‹ Cours de psychologie et de morale [microform]Chapitre 108 sur 115 · Bain, ibid.^ p · texte numérisé non relu

Bain, ibid.^ p

LA DISCIPLINE ET L'ESPRIT DE DISCIPLINE 401

Nous avons dit qu'il y avait des exceptions ; car, ainsi que nous en avons déjà fait la remarque *, la colère du maître est parfois, dans sa spontanéité, la réaction naturelle de la faute de l'élève, et mêle à leurs relations quelque chose d'humain, disons mieux : de paternel. Mais il faut se mettre en colère ou punir, et ne pas faire les deux choses à la fois, et surtout ne jamais donnera penser qu'on puuit parce qu'on est en colère. « L'enfant qu'on châtie et qu'on sermonne à la fois est nécessairement dans fétat d'esprit de ce soldat indien à qui son capitaine anglais tenait un discours biblique tout en le faisant fouetter, et qui, exaspéré, s'écriait : « Capitaine, si vous prêchez, prêchez, si vous fouettez, fouettez, mais prêcher et fouetter à la fois, c'est trop ^. »

Enfin, sans créer, comme quelques utopistes l'ont proposé, des jurys d'élèves, et faire juger le coupable par ses pairs, le maître doit avoir pour lui l'opinion de la classe. C'est une difficulté propre à l'éducation publique qu'on y ait à tenir compte de l'opinion du nombre. Mais c'est aussi un surcroit de force donné à la moindre peine que ce consentement de tous, et tous aussi par là trouvent leur profit moral dans le châtiment d'un seul. Si le maître avait contre lui toute la classe, il ne serait plus le maître, et ce serait l'état de guerre.

Des récompenses. — La discipline ne comprend pas seulement les peines, mais les récompenses ^. Kant, qui fait aux peines une place dans Téducation, bannit les récompenses qui ne peuvent, selon lui, que corrompre l'enfant et contribuer à lui apprendre ce qu'il s'agit de lui désapprendre, la subordination de ses actions à des fins intéressées. — Il faut répondre à Kant que l'enfant n'est qu'un enfant, incapable de cette bonne volonté absolue, au-dessous de laquelle il y a place heureusement pour de louables efforts et de vrais progrès. C'est ici plus que jamais le cas de mesurer à l'âge les exigences et de nuancer les moyens. On n'est pas stoïcien à dix ans. Il n'est pas mauvais toutefois d'avoir pour l'avenir moral des élèves la plus

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