‹ Cours de physique, purement expérimentale, à l'usage des gens du mondeChapitre 148 sur 196 · VISION · texte numérisé non relu

VISION

de l'œil droit, il voit encore la face antérieure, mais actuellement c'est la face droite qui apparaît et la gauche qui est cachée. On constate donc ainsi que les images qui se forment sur les deux rétines ne sont point identiques ; cela provient de ce que chacune correspond à un point de vue différent. Or, c'est cette différence d'images qui nous donne la sensation du relief des corps solides, et nous met à même d'apprécier leur forme et leur distance. Cela posé, qu'on trace sur une feuille de papier, à quelques centimètres l'un de l'autre, deux dessins d'un même objet, respectivement avec la perspective appartenant à l'œil droit et à l'œil gauche; puis que chaque œil regarde séparément le dessin qui lui correspond au travers de prismes ou de lentilles qui fassent coïncider les deux dessins, en donnant aux rayons lumineux la même direction que s'ils partaient d'un objet unique; il est évident que l'impression produite sur chaque rétine sera alors identiquement la même que si l'on avait l'objet devant les yeux. En effet, l'illusion est si complète que quelque prévenu que l'on soit, il est impossible de ne pas y être trompé, tant sont vrais les effets de relief et de perspective.

Tel est le principe du stéréoscope. La figure 234 fait voir la marche des rayons lumineux dans cet instrument. En A est le dessin de l'objet vu de l'œil gauche, en B celui du même objet vu de l'œil droit. Les rayons partis de ces deux images tombent sur deux lentilles m et n, et prennent, après les avoir traversées, exactement la même direction que s'ils venaient du point G; c'est donc là qu'apparaît en relief l'objet représenté en A et B.

Il est indispensable que les deux lentilles w et n impriment exactement la même déviation aux rayons, et pour cela elles doivent être rigoureusement identiques; M. Brewster a atteint ce résultat en coupant en deux une lentille biconvexe, et en plaçant la moitié

Fig, 234, — Marche des rayons dans le stéréoscope.

droite devant l'œil gauche, puis la moitié gauche devaat l'œil droit, romme le représente la 6gure ci-dessus.

Pour produire ta sensation du relief, les deux images dissemblables placées en A et en B doivent donner, de deux points de vue différents, une reproduction si âdële du même objet qu'il serait impossible de les exécuter à la main ; aussi n'est-ce qu'avec le daguerréotype qu'on peut y parvenir. La ôgure 135 représente deux

igraphique pou

épreuves plioto graphiques prises, sous un angle un peu différent, d'après une statuette de Franklin. On voit que celle de gauche est plus de face; c'est celle que doit regarder l'œil gauche, tandis que l'autre, qui est plus de profil, doit être vue de l'œil droit. Ces deux épreuves étant placées dans le stéréoscope, elles disparaissent pour l'observateur, car alors les deux sensations particulières à chaque œil se réunissent pour montrer une image unique, comme le représente la figure 336; et l'original apparaît sous une forote solide avec un relief si parfait qu'aucun effort d'imagination ne saurait faire croire qu'on n'a devant les yeux qu'un dessin sur une surface plane.

Le stéréoscope représenté cl -contre diffère un peu des stéréoscopes ordinaires; au lieu d'être fixées dans deux tubes, les lentilles

oculaires, qui sont larges et en contact par leurs bords, sont montres a la nianiëre d'un lorgnon. De cette disposition, due à M. Duboscq , il résulte que quel que soit l'écartement des deux yeux ,

Fig. us. — Ebt da nlid du» la atiréouopa.

dans tous les cas, la vision s'opère nellement, ce qui peut ne pas avoir lieu quand les lentilles sont plus petites et montées dans des tubes, l'écartement de ces derniers n'élant pas toujours le même que celui des yeus de l'obsen'ateur.

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