‹ Cours de physique purement expérimentaleChapitre 74 sur 199 · POUVOIR KM1SS1F · texte numérisé non relu

POUVOIR KM1SS1F

nant est la propriété que possèdent les corps d émettre plus ou moins facilement la chaleur, qu’ils contiennent; c’est donc l’inverse du pouvoir absorbant.

C’est encore au moyen de l'appareil représenté dans la figure 141 que Leslie a comparé entre eux les pouvoirs émissifs des corps. Seulement, dans ce cas, ce n’est plus la boule focale du thermomètre qu’on recouvre successivement de diverses substances, ce sont les faces du cube de fer-blanc dans lequel est l’eau chaude. Par exemple, une de ces faces conservant son étamage, la seconde est noircie avec du noir de fumée, sur la troisième est collée une feuille de papier blanc, et enfin sur la quatrième est appliquée une plaque de verre.

Or, si l’on tourne d'abord la face noircie vers le réflecteur, le thermomètre marque une forte élévation de température, ce qui indique que le cube envoie alors beaucoup de chaleur vers le réflecteur. Si l’on présente ensuite la face recouverte de papier, on voit l’index du thermomètre revenir un peu vers la boule focale ; d’où l’on conclut que le papier émet moins de chaleur que le noir de fumée; avec la face recouverte d’une plaque de verre, le thermomètre accuse une émission encore moindre; enfin, c’est la face de fer-blanc pour laquelle l'émission est la plus faible.

En procédant ainsi, Leslie a trouvé que ce sont le noir de fumée et l’eau qui ont le plus grand pouvoir émissif ; viennent ensuite le papier, le verre blanc ordinaire, puis les métaux. L’ordre dans lequel sont ici rangés les corps d’après leurs pouvoirs émissifs étant le môme que celui qui a été trouvé plus haut (193) pour les pouvoirs absorbants, on en conclut que les corps qui rayonnent le plus de chaleur sont aussi ceux qui en émettent davantage. Du reste, des expériences directes faites par deux physiciens français, Dulong et Petit, ont prouvé que pour chaque substance le pouvoir émissif est toujours rigoureusement égal au pouvoir absorbant.

195. Causes qui modifient les pouvoirs réfléchissant, absorbant et émissif. — La propriété de réfléchir, d’absorber ou d’émettre plus ou moins facilement le calorique ne varie pas seulement d’une substance à une autre, mais plusieurs circonstances peuvent encore la faire varier pour un même corps. Les principales sont le poli plus ou moins parfait des surfaces, l'accroissement de densité,

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l'obliquité des rayons incidents, la nature de la source de chaleur et enfin la coloration des corps.

Leslie constata, le premier, qu’un miroir concave concentre d’autant plus de chaleur à son foyer qu’il est poli avec plus de soin ; et de là il avait conclu que le pouvoir réflecteur croissait d’une manière générale avec le degré de poli des surfaces, et que les autres pouvoirs, au contraire, diminuaient. Mais depuis les expériences de Leslie on a reconnu que c’est l’augmentation de densité qui tend surtout à rendre le pouvoir réflecteur plus grand. Par exemple, l’expérience représentée dans la figure 138 réussit beaucoup mieux et peut se faire à une distance double, si les miroirs, au lieu d’être travaillés et polis au tour, ont été battus à froid sur une enclume à coups de marteau. Dans ce cas, ils ont été écrouis, c’est-à-dire que les molécules se sont rapprochées, le métal est devenu plus dense, à la surface surtout, et il réfléchit davantage la chaleur. Les substances qui ne sont pas susceptibles de s'écrouir sous le marteau, comme le marbre, l’ivoire, ne réfléchissent ni plus ni moins, qu’elles soient polies ou qu’elles ne le soient pas.

Le pouvoir réflecteur varie encore avec l’obliquité des rayons incidents. Plus ils sont inclinés, mieux ils sont réfléchis; au contraire, plus leur direction s’approche de la perpendiculaire à la surface qui les reçoit, moins ils sont réfléchis. C’est une des raisons pour lesquelles le sol s’échauffe plus l’été que l’hiver; car, l’été, les rayons solaires sont moins obliques, par suite moins réfléchis par le sol et mieux absorbés.

Quant aux pouvoirs absorbant et émissif, comme ils sont toujours en raison inverse du pouvoir réflecteur, il découle de ce qui précède qu’en écrouissant un métal, il absorbe et émet moins facilement la chaleur; il en découle aussi que les rayons incidents les plus facilement absorbés par un corps sont ceux qui sont perpendiculaires à sa surface.

Le pouvoir absorbant varie encore avec la nature de la source de chaleur. Par exemple, pour une môme quantité de chaleur incidente, le blanc de céruse en absorbe à peu près deux fois plus, si elle est émise par un cube plein d’eau chaude à 100 degrés, que si elle l’est jwr une lam|»e. Le noir de fumée, au contraire, absorbe

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