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CHAPITRE

ELECTRICITE ATMOSPHERIQUE.

506. Francklin ayant, en 1752, dirigé vers des nuages orageux un cerf-volant armé d'une pointe métallique , vit des étincelles jaillir de celte pointe, et put s'assurer qu'il y avait passage de fluide électrique à travers la corde avec laquelle il tenait le cerfvolant, puisqu'elle donnait des étincelles; cette expérience, et plusieurs autres encore, et la similitude des effets produits par la foudre et par nos machines électriques , mettent hors de doute l'identité parfaile qui existe entre l'électricité atmosphérique et l'électricité que nous pouvons produire nous-mêmes. En effet, les nuages orageux agissent sur les électromètres , et c'est au moyen de ces instruments qu'on découvre si ces nuages sont électrisés positivement ou négativement. Comme les nuages sont un assemblage de petits globules vésiculaires , qui ne forment pas une masse compacte, le fluide électrique n'existe pas à leur surface extérieure seulement , mais pénètre même dans leur intérieur en se répandant sur les surfaces des globules vésiculaires.

507. Pour observer l'état électrique de l'atmosphère, on arecours à l'appareil suivant : un électromètre , placé au moins à deux mètres du sol et garanti contre la pluie par une couverture en cuivre, est mis eu communication avec une tige métallique,

mioce, longue, poinlue et isolée. Près de la partie inférieure de celle lige est placée une boule métallique , communiquant avec le sol (f. 559) et destinée à décharger le trop grand excès de fluide: un petit pendule interposé annonce par son carillon que cet effet se produit. On a pu s'assurer par des moyens de ce genre que Talmosphère est électrisée, même quand le ciel est serein. Cette électricité est toujours positive, ne commence qu'à un mèirtf du sol et croît en intensité avec les hauteurs. Elle est plus forte en hiver qu'en été, et présente chaque jour deux maxima vers 8 heures du malin et du soir, et deux minima à 4 heures du matin et de 5 à 10 heures du soir.

Pour trouver la source de l'électricité atmosphérique, il nous suffit de connaître les expériences suivantes. En plaçant sur le collecteur d'un condensateur de la terre humide, on remarque que celle-ci s'électrise négativement , à mesure qu'elle se dessèche. En faisant bouillir de Feau tenant en dissolution des matières salines, et en plongeant dans la vapeur formée, un fil conducteur, correspondant au collecteur du condensateur , on observe que cette vapeur est électrisée positivement. Donc , par le fait seul de l'évaporalion , la surface de la terre doit s'électriser négativement et l'atmosphère, positivement. La transpiration continuelle des plantes joue aussi un grand rôle dans ccttB production d'électricité. Il est aisé, d'après ce qui précède, de se rendre compte de la formation des nuages éleclrisés positivement. Quant aux nuages négatifs, ils se produisent ou par influence des premiers, ou par un long contact avec les sommets des montagnes , auxquels ils s'attachent si volontiers, à cause de la différence de leur élal électrique , ou parce qu'ils ont séjourné à la surface des terres comme brouillards.

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