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PRODUCTION ET PROPAGATION DU SON

144. Objet de l’acoustique, cause du son. — On nomme acoustique, d’un mot grec qui signifie entendre, la partie de la physique qui traite des sons, c’est-à-dire qui a pour objet de faire connaître comment ils se forment et commeiit ils se transmettent d’un lieu à un autre; cette science s’occupe aussi des rapports qui existent entre les sons, mais abstraction faite des sentiments et des passions qu’ils peuvent éveiller en nous, car les sons considérés sous ce point de vue, rentrent dans le domaine de la musique. Pour se convaincre de l’intérét qu’offre l’étude de l’acouStique, il suffit d’observer que deux de nos organes, la voix et l’ouïe, sont exclusivement affectés, l’un à produire des sons, l'autre à les percevoir.

Le son est une sensation particulière excitée dans l’organe de l’ouïe. Il a toujours pour cause un mouvement de va-et-vient rapide imprimé aux molécules d’un corps élastique, et communiqué par celui-ci aux couches d’air avec lesquelles il est en contact. En effet, prenons pour exemple une corde d’instrument fortement tendue, qu’on pince ou qu’on fait vibrer avec un archet (fig. 107). Lorsqu’on a fait passer cette corde de sa position d’équilibre acb, où elle est rectiligne, à la position adb, où elle est curviligne, tous ses points se trouvent plus ou moins éloignés de leur position d’équilibre; d’où il résulte qu’aussitôt que la corde est abandonnée à elle-même, elle fend , en vertu de son élasticité, à reprendre sa position première acb. Elle y revient, en effet, mais,

ACOUSTIQUE

en vertu de sa vitesse acquise, elle la dépasse et s’écarte au delà jusqu’en aeb, tous ses points étant alors très-sensiblement autant éloignés de leur position d’équilibre qu’ils l’étaient en adb. Or, l’élasticité de la corde agissant actuellement comme la première fois, non-seulement la corde, revient à la position acd , mais elle la dépasse de nouveau, et ainsi de suite, faisant des écarts de moins en moins grands, comme le représentent les lignes ponctuées dans la figure ci -après, jusqu’à ce qu’elle revienne enfin à son état d’équilibre primitif. On voit donc que chaque point de la corde est animé d’un mouvement de va-et-vient, ou mouvement vibratoire, tout à fait comparable à celui du pendule (52). Comme pour celui-ci, le passage de la position adb à la position aeb constitue une oscillation simple; tandis que l’allée et le retour d’une position à

Fig. 107. — Vibrations des cordes.

l’autre forment une oscillation double ou complète; c’est-à-dire que l’oscillation complète est formée de deux oscillations simples consécutives.

Tout corps qui vibre ainsi en rendant un son, est un corps sonore. Les 'oscillations des corps sonores sont trop rapides pour qu’on puisse les compter et même les voir d'une manière distincte. Cependant, on peut les rendre sensibles à l’œil de plusieurs manières. Par exemple, si l’on fait résonner un globe de verre un peu grand, en le frappant avec le doigt, puis qu’on approche une petite bille d’ivoire suspendue à un fil, on voit celle-ci recevoir des chocs rapides des parois de ce globe, ce qui prouve leur mouvement vibratoire. Ou bien , on fixe horizontalement une plaque de métal par un de ses points, et on place dessus une légère couche de sable fin, puis on la fait vibrer en passant un archet sur ses bords; aussitôt le sable s’agite d’une manière remarquable, saute et retombe avec une grande vitesse, ce qui est évidemment dû aux vibrations de la lame.

145, Propagation du ton dan» l’air, ondea tonoret. — Après

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