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COMPRESSIBILITÉ

18. C'est la propriété qu'ont les corps de pouvoir être ré duits à un moindre volume apparent ; leurs molécules se rapprochent par effet de la pression supportée, mais ne changent ni de forme ni de volume.

Les corps sont généralement compressibles ; cette propriété est bien prouvée dans les corps organiques qui se laissent resserrer avec la plus grande facilité.

Les corps compacts , tels que les métaux , sont pourtant compressibles ; en effet , les métaux sont frappés en monnaie en exposant un disque de métal à l'action d'un balancier, et dans celte opération, non seulement ils prennent des empreintes particulières , mais encore ils diminuent de volume ; cependant , on n'a pu encore prouver la compressibililé du plomb , du verre.

Les pierres qui se trouvent à la base des édifices considérables diminuent sensiblement de volume.

Pour s'assurer de la compressibililé des corps ductiles , tels que le suif, la cire, etc., il faut les placer au fond d'un vase et les comprimer avec un piston , de manière qu'ils ne puissent ni s'étendre ni déborder le piston.

La plupart des corps très-poreux , comme l'éponge , le liége , sont éminemment compressibles; cependant, il eu est, tels que la pierre ponce, qui, ayant peu de ténacité, ne peuvent supporter la moindre pression sans se briser.

Les gaz sont éminemment compressibles. Pour le prouver , soit un tube de verre (f 8) fermé par l'une de ses extrémités ; qu'on le remplisse d'un gaz , d'air par exemple , puis qu'on introduise dans l'ouverture du tube un piston qui la bouche bleu hermétiquement ; le gaz , qui occupe actuellement toute la

capacilé du tube , est évidemment très-compressible , puisqu'ott pourra abaisser le piston jusques près du fond du tube, c'està-dire, réduire le gaz à un volume bien plus petit.

19. Les liquides sont au contraire fort peu compressibles. Pour déterminer la compressibilité des liquides , on a eu recours à divers appareils appelés piézometres. Celui d'OErsted (f. 9) consiste en un petit vase a surmonté d'un tube très-étroit portant des divisions , et recourbé à sa partie supérieure. On remplit ce petit appareil d'eau , jusqu'en n, par exemple, et la partie supérieure b contient de l'air. Ce piézomètre étant alors placé dans un cylindre en yerre pq, à parois fort épaisses, et rempli d'eau , on comprime celle-ci au moyen d'un piston placé dans un corps de pompe m adapté à une monture métallique que porte la partie supérieure, piston que l'on peut faire baisser au moyen d'une vis, par exemple. La pression ainsi exercée sur l'eau du cylindre, se communique à l'air, et par suite à l'eau du piézomètre, et l'on voit cette eau s'abaisser au-dessous du niveau primitif, n. Or dans ce cas, le vase a, pressé également au-dedans et au-dehors n'a pas dû changer de capacité.

Par des expériences de ce genre, MM. Colladon et Sturm ont déterminé que la diminution moyenne de l'eau, pour chaque pression d'une atmosphère, est de 0,000045. Le mercure est 10 fois moins compressible que l'eau, et l'éther trois fois plus. Ces deux corps sont, l'un le plus compressible^et l'autre le moins compressible parmi les liquides.

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