Évaluation de la preuion atmosphérique en kilogrammes
— Une fois qu’on est arrivé à savoir qu’à la surface de la terre les corps supportent, de la part de l’atmosphère, la même pression que s’ils étaient recouverts d’une couche de mercure de 76 centimètres de hauteur, il devient facile d’évaluer cette pression en kilogrammes. En effet, si l’on considère d’abord une surface de 1 centimètre carré, cette surface supportera la pression d’une colonne de mercure qui aurait 1 centimètre carré de base et 76 centimètres de hauteur. Or, cette colonne pouvant évidemment être divisée en 76 parties égales, chacune de 1 centimètre cube, son volume sera donc de 76 centimètres cubes. Cela posé, le centimètre cube d’eau pesant 1 gramme, pour le mercure qui est 13,6 fois plus dense que l’eau, le centimètre cube doit peser 13«r,6; donc la colonne de mercure qu’on vient de considérer pèse 76 fois 13^,6 ou 1MI,033*r. Or, puisqu’on a vu ci-dessus que la pression de l’atmosphère, sur une surface donnée, est la même que celle d’une couche de mercure de 76 centimètres de hauteur, on peut donc dire que le poids de l’atmosphère, sur 1 centimètre carré, est de 1kil,033*r. Sur 1 décimètre carré, qui vaut 100 centimètres carrés, cette pression est 100 fois plus grande, c'est-à-dire 103kll,300&r; et sur 1 mètre carré, qui vaut 100 décimètres carrés, elle est de 10330 kilogrammes.
Cette pression de 1k,1,033P'. par chaque centimètre carré de
ATMOSPHERE
surface, se désigne sous le nom de pression d’une atmosphère; et on entend par pression de deux, trois, quatre atmosphères, une pression égale à 2, 3, 4 fois 1kil,033*r par centimètre carré. Si l’on dit, par exemple, qu’une vapeur ou un gaz renfermé dans un vase clos est à la pression de 6 atmosphères, cela signifie que cette vapeur ou ce gaz, en vertu de sa force expansive, exerce, sur chaque centimètre carré de la paroi intérieure du vase, une pression équivalente à 6 fois 1kil,033p, c’est-à-dire à 6kil,198sr.
1 10. Expérience* de Patcal — Aussitôt que l’expérience du tube de Torricelli fut connue en France, Biaise Pascal, voulant s’assurer que c’était bien la pression atmosphérique qui soutenait le mercure dans le tube, fit les deux expériences suivantes :
1° Voulant constater si, la pression atmosphérique diminuant, la hauteur du mercure dans le tube diminuerait aussi, ce qui serait la prouve que c’est bien la pression de l’atmosphère qui soutient cette colonne, Pascal pria un de ses parents, qui habitait l’Auvergne, de répéter sur la montagne du Puy-de-Dôme l’expérience de Torricelli. Or, le poids de l’atmosphère décroissant à mesure qu’on s’élevait, puisque l’observateur avait au-dessus de lui une masse d’air moins considérable qu’au pied de la montagne, on observa que le mercure s’abaissait d’autant plus dans le tube, que celui-ci était porté plus près du sommet de la montagne, et qu’il s’élevait de nouveau dans le tube lorsqu’on redescendait; ce qui prouva que c’est bien la pression de l'atmosphère qui fait monter le mercure dans le tube.
2° Pascal se dit encore que si c’était effectivement la pression atmosphérique qui soutenait le mercure dans le tube, et non une propriété particulière à ce liquide, on devait, en changeant de liquide, obtenir des hauteurs d’autant plus grandes que le liquide serait moins dense, ce qui était nécessaire pour que la pression, à l’intérieur du tube, fut constamment égale à la pression extérieure de l’atmosphère. En conséquence, il fit à Rouen, en 1646, cette deuxième expérience : il prit un tube semblable à celui de Torricelli, mais de 15 mètres de hauteur; puis l’ayant rempli de vin et renversé dans une cuve contenant le même liquide, Pascal observa que le vin s’abaissait d’abord dans le tube, puis s’arrêtait à une hauteur de 10 mètres et demi, c’est-à-dire à une hau-
D A ROMKTRES.
teur environ 14 fois plus grande que celle du mercure, ce qui confirmait sa prévision, puisque le vin est à peu près 14 fois moins dense que le mercure.
