‹ Cours de physiqueChapitre 92 sur 158 · AIMANTATION · texte numérisé non relu

AIMANTATION

435. Il existe plusieurs procédés pour aimanter les barreaux (a) d'acier. Le plus simple consiste à passer la barre qu'on veut aimanter, sur le pôle d'un aimant ^ maison ne parvient point à développer une grande puissance magnétique dans l'acier qu'on aimante ainsi.

Procédé de Duhamel ou de la touche séparée. Pour opérer d'après ce procédé , on place le barreau d'acier qu'on veut aimanter de manière à ce que ses extrémités soient posées sur les pôles contraires de deux aimants m et n (f. 505). On pose alors sur le milieu du barreau les pôles opposés de deux autres aimants r et s , inclinés sous un angle de 30° , et on les fait glisser du milieu vers les extrémités de ce barreau ; il faut avoir soin que celui-ci soit touché d'un côté par les mêmes pôles des deux aimants m et r , et de l'autre côté par les pôles semblables des deux aimants n el s^ ce qui fait que son fluide naturel est décomposé et que les deux fluides a et 6 se portent séparément aux deux extrémités opposées. En répétant un nombre de fois suffisant, la friction du centre aux extrémités du barreau , celui-ci finit par. prendre toute la puissance magnétique dont il est susceptible : ce qu'on appelle être saturé. On s'assure qu'un aimant est saturé en observant par l'un des moyens exposés précédemment, quelle est son intensité magnétique , et en l'observant de nouveau , après avoir frotté cet aimant avec des aimants plus puissants que ceux

(a) Par barreau nous entendons parler également des fils , des barres , des aiguilles , des lames , etc.

employés d'abord : si son intensité n'a pas augmenté par là , c'est qu'évidemment il est saturé. Le point de saturation est d'autant plus e'ievé que l'acier a une trempe plus dure. Ce procédé est le plus avantageux pour aimanter de la manière la plus complète et la plus régulière les aiguilles des boussoles et les lames dont l'épaisseur ne dépasse pas 4 ou 5 millimètres. Quand les lames ont une épaisseur plus considérable, il faut, pour les aimanter à saturation , recourir au procédé d'^Epinus qui ne diffère du premier que par la disposition et le mouvement des barreaux glissants.

436. Procédé d\£pinus ou de la double touche. On dispose le barreau qu'on veut aimanter, comme dans le procédé de Duhamel, entre deux barreaux, ou plutôt entre deux faisceaux aimantés (f. 503 bis) , avec la seule différence que les deux aimants r et 5 ne sont inclinés que sous un angle de 13°; pour produire l'aimantation, on fait glisser les deux aimants r et 5 réunis (a) du milieu du barreau à l'une des extrémités , puis de celle-ci à l'extrémité opposée, et de là on les ramène au milieu, où on les enlève.

Ce dernier procédé ne doit être employé que pour l'aimantation de barreaux épais ; en effet , il développe plus de fluide magnétique que le procédé de Duhamel, mais aussi le produit-il d'une manière irrégulière, et les pôles ne sont-ils jamais d'une force égale, comme ils le sont quand on opère d'après celui-ci. Le procédé d'^pinus a en outre l'inconvénient de produire souvent des points conséquents. On appelle ainsi des pôles intermédiaires qui se développent entre les pôles extrêmes, comme en a' par exemple (f. 306); on fait disparaître ces points conséquents, en opérant d'après le procédé de Duhamel.

437. Par la percussion , etc. La plupart des substances magnétiques sont aimantées naturellement par effet de l'action magnétique du globe terrestre ; c'est ainsi qu'une barre de fer doux, étant suspendue verticalement, prend les propriétés magnétiques; celte barre change d'ailleurs de pôles à mesure qu'on la retourne, c'est-à-dire, que le même pôle se trouve toujours dans son extré-

(rt) On place entre les deux pôles r et *, qui touchent le barreau à aimanter, un petit corps en bois qui tient ces pôles constamment à une faible distance l'un de Tautre

( 507 ) mité la plus voisine de la terre. Ce phénomène de développement des fluides magnétiques dans une barre de fer placée à la surface de la terre, est dû à ce que cette substance étant privée de force coërcitive, son fluide naturel est décomposé par raction du magnétisme terrestre. Si l'on frappe avec un marteau l'extrémité d'une pareille barre , les pôles ne changeront plus de place , de quelque manière qu'on retourne la barre j qui est alors réellement aimantée : on a donc , par la percussion , fixé les fluides magnétiques. Certaines actions chimiques produisent le même effet. C'est à des causes semblables qu'est due l'aimantation des masses de fer naturel, celle des outils. La source la plus importante de la prodiïttion du fluide magnétique se trouve dans l'emploi des courants électriques, dont nous verrons plus loin les effets nombreux et variés.

438. Force des aimants. La force des aimants est d'autant plus grande qu'ils sont plus près d'être saturés , et s'ils le sont , que leur degré de saturation est plus élevé. Nous avons déjà dit que le degré de saturation de l'acier est d'autant plus élevé que la trempe en est plus dure. On peut juger de la force d'un aimant par le poids que peut supporter un morceau de fer qu'on met en contact avec lui (f. 307). Ce qu'il y a de remarquable, c'est qu'on peut augmenter petit à petit ce poids d'une quantité considérable ; mais si les poids viennent à tomber par quelque choc, non-seulement l'aimant ne peut plus les soutenir, mais il ne peut même plus soutenir le poids primitif; on parvient cependant à lui rendre sa force première, en le chargeant d'un poids faible qu'on augmente peu à peu. C'est un phénomène dont on ne donne aucune explication satisfaisante. Pour avoir des aimants puissants, on réunit en faisceau plusieurs lames d'acier fortement aimantées.

439. Armatures. Lorsque les aimants restent nus, leurs fluides tendant à se combiner, ils perdent peu à peu de leur force. Pour empêcher cet effet , il faut retenir les fluides dans les pôles , soit en plongeant les aimants dans la limaille de fer, soit au moyeu d'armatures. On appelle ainsi de petits barreaux aimantés qu'on dispose autour de l'aimant m (f. 308) , de manière que leurs pôles touchent, et par suite retiennent les pôles contraires de celui-ci ; les armatures peuvent aussi consister simplement

en des barreaux de fer doux , qui , par la décomposition de lenr fluide naturel , produisent les mêmes eflfets que les barreaux dWier aimantés.

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