscq et par l'abbé Moigno ; le premier en ayant construit un grand nombre, et le second en ayant donné la description et la théorie dans une petite brochure.

Pour se rendre compte de l'effet du stéréoscope, il importe d'observer que lorsque nous regardons un objet avec les deux yeux , chaque œil ne le voit pas rigoureusement sous le même aspect, mais avec une perspective un peu différente. Par exemple, soit un petit cube, comme un dé ,à jouer, placé à une faible distance, et regardé successivement avec un seul œil , la tète restant immobile. Si le cube tourne directement une face vers l'observateur, celui-ci regardant avec l'œil gauche voit cette face et un peu aussi la face latérale gauche, l'autre restant cachée; au contraire, s'il regarde

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