BAROMÈTRES
111. Baromètre à cuvette. — Le baromètre est un instrument qui sert à mesurer la pression atmosphérique, ainsi que l’indique son nom formé de deux mots grecs qui signifient mesure du poids , sous-entendu de l’air. Le tube de Torricelli décrit ci-dessus (fig. 75) est un véritable baromètre; mais pour que cet instrument pût mesurer avec précision la pression de l’atmosphère et fût portatif, il a fallu en modifier la forme, comme nous allons le faire connaître.
Observons d’abord qu’on distingue deux sortes de baromètres : le baromètre à cuvette et le baromètre à siphon. La figure 76 représente la forme qu’on donne le plus souvent au baromètre à cuvette. Il se compose d’un tube de verre ai de 86 centimètres de longueur environ, et de près de 1 centimètre de diamètre extérieurement. Ce tube, qui est fermé par un bout et ouvert à l’autre, est rempli de mercure et retourné ensuite de manière à plonger, par l’extrémité ouverte, dans une cuvette circulaire A, de verre et en partie pleine de mercure, mais dont la moitié antérieure seule est visible, l’autre moitié s’engageant dans une planchette d’acajou, sur laquelle est fixé tout le baromètre. La cuvette se termine en dessous par une partie sphérique, qui est remplie de mercure et dans laquelle plonge le tube ai. Enfin, au haut du même tube, sur sa droite, est une échelle de cuivre divisée en millimètres, et destinée à mesurer la hauteur du mercure dans le tube. Pour cela, la graduation de cette échelle part du niveau même du mercure dans la cuvette, c’est-à-dire que le zéro de l’échelle correspond à la surface du mercure dans cette cuvette. D’après cela, si le sommet de la colonne de mercure dans le tube correspond, par exemple, au nombre 760 sur l’échelle, cela indique que la colonne de mercure, depuis son sommet a jusqu’au niveau du mercure dans la cuvette, a une hauteur de 760 millimètres, ou 76 centimètres. On ne
ATMOSPHERE
trace pas toute l'échelle du haut en bas de la planchette, parce que cela est inutile, le niveau du mercure, dans le tube, ne variant
que de quelques centimètres, à moins qu’on ne s’élève à une grande hauteur dans l'atmosphère; dans ce cas, la partie graduée de l’échelle doit être plus grande.
On vient de voir que le point de départ de la graduation de l’échelle barométrique est le niveau du mercure dans la cuvette; or, cela suppose que ce niveau est constant , ce qui n’est pas tout à fait exact. En effet, la pression atmosphérique variant constamment, comme nous le verrons bientôt (115), lorsqu’elle augmente, une certaine quantité de mercure passe de la cuvette dans le tube, et, par suite, le niveau s’abaisse dans la cuvette; au contraire, si la pression atmosphérique diminue , une plus ou moins grande quantité de mercure retourne du tube dans la cuvette, et le niveau remonte dans celle-ci. Le niveau du mercure variant ainsi très-fréquemment, il en résulte que rarement il se trouve correspondre au zéro de l’échelle. C’est pour corriger, en grande partie, cette cause
Fig. 76. — Baromitre à cuvette.
d’erreur qu’on donne à la cuvette la forme représentée dans la figure 76. Sa partie supérieure, celle qui correspond au niveau du mercure, est très-large, d’un décimètre de diamètre environ; de
BAROMÈTRES
la sorte, le mercure qui passe de la cuvette dans le tube, ou de celui-ci dans celle-là, se trouvant réparti sur une grande surface, la variation de niveau est peu sensible et peut être négligée.
On construit aussi des baromètres à cuvette dans lesquels l’erreur dont nous venons de parler est corrigée en adaptant à la cuvette un fond flexible en peau de chamois. Quand le mercure, dans la cuvette, est plus bas que le zéro de l’échelle, on soulève le fond et, par suite, le mercure, à l’aide d’une vis de pression placée au-dessous de la cuvette. Si le mercure est plus haut que le zéro, on l’abaisse en tournant la vis en sens contraire; et, dans les deux cas, on parvient facilement à faire correspondre le niveau du mercure au zéro de l’échelle. Ce genre de baromètre à cuvette a reçu la dénomination de Baromètre de Fortin , du nom de son inventeur.
