‹ Cours de physiqueChapitre 115 sur 158 · ÉCLAIR · texte numérisé non relu

ÉCLAIR

S08. Les nuages orageux se distinguent aisément des nuages non éleclrisés, en ce qu'ils obéissent à des mouvements autres que ceux que devrait leur imprimer le vent seul j qu'ils s'agitent en tous sens et s'amoncellent, jusqu'à ce qu'enfin ils aient pris les diverses positions où ils sont atlirés par leurs divers états électriques. Les nuages éleclrisés différemment étant alors en présence les uns des autres et étant suffisamment rapprochés, leurs fluides se combinent à travers l'air et forment l'éclair (f. 540).

Les éclairs soiil lumineux sur une grande éleudue , parce que le fluide électrique rencontre partout sur son passage des points bons conducteurs , et qu'il se produit ainsi un eflet semblable à celui obtenu dans les tableaux magiques. Les éclairs sont d'autant plus éclatants qu'ils se produisent dans des régions moins élevées de l'atmosphère; en effet, la densité de Tatmosphère diminuant à mesure qu'on s'éloigne de la surface de la terre , la résistance que l'air oppose au fluide électrique est plus grande dans la partie basse que dans celles élevées , et par conséquent l'étincelle est plus faible dans celles-ci que dans la première. Les éclairs forment souvent une ligne brisée, très-éclatan!e. Plus souvent encore ils illuminent une large surface d'une teinte rouge ; quelquefois ils afl'eclent la forme sphérique , et sont alors doués d'une moindre vitesse. TONNERRE.

509. Le tonnerre est dû à la même cause que le pétillement de l'étincelle de nos machines. Le mouvement des fluides produit une étincelle d'autant plus forte qu'ils sont en plus grande quantité ; cette étincelle dilate l'air par lequel elle passe, en repousse les molécules sur les -parties voisines, et occasionne ainsi un choc entre ces atomes d'air : ceux-ci viennent alors se choquer de nouveau, en se précipitant avec force dans l'espèce de vide formé par la dilatation produite par le passage de l'étincelle. Ces deux ditïcs, qui se succèdent rapidement, produisent une détonnation d'autant plus forte que l'effet a été plus violent, c'est-à-dire, que la quantité de fluide a été plus considérable.

Le brrit du tonnerre est prolongé, et non pas instantané ; cela est dû à ce que l'étendue de l'éclair peut «îlre très-considérable , et qu'alors il faut un temps assez long pour que le son puisse parvenir jusqu'à nous, puisqu'il ne parcourt que 340'" en une seconde ; tandis que la lumière, jouissant d'une rapidité extrême, l'éclair nous parait lumineux presque en même temps dans toute sa longueur.

Le prolongement du tonnerre est du encore à ce que , malgré que nous puissions ne voir qu'un seul éclair, il est probable qu'il s'en produit , au même instant , plusieurs autres dans les régions plus élevées de l'atmosphère : une partie de ces éclairs nous est cachée par les nuages intermédiaires; les bruits qu'ils occasionnent nous parviennent successivement, selon qu'ils sont de plus en plus éloignés.

C'est à cette dernière cause qa'est dû le roulement du tonnerre -, car ces éclairs, qui partent simultanément à des distances différentes, et qui ont des intensités diverses, produisent des sons différents. Ce roulement qu'on remarque dans le tonnerre, provient aussi de ce que tous les points des nuages par lesquels se fait le passage du fluide, n'ont pas la même intensité électrique, et que par conséquent leurs décharges et le bruit qu'elles produisent, ne sont pas également considérables. Il peut arriver que les forêts, les vallées, les montagnes et même les nuages forment des écLos pour le répéter.

C'est la différence des vitesses de la lumière et du son qui cause l'intervalle de temps qu'on remarque entre l'éclair et le tonnerre, intervalle d'autant pins grand que l'éloignement de l'observateur est plus considérable , et d'après la durée duquel on peut évaluer cette distance.

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