CHAPITRE IV
De* devoirs des écrivains dans les réactions contre les idées.
C'est aux homiues qai dirigent l'opinion par les lumières , à s'opposer aux réactions contre les idées ; elles sont le domaine de la pensée seule, et la loi ne doit jamais l'envahir.
Il est beau, le traité entre la puissance et la raison ; ce traité par lequel les hommes éclairés disent aux dépositaires d'un pouvoir légitime : vous nous garantirez de toute action illégale , et nous vous préserverons de tout préjugé funeste f vous nous entourerez de la protection de la loi , et nous environnerons vos institutions de la force de l'opinion.
Mais dans l'accomplissement de ce traité , les deux partis doivent être également scrupuleux et fidèles. Il faut que le gouvernement ne voie pas , dans toute réclamation hardie, un sujet de défiance. Il faut aussi que ceux qui prétendent l'éclairer, ne consacrent pas en silence à des préjugé, divinités secrètes et mystérieuses, l'encens qu'ils paraissent brûler en l'honneur de la divinité nationale; ils ravaleraient la dignité de leur ministère ; ils dépopulariseraient la raison , par l'usage qu'ils feraient du raisonnement; ils perdraient tous leurs droits à être écoutés des gouvernants, et rendraient suspecte la langue sacrée qui devrait servir aux gouvernés contre l'oppression.