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EFFETS PHYSIQUES

496. Pointe. Nous avons déjà vu qu'en plaçant une pointe sur les conducteurs de la machine électrique, il devient impossible de la charger, parce que tout le fluide produit s'échappe aussitôt par cette pointe ; dans l'obscurité il en jaillit une aigrette lumineuse (a).

{a) Dans les machines dispose'es de manière à donner du fluide n^atif, il ne se produit dans celle expérience qu'un point lumineux : il faut donc

Une pointe placée vis-à-vis des conducteurs de la machine , à une proximité suflTsanle, empêche aussi de la charger. En effet, le fluide naturel de la pointe est décomposé par influence, son fluide positif (u) est repoussé dans le sol, tandis que son fluide négatif s'accumule dans cette pointe et s'élance à travers l'air sur le conducteur, qu'il fait repasser sans cesse à Télat naturel.

497. Carillon. On suspend au conducteur de la machine électrique une lige métallique horizontale (f. 535) qui supporte, au moyen d'une chaînette en métal, un petit timbre a, et au moyen de fils de soie, des timbres 6 et c qui communiquent avec le sol. Les timbres b e\. c sont, par l'influence du fluide positif des conducteurs, électrisés négativement, tandis que le timbre a, qui correspond avec la machine, l'est positivement: d'après cela, les petits pendules ra et « , suspendus par des fils de soie, vont successivement de l'un à l'autre des timbres voisins a el b , a et c.

498. Danse. On suspend au conducteur de la machine électrique un plateau métallique a (f. 354) qui supporte par des cordons de soie un second plateau métallique b, correspondant avec le sol : d'après cette disposition , il est évident que le plateau a est électrisé positivement , et que celui b l'est négativement par influence. De petites figures en papier ou en moelle de sureau sauteront donc de l'un à l'autre de ces plateaux.

499. Tableaux magiques. On appelle ainsi des dessins formés par la disposition de parcelles métalliques , collées sur du verre (f. 355). Si l'on fait correspondre l'une de ces parcelles avec la machine électrique et celle opposée en b avec le sol, et qu'on charge la machine, on aperçoit le dessin formé par une série de petits points lumineux. Ces points lumineux sont de petites étincelles qui jaillissent entre chaque deux parcelles métalliques consécutives; en effet, la parcelle a électrisée positivement, décompose par influence le fluide naturel delà suivante^ attire son fluide négatif et se combine avec lui à travers l'air, en formant étincelle : la seconde parcelle, métallique , à laquelle il ne reste

admettre d'après cela que le fluide négatif éprouve plus de résistance de la part de l'air que le fluide positif.

(a) Il est toujours entendu qu'on parle des machines ordinaires, qui sont ëlectrlsëes positivement.

ainsi que du fluide positif, agit de niêoie sur la troisième, el cette action se propage jusqu'à la dernière, dont le fluide positif se porte dans le sol. En disposant ces parcelles conreuablement, on fait ainsi des dessins étincelauts , des tubes étincelants-, etc.

500. Ptrce-carte f Jusion , expansion. En faisant passer, au moyen de l'excitateur universel , une étincelle électrique à travers uue carte, une lame de verre ou une lame de pierre , ces objets sont percés de part en part.

Eu faisant communiquer les deux tiges du même instrument par un Cl métallique, suffisamment mince, ce fil éprouve une haute chaleur, au moment où la décharge se fait. Un fil d'or, de cuivre ou d'argent est immédiatement fondu ; un fil de fer ou une lame d'étain brûlent aussitôt. Par des expériences analogues on peut faire voir que le fluide emporte dans son passage des parcelles matérielles. En traversant les liquides, il les projette; en traversant les gaz , il leur doune également une grande expansion; aussi peut-on lancer une balle'par Texpansion du gaz renfermé dans un instrument appelé mortier élcctritjue.

501. PASSAGE ET LUMIERE DU FLUIDE ÉLECTRIQUE. Le passage du fluide électrique à travers les corps, se fait, non par translatiou , mais par vibration, par la décomposition successive du fluide naturel de chaque section du corps conducteur. On suppose ainsi que la partie extrême d'un corps s'électrisant , par exemple , positivement, son fluide décompose le fluide naturel de la section suivante, et se combine avec son fluide négatif, en sorte que dans cette deuxième section il ne reste plus que du fluide positif, qui agit alors sur la troisième couche d'une manière semblable. On peut se faire une idée exacte de ce passage du fluide électrique à travers les corps en se rappelant ce qui se passe dans les tableaux magiques , dont les parcelles métalliques nous représentent fidèlement les couches successives du corps. Plusieurs expériences tendent à confirmer l'hypothèse que nous venons d'exposer. C'est ainsi que en faisant passer à travers une carte une étincelle électrique assez forte pour la percer, on remarque que les bords du trou sont feutrés des deux côtés de la carte; or il est évident que si le passage du fluide avait lieu par translation, tout d'une pièce, d'un côté de la carte a l'autre, le bord du trou ne serait feutré que de ce dernier côlé seulement. Cette expérience

prouve donc qu'il y a eu un mouvement vibratoire dans l'épaisseur même de la carte , et confirme par conséquent l'hypothèse que nous avons posée.

502. Le fluide électrique, quelle que soit son intensité, ne produit jamais aucune apparence lumineuse, lorsqu'il est en repos; mais lorsqu'il est en mouvement, il produit aussitôt des phénomènes de lumière. C'est ainsi que le passage du fluide électrique à travers un fil métallique assez fin le rend lumineux , et que ce passage à travers l'air produit l'étincelle. On regardait autrefois la lumière comme produite par la commotion exercée par le fluide sur les molécules matérielles. Oa admet plus généralement aujourd'hui que la lumière électrique est produite par la combinaison des fluides , qui se fait entre chaque deux couches successives du corps, ainsi que nous l'avons expliqué. Il est facile de se rendre compte, d'après celte manière de voir, de la lumière électrique; en efl'et, on regarde chaque atome de matière pondérable comme se trouvant naturellement à l'état électrique positif ou négatif. Ces atomes ainsi électrisés décomposent le fluide naturel qui les environne , chassent le fluide de même nom et retiennent autour d'eux une petite atmosphère de fluide de nom contraire (f. 356), en sorte qu'ils se trouvent à l'état naturel. Si maintenant il arrive du fluide électrique à l'extrémité d'une série de pareils atomes , il décomposera le fluide naturel du premier d'entre eux et se combinera avec son fluide contraire , en sorte que cet atome ne contiendra plus que le fluide de même nom , qui agira alors d'une manière semblable sur le deuxième atome; ce mouvement vibratoire continue de se propager ainsi; il y aura donc, par suite de ces combinaisons successives, production d'une petite étincelle entre chaque deux atomes consécutifs ; c'est cette série de points lumineux, dont nous avons l'image dans les tableaux magiques, qui produit la lumière électrique. L'étincelle électrique est d'autant plus vive que l'aii* est plus dense ; dans le vide artificiel elle est d'un violet tendre; on ne peut prévoir ce qui arri. verail dans un vide parfait. La lumière électrique est d'autant plus forte que l'intensité du fluide est plus considérable.

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