Science de Véducation, Irad. française, p
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LA DISCIPLINE ET L'ESPRIT DE DISCIPLINE
des peines artificiellem^ent et inutilement infligées; ce sont simplement des empêchements bienfaisants mis aux actions qui contrarient essentiellement les intérêts de notre corps, empêchements sans lesquels la vie serait bientôt anéantie par les outrages qui lui seraient faits. C'est le trait particulier de ces châtiments (si nous pouvons les appeler ainsi), d'être simplement les conséquences inévitables des actes qui les amènent : ce ne sont que les inévitables réactions des actions de l'enfant K
Il peut être fait par les parents eux-mêmes d'ingénieuses imitations de cette méthode naturelle. Un enfant perd son canif : au lieu de le souffleter, sauf à lui en racheter un aussitôt, laissez-le éprouver la privation qui est la conséquence légitime de sa négligence. Une petite fille n'est jamais prête pour se promener avec ses parents; au lieu de la gronder, sauf à l'attendre, partez sans elle aujourd'hui. Elle sera prête à l'heure dite demain.
On ne saurait refuser à ces conseils un grand sens pratique. Il est des leçons qu'il est bon de laisser recevoir aux enfants, sans qu'on ait à s'en mêler. Et, quand on s'en mêle, il est habile de faire que la peine semble sortir de la faute elle-même, et lui soit tout au moins appropriée. Mais, dans bon nombre de cas, cette méthode, qui semble toute d'indulgence pour l'enfant, serait en fait la barbarie même. Quelle est la mère qui laissera son enfant toucher une barre de fer rouge ou répandre sur lui de l'eau bouillante? L'éducation a justement pour but de prévenir certaines réactions naturelles et de faire bénéficier l'enfant de l'expérience de ses parents.
Dans d'autres cas au contraire la nature n'applique aucune sanction, et on ne voit même pas quelle est celle que les parents pourraient, en intervenant, déduire logiquement de la conduite de l'enfant, si ce n'est en définitive l'expression plus ou moins vive de leur mécontentement, sanction à laquelle II. Spencer est forcé tout le premier de revenir. Gela est vrai des fautes les plus véritablement fautes, du vol, du mensonge.
Disons enfin que soumettre à la seule nécessité extérieure le caractère de l'enfant, sans jamais s'adresser à sa conscience, ni soupçonner même qu'il en ait une, est une éducation d'un degré inférieur. « Il s'agit non de bien faire, mais d'être adroit,