Hauteur moyenne du baromètre. — Lorsqu'on observe la
hauteur du mercure dans le baromètre, on remarque, ainsi que nous l'avons déjà dit ci-dessus (111 ), que cette hauteur subit des variations continuelles, non -seulement d'un jour à l'autre, mais encore dans une même journée. Toutefois, dans nos climats, ces variations ne se produisent que dans des limites assez restreintes. A Paris, la plus grande hauteur qu'on ait observée est de 78 centimètres, la plus faible de 72 ; encore le baromètre n'atteint -il ces deux limites qu'exceptionnellement. Les variations du baromètre augmentent à mesure qu'on avance vers les pôles de la terre ; elles diminuent, au contraire, quand on se rapproche de l'équateur.
BAROMETRES. 1^9
La hauteur du baromètre pouvant varier d'heure en heure, on appelle hauteur moyenne d'un jour ^ celle qu'on obtient en faisant la somme des 24 hauteurs observées successivement d'heure en heure, pendant un jour et une nuit, et en divisant ensuite cette somme par 24. Or, on a remarqué que la hauteur moyenne de chaque jour est sensiblement celle qui a lieu à midi.
De même, on nonune hauteur moyenne de l année celle qu'on trouve en faisant la somme des 365 hauteurs observées chaque jour à midi, pendant toute une année, et en divisant ensuite cette somme par 365. Au niveau des mers, par exemple, au Havre, à Cherbourg, à Brest, la hauteur moyenne de l'année est de 76 centimètres ; à Paris, elle est un peu moindre, ce qui s'explique parce que Paris étant plus haut que le niveau des mers de 34 mètres, la pression de l'atmosphère y est moindre.
4<I6. Causes des variations de la hauteur barométrique. —
Puisque la hauteur du baromètre varie constamment dans de certaines limites, il faut en conclure qu'il en est de même du poids de l'atmosphère. Lorsque la hauteur de la colonne de mercure s'élève dans le tube, ce qu'on exprime en disant que le baromètre monte, c'est évidemment signe que le poids de l'atmosphère augmente, et quand elle baisse, cela indique que ce poids diminue. Mais comme la masse totale d'air qui enveloppe la terre est toujours la même, ce n'est pas le poids total de l'atmosphère qui varie, c'est seulement son poids sur certaines portions de la surface du globe, en sorte que ce poids augmentant dans un lieu, il diminue dans un autre ; c'est, en effet, ce que démontre le baromètre, car lorsqu'il monte dans une contrée, on remarque qu'il descend dans quelque autre plus ou moins éloignée.
Ces variations partielles du poids de la masse de l'air sont toujours dues à des changements de température qui se produisent dans l'atmosphère ; changements qui ont pour cause l'influence des saisons, l'abondance des pluies , la direction des vents. En effet , lorsqu'une région de l'atmosphère s'échauff'e plus que les régions voisines, l'air s'y dilate, devient plus léger, s'élève et se répand au loin sur les contrées environnantes. Le poids de l'atmosphère augmenta donc partout où se porte l'air dilaté, et décroît, au contraire, là où il y a dilatation. Si, au contraire, l'atmosphère se
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refroidit sur une certaine étendue du globe, l'air s'y condensant, une nouvelle masse d'air y afflue et le poids de l'atmosphère augmente.
117. Relation entre la hauteur du baromètre et Tétat de Tatmotphère. — En comparant la hauteur du baromètre à l'état de l'atmosphère, on a remarqué que, dans nos climats, cette hauteur est généralement au-dessus de 76 centimètres, quand il fait beau; au-dessous de ce point, lorsqu'il pleut ou qu'il fait du vent; et, enfin , que sur un certain nombre de jours où le baromètre marque 76, il y a, en moyenne, autant de jours de beau temps que de jours de mauvais. D'après cette coïncidence entre l'état du ciel et la hauteur du baromètre, on a marqué les indications suivantes sur le baromètre :
Hanteur. Etat de ratmosphëre>
731 millimètres tempête.
740 — grande pluie.
749 — pluie ou vent.
758 — variable.
767 — beau temps.
776 — beau fixe.
785 — très-sec.
Dans les baromètres décrits ci -dessus (fig. 76 et 77), ce sont ces indications qui sont inscrites sur une plaque de métal placée au haut des tubes, sur leur gauche. 11 suffit ainsi de voir à laquelle de ces indications correspond le mercure dans le tube, pour avoir l'état probable de l'atmosphère.
118. Baromètre à cadran. — Le baromètre à Cadran est spécialement destiné à indiquer le beau et le mauvais temps. C'est un baromètre à siphon (112) dont la branche la plus courte est ouverte (fig. 79). Au-dessus est une petite poulie sur laquelle s'enroule un fil portant deux petites ampoules de verre a et 6, pleines de mercure. L'ampoule a, pesant plus que l'autre, tend à descendre en faisant tourner la poulie de gauche à droite; c'est ce qui arrive toutes les fois que le mercure s'abaisse dans la petite branche, c'est-à-dire toutes les fois que la pression atmosphérique augmente.
BAROMETRE!
Au contraire, quand la pression atmosphérique diminue le mercure gabaissant dans la grande branche monte dans la petite;
Biromëtre i cadran.
l'ampoule a est donc soulevée, et la poulie tourne de droite a gauche. Or, l'axe de la poulie porte une aiguille qui tourne avec elle sur un cadran, comme le repr^nle la figure 78. C'esl sui
i'dt ATMOSPHÈRE.
ce cadran que sont inscrits par leurs initiales les mots tempête^ grande pluie, pluie ou vent, etc.
Nous avons remarqué qu'en général on a peu de confiance dans les indications du baromètre. Cela tient à ce que la plupart de ces instruments en usage dans les maisons particulières sont défectueux. Maniés maladroitement par ceux qui les transportent, ils contiennent le plus souvent une assez grande quantité d'air dans leur partie supérieure, et alors effectivement leurs indications sont fausses. Mais lorsqu'un baromètre est bien construit* on doit avoir confiance dans ses indications. Elles sont surtout extrêmement probables quand on voit le mercure monter ou descendre lentement pendant plusieurs jours de suite. On est à peu près certain d'avoir du beau temps dans le premier cas, et du mauvais dans le second. Quant aux variations brusques , elles présagent généralement le mauvais temps et surtout les grands vents.
La coïncidence qui existe, dans nos climats, entre la hauteur du baromètre et l'état de l'atmosphère est facile à expliquer. En effet, par les vents du sud et du sud-ouest, qui sont les plus chauds, l'air qui nous arrive est dilaté; de plus, en traversant les mers, cet air s'est chargé de vapeur d'eau , qui est moins dense que lui : par ces deux raisons, l'atmosphère pèse moins, et, par suite, le baromètre descend, tandis qu'en même temps les vapeurs contenues dans l'air se condensent par le refroidissement et se résolvent en pluie. Au contraire, les vents du nord et du nord-est, qui sont les plus froids, nous apportent un air plus dense qui fait monter le baromètre; mais comme ces vents ont traversé de vastes continents, ils sont desséchés et accompagnés, ea général, d'un ciel pur et serein.