D’après les détails dans lesquels nous venons d’entrer, il est facile de comprendre comment fonctionne le baromètre représenté dans la figure 76. Pour cela, observons qu’au point i, où le tube pénètre dans la cuvette, celle-ci n’est pas complètement close par le tube, en sorte que l’air pouvant circuler entre le tube et la paroi intérieure de la tubulure qui surmonte la cuvette, la pression atmosphérique se transmet librement dans celle-ci. Cela posé, la surface du mercure, dans la cuvette, supportant la pression de l’atmosphère, c’est cette pression qui soutient la côlonne de mercure ai en dedans du tube. Vient-elle à augmenter, le mercure s’élève; diminue-t-elle, il s’abaisse. Or, comme on voit la hauteur barométrique varier ainsi non -seulement d’un jour à l’autre, mais plusieurs fois dans une même journée, c’est là un signe que la pression atmosphérique change elle-même constamment.
Pour compléter la description du baromètre à cuvette, ajoutons qu’une petite plaque c représentée au haut de l’instrument, entre le tube et l’échelle graduée, est mobile et peut glisser à frottement doux dans une coulisse parallèle au tube. A cette plaque, qu’on nomme le curseur, est fixée une petite lame métallique horizontale qui se recourbe devant le tube sans le toucher. Amenée au niveau du mercure dans le tube, cette lame correspond, par un bout, aux divisions de l’échelle graduée, et, par l’autre, à des inscriptions gravées sur une seconde plaque, à gauche du tube, inscriptions dont
(if.
ATMOSPHERE
nous verrons bientôt l’usage (H 7). Enfin, au milieu de la planchette, des deux côtés du tube, sont deux thermomètres destinés à faire connaître la température de l’air. Un de ces thermomètres contient du mercure, l’autre de l’alcool. Un seul suffirait; ce n’est que comme ornement qu’on en pose deux sur la planchette.
H 2. Baromètre à siphon. — Le baromètre à siphon n’a pas de cuvette ; il se compose simplement d’un tube de verre recourbé en deux branches inégales et contenant du mercure(fig. 77). Ces deux branches sont fermées à leurs extrémités supérieures, mais la petite est ouverte latéralement au point i. C’est par cette ouverture que la pression atmosphérique se transmet sur le mercure en b. La partie supérieure de la grande branche, au-dessus du sommet a de la colonne de mercure, est vide, comme dans le baromètre à cuvette. Par conséquent, il est évident que la colonne de mercure qui est dans la grande branche, de a en b , est soutenue par la pression atmosphérique qui s’exerce en b sur la surface du mercure ; c’est donc la hauteur de la colonne ab qui fait connaître le poids de l’atmosphère. Pour mesurer cette hautcuron adapte, le long du tube, une échelle graduée en millimètres, de même que dans le baromètre à cuvette. Seulement ici le zéro de l’échelle n’est plus à la partie inférieure de la colonne ab , mais en son milieu, entre les deux thermomètres ; en sorte qu’on a réellement deux échelles, l’une dont la graduation va en montant du milieu du tube vers le sommet a, et l’autre dont la graduation descend du milieu du tube vers la petite branche. Do ces deux échelles on ne conserve que les parties extrêmes, l’une le long de la petite branche et l’autre au haut de la grande. Cela posé, pour avoir la hauteur
Fig. 77. — Baromètre à siphon.
BAROMETRES.
du mercure dans le baromètre à siphon, on fait marcher deux curseurs, analogues à celui déjà décrit dans le baromètre à cuvette, jusqu’à ce qu’ils correspondent au niveau du mercure en a et en b. Puis lisant sur les échelles les nombres qui sont en regard, on en fait la somme, et le résultat est la hauteur cherchée, en millimètres. Par exemple, si le curseur supérieur c correspond à 376, et le curseur inférieur à 380, la hauteur du baromètre, au moment de l’expérience, est 376 plus 380, ou 756 millimètres.
Le baromètre représenté dans la figure fig. 77. est connu sous le nom de baromètre de Gay-Lussac, parce que c’est ce physicien qui, le premier, a réuni entre elles la grande et la petite branches de l’instrument, à leur partie inférieure, par un tube capillaire, comme on le voit dans le dessin ci -contre. Cette modification a pour objet, lorsqu’on incline le baromètre, de s’opposer au passage de l’air de la petite branche dans la grande; condition qui est nécessaire, car si de l'air pénétrait en o, dans le vide barométrique, l’instrument ne donnerait plus que des indications fausses (113).
