INTENSITÉ DE LA LUMIÈRE
trouve périodiquement éclipsé à des intervalles de temps égaux.
Cela posé, tant que la terre occupe la portion de son orbite la plus voisine de Jupiter, comme dans la figure ci-dessus, les éclipses se reproduisent régulièrement toutes les 42 heures, 28 minutes et 36 secondes; mais à mesure que la terre, en tournant autour du soleil, s’éloigne de la planète, on observe un retard d’une éclipse à la suivante; et lorsqu’au bout de six mois la terre a passé de la position T à la position t, il s’est produit un retard de 46 minutes et 36 secondes. Or, en passant de la position T à la position t , la terre s’est éloignée de Jupiter de deux fois la distance du soleil à notre globe, et comme cette distance est de 38 millions de lieues, on en conclut que c’est pour franchir l’intervalle Tf, de 76 millions de lieues, qu’il a fallu un excès de temps de 46 minutes et 36 secondes, ou 996 secondes; résultat qui correspond à la prodigieuse vitesse de 77000 lieues par seconde.
Pour rendre appréciable, s’il est possible, une aussi énorme vitesse, remarquons que pôur parcourir cet espace de la terre au soleil, franchi par la lumière en 8 minutes et 48 secondes, un boulet de canon exigerait plus de 47 années; et qu’avec la vitesse de locomotion des chemins de fer, 50 kilomètres à l'heure, il faudrait trois siècles et demi.
Malgré l’immense vitesse de la lumière, les étoiles qui scintillent au firmament sont séparées de notre globe par des intervalles si considérables, que, pour les plus rapprochées, les rayons lumineux qu’elles nous envoient mettent plus de trois ans à se propager jusqu’à nous. Quant aux étoiles qui ne sont visibles qu’à l’aide du télescope, on démontre en astronomie qu’il en est de si éloignées qu’il faut des milliers d’années pour que leur lumière nous parvienne. Qu’on juge alors quelle est l’immensité des cieux, et combien notre globe est petit en comparaison de cet infini !
257. Intensité de la lumière, loi de son décroissement ; photomètre.— L’intensité d’une source lumineuse, c’est-à-dire l’énergie de son éclat, se mesure par la quantité de lumière qu’elle transmet sur une surface déterminée, par exemple, sur un écran d’un mètre carré de superficie. Or, vu la divergence des rayons lumineux émanés d’une même source, cette quantité de lumière, cette intensité
décroissent rapidement à mesure que le corps éclairé s’éloigne du corps lumineux. En effet, on démontre par des considérations géométriques que l' intensité de la lumière est en raison inverse du carré de la distance; c’est-à-dire qu’à une distance double le corps éclairé reçoit quatre fois moins de lumière; à une distance triple, neuf fois moins, et ainsi de suite.
On vérifie cette loi à l’aide d’un appareil connu sous le nom de photomètre , de deux mots grecs qui signifient mesure de la
Fig. 156. — Photomètre de Rumford.
lumière. Il se compose d’un écran de verre dépoli A, fixé verticalement sur une petite planchette de bois (fig. 156). Devant cet écran est une tige opaque 6, au delà de laquelle sont les lumières qu’on \eut comparer, de manière que les ombres portées par la tige viennent se former sur l’écran. Or, on remarque que les ombres sont exactement de môme teinte quand les deux lumières ont le même éclat; mais si l’une d’elles est plus intense que l’autre, l’ombre qui lui correspond présente une teinte plus foncée; et, dans ce cas, pour donner aux deux ombres la môme teinte, il faut reculer progressivement la lumière la plus éclatante.