Voir Vessiot, L'éducation à Vécole, p
2. Locke, Quelques pensées,...., section 4. , 3. L'Enfant, ch. m.
LA DISCIPLINE ET L'ESPRIT DE DISCIPLINE
avec un camarade sa petite provision de bouche, s'il a fait largesse de papier, de plumes, de quelques menues fournitures,on peut le mettre à même de recommencer; s'il a un camarade, un petit frère,, une petite sœur malades, on peut s'enquérir de ce qui leur serait nécessaire ou agréable, et lui donner le plaisir de leur porter ce don- Ce plaisir, l'enfant le devra à sa propre bonté autant qu'à la générosité du maître; il prendra goût au bien. De même que, dans l'ordre intellectuel, il convient de donner aux enfants des prix appropriésà leurs facultés, au dessinateur des crayons, une boîte de couleurs,, des modèles, au géomètre une boîte de compas, au musicien un instrument ou des livres de musique, de même dans Tordre moral* on doit, autant que possible, chercher quelque rapport entre la récompense et les mérites à récompenser *.
Les marques de confiance, d'affection seront des récompensesd'un ordre plus élevé encore. Et le caractère moral de la récompense s'affirme au fur et à mesure qu'elle consiste en une réalité moins tangible. C'est ainsi qu'un mot, un geste» un regard du. maître pourront pleinement récompenser un enfant, en l'avertissant qu'il a bien agi, et en rendant plus net en lui le sentiment souvent indécis de sa bonne action. D'autres fois un mouvement d'opinion, habilement provoqué dans toute une classe,, donnera à celui qu'on veut récompenser un avant-goût de Tune des joies les plus hautes qu'il soit donné à Thomme d'éprouver, celle qui naît de l'estime dont on se sent enveloppé. Mais comme il faut apporter de tact ici pour n'en pas faire accroire à l'enfant par une récompense disproportionnée,et ne pas changer en une vanité déplaisante la joie naïve d'une bonne petite conscience I Il y a même certaines qualités auxquelles la pubhcité fait plus de tort que de bien. Mais pour celles-là il ny a pas à parler de récompense. Nous n'avons à nous occuper ici que de cette vertu qui a encore besoin d'encouragement.
Un des plus efficaces parmi ces encouragements est celui qui nait des heureuses conséquences de notre conduite pour les autres personnes. Avant de faire le bien pour lui-même, il faut le faire pour autrui, plutôt que par quelques-uns de ces intérêts ou de ces ambitions personnelles que la vie scolaire peut mettre en jeu. 11 faut donc que les maîtres se montrent réellement émus par la conduite des enfants, et que les parents aussi ne