113. Conditions pour que les indications du baromètre soient exactes. — Pour qu’un baromètre, soit à cuvette, soit à siphon, donne des indications précises, il est nécessaire que la partie supérieure du tube, qui est vide de mercure, soit aussi vide d’air et d’humidité. En effet, s’il restait un peu d'air au haut du tube, cet air, en vertu de sa force élastique, refoulerait la colonne de mercure et l’empêcherait d’atteindre la hauteur qu’elle doit avoir pour représenter la pression de l’atmosphère. Il en serait encore de même si le haut du tube contenait de l’humidité, car celle-ci donnerait naissance à des vapeurs, et nous verrons, dans l’étude de la chaleur, que les vapeurs possèdent, comme les gaz, une force expansive plus ou moins grande. Or, sur les tubes de verre il y a toujours une couche d’air et d’humidité adhérente aux parois, tant à l’intérieur qu’à l’extérieur. Sous la pression ordinaire de l’atmosphère, cette couche abandonne difficilement le verre, mais dans le vide barométrique, où il n’y a pas de pression, elle s’en sépare, et de là résulte un mélange d’air et de vapeur qui agit, comme nous l’avons dit ci-dessus, pour abaisser la colonne de mercure.
On ne parvient point à chasser l’air et l’humidité qui adhèrent au tube en remplissant celui-ci de mercure; il faut encore faire
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bouillir lo mercure dans le tube même. Pour cela, on place celui-ci plein de mercure, et l’extrémité ouverte en haut, sur une grille de fil de fer inclinée, et on en approche lentement des charbons incandescents jusqu’à ce que l’ébullition se manifeste. En la prolongeant quelques minutes, l'air et l’humidité sont complètement entraînés par les vapeurs de mercure qui se dégagent.
On reconnaît si un baromètre est bien purgé d’air et d'humidité en l’inclinant doucement : le mercure se rapproche alors de l’extrémité du tube et le frappe en rendant un coup sec et métallique, quand il n’y a ni air ni humidité qui amortissent le choc; mais le coup est sourd, s’il reste de l'air ou de l'humidité.
114. Préférence donnée au mercure pour la oonitruction de* baromètres. — 11 est facile de se rendre compte pourquoi on se sert du mercure pour la construction des baromètres. En effet, étant plus dense que tous les autres liquides, il en faut une hauteur moindre pour faire équilibre à la pression de l’atmosphère. Par exemple, si au lieu de mercure on introduisait de l’eau dans le tube barométrique, ce dernier liquide étant à peu près 13 fois et demie moins dense que le mercure, il en faudrait une hauteur 13 fois et demie plus grande que 76 centimètres, hauteur ordinaire du mercure, c’est-à-dire environ 10 mètres. Le tube du baromètre devrait donc avoir la même hauteur, ce qui serait tout à fait impraticable. De plus, l’eau produirait dans le vide barométrique des vapeurs qui déprimeraient la colonne liquide, ce qui n’a pas lieu avec le mercure, parce que celui-ci n’émet pas de vapeur à la température ordinaire de l’atmosphère.
115. Hauteur moyenne du baromètre. — Lorsqu’on observe la hauteur du mercure dans le baromètre, on remarque, ainsi que nous l’avons déjà dit ci-dessus (111 ), que cette hauteur subit des variations continuelles, non -seulement d’un jour à l’autre, mais encore dans une même journée. Toutefois, dans nos climats, ces variations ne se produisent que dans des limites assez restreintes. A Paris, la plus grande hauteur qu’on ait observée est de 78 centimètres, la plus faible de 72 ; encore le baromètre n’atteint- il ces deux limites qu’exceptionnellement. Les variations du baromètre augmentent à mesure qu’on avance vers les pôles de la terre ; elles diminuent, au contraire, quand on se rapproche de l’équateur.
It A KOM ET RE S.
La hauteur du baromètre pouvant varier d’heure en heure, on appelle hauteur moyenne d'un jour, celle qu’on obtient en faisant la somme des 24 hauteurs observées successivement d’heure en heure, pendant un jour et une nuit, et en divisant ensuite cette somme par 24. Or, on a remarqué que la hauteur moyenne de chaque jour est sensiblement celle qui a lieu à midi.
De même, on nomme hauteur moyenne de l'année celle qu’on trouve en faisant la somme des 365 hauteurs observées chaque jour à midi, pendant toute une année, et en divisant ensuite cette somme par 365. Au niveau des mers, par exemple, au Havre, à Cherbourg, à Brest, la hauteur moyenne de l’année est de 76 centimètres; à Paris, elle est un peu moindre, ce qui s’explique parce que Paris étant plus haut que le niveau des mers de 34 mètres, la pression de l’atmosphère y est moindre.
