CHAPITRE X
ELECTRO-MAON^TiaME.
395. Relation entre le magnétlnme et l'éleotricité. — On remarqua de bonne heure l'analogie qui lie les fluides électriques aux fluides magnétiques, en ce sens que dans l'électricité de même que dans le magnétisme, chaque fluide se repousse ki-même et attire le fluide contraire. De plus, on avait observé que la foudre en tombant sur un navire renverse souvent les pôles des aiguilles de boussoles, quelquefois même leur enlève toute leur propriété magnétique. Mais si c'était là autant de points de rapprochement entre l'électricité et le magnétisme, d'un autre côté, les dissemblances étaient nombreuses : par exemple, les fluides magnétiques ne sont pas transmis comme les fluides électriques par les corps
éLKCTRO-MAGKÉTISME. 499
conducteurs; mis en communication avec le sol, un aimant ne revient pas h l'élat neutre, comme le fait en pareil cas un corps électrisA; enfin, l'électricité peut se développer sur tous les corps, tandis que le magnétisme ne se manifeste que dans un très-petit nombre de substances. Au milieu de ces ressemblances et de ces dissemblances, on no pouvait donc rien affirmer sur l'identité des causes qui produisent l'électricité et le magnétisme ; lorsqu'à la fin de 1819, GErsted, professeur de physique à Copenhague, fit une mémorable découverte, qui désormais liait intimement l'un k l'autre ces deux agents physiques. L'illustre physicien donna ainsi naissance à toute une branche nouvelle de la physique , qu'on a désignée sous le nom d' électro-magnétisme , pour exprimer que les phénomènes qu'elle fait connaître sont h la fois du domaine du magnétisme et de l'électricité.
39r). Action dei oouranti lur lea aimant*. — (Krsled avRlt déjà
Fig ÎBJ
fait de nombreuses tentatives pour constater la baiion qui selon lui, de>ait exiiter entre le magnétisme et 1 électricité, lorsqu i) trouva que les courants électriques " ont une action directrice sur I aiguille aimantée el tendent toujours à la diriger perpendiculairement à leur propre direction n
500 BLRCTRICITB.
Pour vériGer cette action des courants sur les aimants , on dispose l'expérience comme le fait voir la figure 293. Une aiguille aimantée, mobile sur un pivot, étant en équilibre dans la direction du méridien magnétique, on en approche un fil parcouru par un courant voltaïque, en ayant soin de le présenter à Taiguille dans le sens de sa longueur. Or, on voit alors Taiguille dévier de sa position d'équilibre, osciller et s'arrêter dans une position sensiblement perpendiculaire à celle du courant ; nous disons sensiblement perpendiculaire, parce que le magnétisme terrestre tend toujours à ramener l'aiguille dans sa première position (333).
Dans l'expérience d'Œrsted, le sens dans lequel est dévié le pôle austral de l'aiguille (celui qui regarde le nord) varie avec la direction du courant : si celui-ci va du sud au nord, au-dessus de l'aiguille, le pôle est dévié vers l'ouest; si, au contraire, il va du nord au sud , toujours au-dessus de l'aiguille , c'est vers l'est que se dirige le même pôle. Enfin , quand le courant passe au-dessous de l'aiguille, les mêmes phénomènes se reproduisent, mais en sens inverse.