CANAUX ET RIVIÈRES
136. Les parois inférieures et latérales des canaux supportent des pressions dépendantes de la profondeur de l'eau et de la vitesse du courant. Lorsque le fond d'un canal est horizontal , le liquide devrait s'y mouvoir dans toute la longueur avec la même vitesse; mais les frottements sur les parois retardant le mouvement , forcent le niveau à s'élever d'abord un peu à quelque distance du réservoir. Le fond étant incliné , la vitesse du courant augmente de plus en plus; il faut donc, pour qu'il passe constamment la même quantité d'eau , que la profondeur diminue.
C'est également pour qu'il passe toujours la même masse liquide» que dans un canal qui s'élargit et se resserre alternativement, en conservant la même profondeur , le courant est plus rapide dans les parties resserrées : on peut donner facilement un courant plus rapide à un canal, en resserrant ses bords. En encaissant les rivières, on les rend aussi plus profondes, et par suite plus navigables.
Les frottements qu'éprouve la masse liquide sur les parois inférieures et latérales , et la résistance que l'air oppose sur la surface, retardent le mouvement des parties extérieures de cette masse : c'est donc dans l'intérieur de la colonne liquide que le courant doit être et est en effet le plus rapide. C'est à cette cause qu'est dû le peu d'écoulement qui a lieu sur les bords. Pour s'assurer que la surface s'écoule plus lentement que l'intérieur de la masse
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liquide, on place dans celle-ci deux boules de Tolumes égaux , attachées l'une à l'autre, doul l'une nage à fleur d'eau, tandis que l'autre est plongée un peu plus bas (f. 144); cette dernière marche plus rapidement que celle qui se trouve à la surface.
Les canaux et les rivières exerçant des pressions plus ou moins considérables sur leurs parois, doit-enl creuser celles-ci aux points où elles offrent le moins de résistance; aussi le lit d'une rivière n'esl-il jamais plan , mais formé d'une suite de concavités plus ou moins profondes. Comme dans chaque section d'une rivière il doit passer en même temps le même volume d'eau , chaque fois que le lit sera resserré , il deviendra plus profond et le courant conservera la même vitesse; ou si le fond est trop dur pour se laisser creuser par le courant, la vitesse augmentera. La profondeur d'une rivière doit donc augmenter quand sa largeur diminue , et réciproquement, la vitesse étant supposée rester la même. Chaque fois que la vitesse du courant d'une rivière est diminuée par une cause quelconque, le fond s'élèvera; en effet les parties solides amenées par le courant d'abord plus rapide, ne peuvent plus être entraînées par le courant ralenti , et s'amassent au point où le ralentissement de mouvement à lieu. C'est à un pareil effet qu'est dû l'amoncellement des sables (la barre) à l'embouchure des fleuves. Ou peuldiminuer ou détruire cet effet, en resserrant le lit par des digues pour donner plus de vitesse au courant.