116. Causes des variations de la hauteur barométrique. — Puisque la hauteur du baromètre varie constamment dans de certaines limites, il faut en conclure qu’il en est de même du poids de l’atmosphère. Lorsque la hauteur de la colonne de mercure s’élève dans le tube, ce qu’on exprime en disant que le baromètre monte , c’est évidemment signe que le poids de l’atmosphère augmente, et quand elle baisse, cela indique que ce poids diminue. Mais comme la masse totale d’air qui enveloppe la terre est toujours la même, ce n’est pas le poids total de l’atmosphère qui varie, c’est seulement son poids sur certaines portions de la surface du globe, en sorte que ce poids augmentant dans un lieu, il diminue dans un autre ; c’est, en effet, ce que démontre le- baromètre, car lorsqu’il monte dans une contrée, on remarque qu'il descend dans quelque autre plus ou moins éloignée.
Ces variations partielles du poids de la masse de l’air sont toujours dues à des changements de température qui se produisent dans l’atmosphère; changements qui ont pour cause l’influence des saisons, l’abondance des pluies, la direction des vents. En effet, lorsqu’une région de l’atmosphère s’échauffe plus que les régions voisines, l’air s’y dilate, devient plus léger, s’élève et se répand au loin sur les contrées environnantes. Le poids de l’atmosphère augmente donc partout où se porte l’air dilaté, et décroît, au contraire, là où il y a dilatation. Si, au contraire, l’atmosphère se
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refroidit sur une certaine étendue du globe, l'air s’y condensant, une nouvelle masse d’air y afflue et le poids de l’atmosphère augmente.
117. Relation entre la hauteur du baromètre et l’état de l'atmosphère. — En comparant la hauteur du baromètre à l’étal de l’atmosphère, on a remarqué que, dans nos climats, cette hauteur est généralement au-dessus de 76 centimètres, quand il fait beau; au-dessous de ce point, lorsqu’il pleut ou qu’il fait du vent; et, enfin, que sur un certain nombre de jours où le baromètre mar- * que 76, il y a, en moyenne, autant de jours de beau temps que de jours de mauvais. D’après cette coïncidence entre l’état du ciel et la hauteur du baromètre, on a marqué les indications suivantes sur le baromètre :
État de l’atmosphère.
tempête, grande pluie, pluie ou vent, variable, beau temps, beau fixe, très -sec.
Dans les baromètres décrits ci-dessus ( fig. 76 et 77), ce sont ces indications qui sont inscrites sur une plaque de métal placée au haut des tubes, sur leur gauche. Il suffit ainsi devoir à laquelle de ces indications correspond le mercure dans le tube, pour avoir l’état probable de l’atmosphère.
118. Baromètre à cadran. — Le baromètre à cadran est spécialement destiné à indiquer le beau et le mauvais temps. C’est un baromètre à siphon (112) dont la branche la plus courte est ouverte (fig. 79). Au-dessus est une petite poulie sur laquelle s’enroule un fil portant deux petites ampoules de verre a et b, pleines de mercure. L’ampoule a, pesant plus que l’autre, tend à descendre en faisant tourner la poulie de gauche à droite; c’est ce qui arrive toutes les fois que le mercure s’abaisse dans la petite branche, c’est-à-dire toutes les fois que la pression atmosphérique augmente.
Hauteur.
731 millimètres.
BAROMÈTRES
Au contraire, quand la pression atmosphérique diminue, le mercure s’abaissant dans la grande branche, monte dans la petite;
Fig. 78. Fig. 79.
Baromètre à cadran.
l’ampoule a est donc soulevée, et la poulie tourne de droite à gauche. Or, l’axe de la poulie porte une aiguille qui tourne avec elle sur un cadran, comme le représente la figure 78. C’est sur
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ce cadran que sont inscrits par leurs initiales les mots tempête , grande pluie, pluie ou vent, etc.
Nous avons remarqué qu’en général on a peu de confiance dans les indications du baromètre. Cela tient à ce que la plupart de ces instruments en usage dans les maisons particulières sont défectueux. Maniés maladroitement par ceux qui les transportent, ils contiennent le plus souvent une assez grande quantité d’air dans leur partie supérieure, et alors effectivement leurs indications sont fausses. Mais lorsqu’un baromètre est bien construit, on doit avoir confiance dans ses indications. Elles sont surtout extrêmement probables quand on voit le mercure montor ou descendre lentement pendant plusieurs jours de suite. On est à peu près certain d’avoir du beau temps dans le premier cas, et du mauvais dans le second. Quant aux variations brusques, elles présagent généralement le mauvais temps et surtout les grands vents.
La coïncidence qui existe, dans nos climats, entre la hauteur du baromètre et l’état de l’atmosphère est facile à expliquer. En effet, par les vents du sud et du sud-ouest, qui sont les plus chauds, l’air qui nous arrive est dilaté; de plus, en traversant les mers, cet air s’est chargé de vapeur d’eau , qui est moins dense que lui : par ces deux raisons, l'atmosphère pèse moins, et, par suite, le baromètre descend, tandis qu’en même temps les vapeurs contenues dans l’air se condensent par le refroidissement et se résolvent en pluie. Au contraire, les vents du nord et du nord-est, qui sont les plus froids, nous apportent un air plus dense qui fait monter le baromètre; mais comme ces vents ont traversé de vastes continents, ils sont desséchés et accompagnés, en général, d’un ciel pur et serein.
(19. Mesure de la hauteur des montagnes par le baromètre. —
L’usage le plus important qu’on ait fait du baromètre est de l’appliquer à mesurer la hauteur des montagnes au-dessus du niveau des mers. En effet, si l’on conçoit l’atmosphèro partagée en couches horizontales d’égale épaisseur, en cent couches, par exemple, un baromètre placé au niveau des mers, au Havre, je suppose, supportera le poids de ces cent couches, et nous avons vu (115) que pour faire équilibre à ce poids, il atteindra moyennement la hauteur de 7(3 centimètres. Mais si on élève ce baromètre dans
HAHOMKTRES.
l’atmosphère jusqu’au-dessus de la dixième couche, il ne supportera plus que le poids des 90 couches qui sont au-dessus de lui, poids nécessairement moindre que celui qu’il supportait d’abord. Le mercure devra donc s’abaisser dans le baromètre. Il baissera encore si on le conçoit porté au-dessus de la vingtième couche; et ainsi de suite jusqu’à la limite de l’atmosphère, s’il était possible d’y porter le baromètre. Là, il ne supporterait plus aucune pression, et le niveau serait le même dans le tube que dans la cuvette.
Puisque le baromètre baisse à mesure qu’on s’élève, on peut, de la quantité dont il s’abaisse, déduire la hauteur à laquelle on est au-dessus du niveau des mers. Si l’air avait toujours la même densité jusqu’à la dernière limite de l’atmosphère, un calcul bien simple ferait connaître cette hauteur; car l’air étant à peu près dix mille fois moins pesant que le mercure, si on trouvait que le baromètre s’est abaissé d’un centimètre, on en conclurait que la colonne d’air qui fait équilibre au mercure dans le tube, a diminué dix mille fois plus ou d’environ 100 mètres : telle serait donc la hauteur à laquelle on se trouverait. Mais la densité de l’air décroissant nécessairement à mesure qu’on s’élève, puisque les couches d’air supportent un poids de moins en moins considérable, la mesure des hauteurs par le baromètre n’est pas aussi simple que nous venons de le supposer ; aussi n’est-ce que par le calcul que la hauteur de la colonne de mercure dans le baromètre peut conduire à la mesure des hauteurs des montagnes.
La hauteur moyenne du baromètre qui, au niveau des mers est de 0", 763, n’est plus à Paris que de 0“,756; d’où l’on conclut, par le calcul, que le sol de Paris est élevé de 34 mètres au-dessus de la surface de la mer.
1 20. Hauteur de l’atmosphère. — L’air pris à la surface de la terre, pesant à peu près 10400 fois moins que le mercure, il s’ensuit que s’il conservait toujours la même densité jusqu’à la limite de l’atmosphère, il en faudrait, pour faire contre-poids à la colonne de mercure du baromètre, une hauteur égale à 10400 fois 76 centimètres, ou près de 8000 mètres. Mais comme la densité de l’air décroît rapidement à mesure qu’on s’élève, la colonne barométrique ne peut être maintenue en équilibre que par une hauteur
ATMOSPHERE
d’atmosphère beaucoup plus considérable. Or, en ayant égard, d’un côté, au décroissement de densité de l’air dans les hautes régions de l’atmosphère, de l’autre, à sa condensation toujours croissante par le refroidissement à mesure qu'on s’élève, on a trouvé par le calcul que la hauteur de l’atmosphère est d’environ 60 kilomètres.